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Casar: "Ça fait mal"

Casar: "Ça fait mal"
Par Eurosport

Le 17/05/2012 à 21:33Mis à jour Le 17/05/2012 à 22:08

Passé tout près d'un double bonheur lors de la 12e étape, Sandy Casar doit se contenter d'une énorme frustration. Le Français a raté à la fois une première victoire sur le Giro et le maillot rose. Il a du mal à digérer.

Sandy Casar y a cru. Il a eu toute une après-midi pour rêver. De la victoire d'étape, qui aurait constitué une première pour lui sur le Tour d'Italie. Et même du maillot rose, si longtemps accroché à ses épaules. Même de façon virtuelle, il y avait de quoi s'y voir. A l'arrivée de ce 12 acte, Casar a terminé deuxième de l'étape. Et il pointe à la troisième place du général. Deux accessits qui lui font une belle jambe ce jeudi soir à Sestri Levante. "Ça s'est mal terminé. C'est une occasion qui ne se représentera peut-être jamais", soupire le vétéran de la FDJ.

Pourtant, il avait tout prévu. Cette étape de moyenne montagne, Casar savait qu'elle était taillée pour lui. 48 heures avant la haute montagne, les ténors ne se risqueraient pas à sortir le grand jeu. Et avec ses quatre ascensions modérées dans les 100 derniers kilomètres, elle représentait le terrain de jeu idéal pour les baroudeurs. "Cette étape, avoue-t-il, j'y pensais depuis le départ, je l'avais cochée depuis longtemps. C'était le jour où je pouvais faire quelque chose". Ce quelque chose, c'était se glisser dans la bonne échappée. Casar l'a fait et plutôt bien puisqu'il était de tous les fuyards le mieux placé au classement général, à 4'01" de Joaquim Rodriguez.

Pris au piège

L'écart est monté à 7'38" à 38 kilomètres de l'arrivée. A cet instant, ça commençait à sentir très bon pour le Francilien. D'autant que Rodriguez semblait disposer à lâcher l'affaire et le maillot rose. "Nous avons travaillé longtemps pour contrôler l'écart sur l'échappée mais, comme personne ne nous donnait un coup de main, nous avons laissé faire, explique Purito. J'en ai parlé avec Valerio Piva (directeur sportif de Katusha). Perdre le maillot ne fait plaisir à personne mais on ne pouvait pas user l'équipe dans une étape de ce genre." Malheureusement pour Casar, les Liquigas ont décidé d'accélérer et le peloton a fini à moins de quatre minutes de l'échappée. Trop peu pour Casar... "Nous avons perdu notre avance quand la Liguigas a embrayé en tête du peloton, regrette-t-il. C'est dommage mais je comprends, le final était dangereux et c'est leur job de protéger leur leader".

En réalité, d'un point de vue tactique, le Français s'est retrouvé pris au piège de sa double ambition. Il devait rouler pour maintenir l'écart avec le peloton, tout en ne se condamnant pas pour le gain de l'étape. Facteur aggravant, figurait également dans le groupe de tête Ivan Santaromita, lui aussi en lice pour le maillot rose puisqu'il ne comptait que 15 secondes de retard au général sur Casar. Avec les 20 secondes de bonification à l'arrivée, le coup était jouable pour l'Italien. "Je ne pouvais pas rouler à bloc car Santaromita m'aurait flingué", constate Casar. Dans le final, s'il a neutralisé un premier démarrage, celui de Bakelants, il a laissé partir ensuite Lars Bak, à 1800 mètres de la ligne, sans qu'aucun de ses compagnons ne réagisse.

Plus encore que le maillot rose, c'est le fait d'être passé à côté de la victoire qui chagrine le plus Sandy Casar. "Je jouais la victoire d'étape, alors je suis vraiment très déçu. Ça fait mal", avoue-t-il. Il sait que les plats repassent rarement deux fois. Alors, certes, le voilà relancé au général, dont il occupe donc la troisième place à seulement 26 secondes de Joaquim Rodriguez, au beau milieu des favoris. Mais, même s'il a terminé 6e du Giro en 2006, son ambition ne réside pas là. Pourra-t-il jouer dans la cour des grands d'ici Milan, avec les terribles étapes de montagne qui attend le peloton? Pas sûr. Après un début de saison perturbé par des pépins de santé, il manque de repères. "Je me sens de mieux en mieux mais j'aurai sans doute du mal en montagne", redoute-t-il. La journée a failli être somptueuse. Le bonheur, parfois, ne tient pas à grand chose.

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