"Hesjedal est le favori"

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La première étape de haute montagne du Giro a permis un premier écrémage. Les survivants mettent la pancarte sur le dos de Ryder Hesjedal.

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La sixième arrivée de l'histoire du Tour d Italie à Cortina d'Ampezzo a permis d'y voir un petit peu plus clair dans la quête au maillot rose : exit les épouvantails Kreuziger, Tiralongo, Intxausti et Henao, tous à la peine sur les premières pentes des douloureuses Dolomites. Place à un quatuor pour la victoire finale, mais un quatuor inattendu où seul un habitué aux courses de trois semaines se détache : Ivan Basso, double vainqueur du Giro en 2006 et 2010 et certainement le coureur le plus complet parmi les prétendants au titre. Problème, l'ancien de la Fassa-Bortolo n'est pas aussi compétitif en chrono qu'un Ryder Hesjedal, qui excelle dans cet exercice avec sa formation Garmin.
Basso donc, sans être un coureur explosif, a tout de même fait plutôt bonne impression lors la 17e étape où l'allure imprimée par sa puissante équipe a fait quelques dégâts, dont Roman Kreuziger fut la principale victime dans l'ascension du Forcella Stautanza. "Le classement a bougé un peu, mais pas comme je l'espérais. C'était une étape très difficile, une journée de grand cyclisme", a clamé le leader de la Liquigas à l'arrivée. "La confirmation de cette étape, c'est Hesjedal. Il est en grande forme. Il faut le distancer sinon c'est lui qui tirera profit du chrono dimanche. Rodriguez ? Il m'a parlé après l'arrivée, il m'a dit que j'y étais allé fort".
Une bataille à quatre, première depuis 2005
L'Espagnol a peut être mis le doigt sur le point faible de la tactique de Basso : ce dernier a perdu deux coéquipiers (Caruso et Szmyd) en à peine 500 mètres, lors des premiers hectomètres du Passo Giau. Caruso avait effectué sa part de travail mais la défaillance du Polonais, qui a souffert de crampes, n'était pas du tout prévue. Si Basso veut réellement reprendre du temps avant le contre-la-montre de dimanche, il devra certainement opérer de moins loin que lors de l'étape de mercredi où ses troupes ont véritablement embrayé à plus de 40 kilomètres de l'arrivée. "Nous referons la même chose vendredi et samedi, on verra les résultats", a prévenu le Transalpin.
De son côté, Joaquim Rodriguez, qui a raflé sa 2e victoire d'étape sur ce Giro à Cortina, a également visé Ryder Hesjedal après une arrivée émouvante où il a fondu en larmes (ndlr : il a dédié son succès d'étape à Xabi Tondo, décédé il y a une année). "C'était une étape très dure. Liquigas a assuré un travail énorme et s'ils opèrent de même vendredi et samedi, ce ne sera pas facile de résister. Aujourd'hui, comme beaucoup de coureurs, j'ai commencé à ressentir des crampes. Maintenant, je pense que Ryder Hesjedal est le grand favori. Il n'a pas perdu la moindre seconde aujourd'hui et, si les écarts restent les mêmes, Scarponi, Basso et moi n'avons aucune chance contre lui dans le contre-la-montre de Milan. Il faut donc passer à l'attaque et essayer de le distancer, sinon il va gagner", a analysé le leader de la formation Katusha.
"J'ai cherché à tenir mon rang"
Tous semblent donc désigner Ryder Hesjedal comme le grand favori de ce Tour d'Italie. Impossible de savoir si le jeu des déclarations est un moyen de se refiler la pierre chaude, toujours est-il que le Canadien n'a pas encore de référence sur un grand tour : en neuf participations, il a abandonné la Vuelta à deux reprises et le Giro en 2005. Sa seule performance notable sur une course de trois semaines reste une belle 7e place sur le Tour de France 2010, qu'il n'a pas confirmée en 2011 (17e). Le Nord-Américain est pourtant la seule satisfaction de la 17e étape, où son accélération à 7 kilomètres du sommet du Passo Giau à dégagé la hiérarchie que l'on connaît. Autre point positif : le leader de la Garmin est un descendeur confirmé et sa courte escapade dans la longue descente du Passau Giau a alerté ses concurrents, pas vraiment incisifs dans ce secteur. A l'arrivée, l'intéressé se contentait d'une phrase plutôt sèche mais réellement indicatrice de ses ambitions : "Je suis présent depuis le début du Giro. J'ai cherché à tenir mon rang. Les grands favoris ne sont pas plus forts que moi".
Si la hiérarchie aperçue mercredi se confirme bel et bien, le nom de Michele Scarponi devrait disparaître rapidement. Le tenant du titre, après le déclassement d'Alberto Contador, pâle de teint depuis le début du Giro; donne l'impression d'être plus un survivant qu'autre chose. "J'ai commencé à souffrir de crampes dans la partie finale du Giau, ce n'était pas facile dès lors de se lancer dans la descente pour revenir sur le groupe de tête. J'ai pu surmonter ce moment difficile et rentrer. Sans ça, j'aurais essayé quelque chose dans la descente. J'ai sauvé la situation. Je pense que je ne me suis pas assez hydraté". A les écouter, les favoris se jettent plus ou moins la pierre. Une pierre qu'il faudra bien saisir un moment ou à un autre. On peut toutefois se satisfaire que quatre bonhommes se disputent ce Giro. Un si petit écart entre, au moins trois candidats, au maillot rose n'était plus arrivé sur le Tour d'Italie depuis 2005, remporté par Savoldelli (devant Simoni à 28" et Rujano à 45") et l'incroyable retournement de situation du Stelvio. Une histoire qu'Ivan Basso n'a certainement jamais oubliée...
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