"Cavendish, un phénomène"

Eurosport sur Google

Vainqueur de la 18e étape, Andrea Guardini n'a pas tenu à polémiquer après le manque de fair-play de son dauphin, Mark Cavendish. Plus mature que le champion du monde, l'Italien de 22 ans, qui rêve de gagner un jour Milan-Sanremo, est au-dessus de ça.

Eurosport

Crédit: Eurosport

"Tu n'as pas fait un sprint depuis le départ". Luca Scinto avait touché là où ça fait mal jeudi matin lors du briefing d'avant-course : la fierté. Piqué au vif par les mots de son directeur sportif, Andrea Guardini a pleinement réagi à l'arrivée de la 18e étape à Vedelago. Pour la première fois de sa carrière, le jeune sprinter de Farnese-Vini a dominé une étape d'un grand Tour. La plus rapide de l'histoire de l'épreuve, à près de 49,3 km/h (!) de moyenne. Pour ajouter de l'ampleur à son triomphe, il s'est offert le luxe de dominer le champion du monde, Mark Cavendish.
Largement battu, touché dans son orgueil, le Britannique n'a pas forcément bien réagi au passage de la ligne. Mais on peut avoir 22 ans (il en aura 23 le 12 juin) et faire preuve d'une sagesse rare. Guardini n'a pas voulu en rajouter devant la presse. Brocardé sans raison par l'enragé Mannois, qui a levé le poing et serré les dents pour montrer son mécontentement, l'Italien de Farnese-Vini ne lui en a pas tenu rigueur. "Cavendish ? J'ai beaucoup de respect pour lui. C'est un phénomène. Il a gagné Milan-Sanremo à sa première participation", a commenté le héros du jour, auteur d'un sprint parfait : "J'étais convaincu que je pouvais faire quelque chose dans cette étape. C'est comme si elle avait été dessinée pour moi, avec les 60 derniers kilomètres tout plats." A trois kilomètres de Vedelago, le jeune homme a décidé de suivre le train de la Saxo Bank, "le meilleur que je pouvais prendre car ils sont bien organisés". Conscient de "pouvoir battre Cavendish", Guardini savait que pour y parvenir, "(il) devait anticiper". Sa "giclette" a conclu le travail.
Son modèle ? McEwen
Fer de lance de la nouvelle vague du sprint mondial, avec Peter Sagan, John Degenkolb et Arnaud Démare, Guardini se distingue en étant le seul à avoir goûté à la piste à ses débuts. "Je continue à m'entraîner sur celle de Montachiari, j'y suis retourné avant le Giro, ça m'est très utile dans l'optique des sprints sur la route", avoue-t-il. Pro depuis un an et demi, principal animateur du Tour de Langkawi depuis 2011 (onze succès en deux éditions), Guardini a connu un début de Tour d'Italie compliqué. "La première semaine du Giro, je ne croyais pas en moi, je n'ai pas pu faire un sprint correct". Ensuite, c'est la fatigue qui s'est abattue sur les épaules de ce petit gabarit (1,70m pour 68 kg).
"Mais aujourd'hui, j'étais motivé. Il n'y a plus vingt sprinters comme dans la première semaine de course, c'est moins dangereux. Et je savais aussi que c'était ma dernière chance, qu'il me faudrait attendre sinon l'année prochaine ", rigole le Transalpin. En 2013, celui qui avait pour modèle Robbie McEwen quand il était plus jeune espère dompter la Primavera, la "course de (ses) rêves" : "Je me dis qu'il y a quatre ans, Cavendish avait du mal dans les côtes. Ça ajoute à ma confiance pour travailler sereinement, pour pouvoir passer les bosses, et un jour peut-être, gagner Milan-Sanremo."
LE GIRO EST A SUIVRE EN DIRECT SUR EUROSPORT ET EUROSPORT PLAYER
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité