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Nacer Bouhanni (FDJ.fr) enlève la 4e étape du Giro, son premier succès sur un grand Tour

La victoire dont Bouhanni se rappellera toute sa vie

Le 13/05/2014 à 17:24Mis à jour Le 13/05/2014 à 18:34

A l’issue d’une course longtemps neutralisée en raison de la pluie, Nacer Bouhanni (FDJ.fr) a remporté au sprint la quatrième étape du Giro, sa première sur un Grand Tour. Michael Matthews (Orica GreenEdge) conserve son maillot de leader.

Vingt kilomètres. C’est ce qu’aura véritablement duré cette étape. La faute à la pluie et à un mouvement de protestation des coureurs qui ont refusé de faire la course avant les trois derniers tours de circuit. Malgré cela, comme les jours précédents, des chutes ont perturbé le final. Marcel Kittel (Giant-Shimano) n’étant pas parti mardi matin, Nacer Bouhanni (FDJ.fr) a dominé un sprint à dix coureurs et s’est offert sa première victoire sur un Grand Tour, la sixième de sa saison. Un véritable exploit, le Français ayant été retardé par un problème mécanique à quinze kilomètres de l’arrivée.

Au classement général, pas de modification, l’organisation ayant pris les temps à un tour de l’arrivée et les bonifications finales ayant été gelées. Leader une journée supplémentaire, Michael Matthews (Orica GreenEdge) devrait toutefois perdre son maillot rose sur la route de Viggiano où les choses sérieuses pourraient commencer pour les favoris.

Un défilé plus qu'une course

Ce mardi, les principaux protagonistes se sont avant tout occupés à ne pas perdre définitivement la course. Car la pluie a rendu très compliqués les huit tours de circuit effectués dans Bari. A tel point que très longtemps, les coureurs ont simplement "défilé" sur les 112 km de cette quatrième étape, n’autorisant aucune attaque. Un mouvement décidé dès le départ par l’ensemble du peloton qui ne voulait pas risquer de nouvelles chutes. Une précaution qui n’aura pas empêché plusieurs coureurs d’aller au sol dans les trois derniers kilomètres.

Cette ultime péripétie aura notamment fait mal à l’équipe Cannondale, grande perdante du dernier kilomètre. La chute aura privé Elia Viviani de ses quatre coéquipiers mais lui aura aussi fait perdre la roue des autres sprinteurs et notamment du train Giant-Shimano. Même sans Kittel, l’équipe hollandaise a assumé le poids du dernier kilomètre avec trois équipiers pour Mezgec, emmené dans un fauteuil avec seulement Nizzolo et Ferrari dans sa roue. Mais c’était sans compter sur Nacer Bouhanni.

La distance parfaite

Deuxième et cinquième des premières étapes de sprint, le Français a pourtant tout connu contre lui dans cette quatrième étape. Victime d’un problème mécanique à moins de quinze kilomètres de la ligne, le sprinteur tricolore s’est imposé une poursuite de plus de dix bornes. D’abord en solitaire, puis avec son équipe revenue l’assister dans sa remontée fantastique. Malgré tout, le peloton est resté hors de portée de Bouhanni jusqu’à cinq kilomètres de l’arrivée. La victoire du Français paraissait alors improbable.

Elle est même parue impossible au passage sous la flamme rouge, lorsque le Français, à peine revenu dans les premières positions, a été gêné dans un virage par la chute des Cannondale. Malgré tout, le sprinteur de la FDJ.fr a su faire une nouvelle fois l’effort pour venir se positionner idéalement, dans la roue de Luka Mezgec. Sauf qu’à 600m de la ligne, c’est le poisson-pilote du Slovène Thomas Veelers qui a lancé le sprint, Mezgec laissant son équipier partir et obligeant Bouhanni à un sprint très long. En fait, la distance s’est révélée idéale pour le Français. Reprenant Veeleers à 50m de la ligne, la sprinteur de la FDJ.fr a aussi su résister au retour fulgurant de Nizzolo, qui a échoué à la deuxième place. Cette victoire en poche, Nacer Bouhanni s’est emparé du maillot rouge de meilleur sprinteur. Un maillot qui pourrait désormais devenir l’objectif du Français, à condition de passer la montagne. Et ça commence dès ce mercredi avec la première arrivée au sommet, à Viggiano. Une arrivée idéale pour un Joaquim Rodriguez en quête de temps.

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