Finalement, Remco Evenepoel est bien un humain comme les autres. Après une absence de presque neuf mois après sa chute sur le Tour de Lombardie 2020, il semblait complètement impossible de le voir rivaliser avec Egan Bernal et les autres pour le classement général. L’illusion aura duré une grosse semaine, déjà plus que ce que l’on pouvait croire au départ, mais la réalité est retombée brutalement sur les épaules du Belge ce lundi. Distancé avant même le Passo Giau, le prodige a complètement perdu pied dans cette 16e étape. Une défaillance à laquelle il s’attendait. "Nous savions que cela pouvait arriver, assurait-il après l’étape. C’était un jour sans, tout simplement. Il n’y a aucune honte là-dedans. C'est vous (les médias) qui avez toujours rêvé que je gagne… Je me suis entraîné seulement deux mois avant le Giro, c’était impossible d’être prêt à 100% pour une course de trois semaines". C’est le contraire qui aurait surpris.

Evenepoel : "Déçu ? Non, je vise la progression pour le futur sur les grands tours"

J’en tirerais les leçons pour les prochaines fois
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Etincelant en première semaine, jusqu’au jour de repos qui était le tout premier de sa carrière, Evenepoel ne cesse de décliner depuis. "Je sens que j’ai de moins en moins de forces, avoue le Belge. Les efforts produits à chaque étape s’accumulent. Mais tout cela fait partie du processus d’apprentissage et j’en tirerai les leçons pour les prochaines fois". Reste qu’à une semaine du terme de ce Tour d’Italie, les chances de voir Remco Evenepoel rejoindre Milan ont sérieusement baissé. Et ce n’est pas son manager Patrick Lefevere qui dira le contraire. "On doit voir si son organisme n'a pas été trop sollicité, expliquait-il dans L’Equipe au soir du Zoncolan. S'il perd trop de temps, on le fera rentrer à la maison, je ne pense pas que ce serait un service à lui rendre de rester en course pour souffrir. Il a déjà suffisamment appris en deux semaines". A la vue des 24 minutes perdues par le Belge ce lundi, la tendance d’un abandon lors du jour de repos est à la hausse.

Evenepoel à l'arrivée au Zoncolan

Crédit: Getty Images

Mais Remco Evenepoel, lui, ne veut pas encore entendre parler d’un éventuel abandon. "Je veux terminer le Tour d'Italie, assurait-il à Cortina d’Ampezzo. Je n'ai jamais dit que je quitterais le Giro, que je n'étais pas sûr de le finir. Nous allons bien profiter de la journée de repos et ensuite faire au mieux la dernière semaine". La volonté du Belge d’aller au bout est admirable mais est-elle vraiment raisonnable ? Trop demander à un corps qui n’est pas prêt pour ça peut avoir des conséquences majeures dans le futur, à l’instar de Julian Alaphilippe, qui a mis près d’un an à se remettre complètement de son premier Grand Tour, après le Tour 2016. Reste que malgré la défaillance de son prodige, la Deceuninck-Quick Step a des raisons sportives valables de le vouloir conserver jusqu’au bout.

Attendre mercredi pour voir

Revenu dans la course à un bon classement général (10e) et candidat au top 5, Joao Almeida aurait bien besoin d’un soutien supplémentaire en dernière semaine, d’autant qu’Evenepoel lui rendrait ainsi les efforts que le Portugais a produit pour tenter d’aider le Belge en deuxième semaine. "Je serais ravi d’aider Joao", assure celui qui est désormais 19e du classement général. Mais, même sur un plan personnel, Evenepoel pourrait ressortir grandi de finir le Giro. Déjà parce que cela lui ferait une expérience de trois semaines de course, et non de deux. Mais aussi parce que, s’il digère mieux le deuxième jour de repos, il peut espérer accrocher une étape.

Remco Evenepoel (Deceuninck-Quick Step) dans la descente du Passo Giau, lors de la 16e étape du Giro 2021

Crédit: Getty Images

"Je suis à une demi-heure désormais, ça me laisse une belle marge pour tenter d’aller dans des échappées", explique le Belge, qui fait aussi partie des favoris pour le chrono final de Milan sur le papier. A condition d’avoir la forme nécessaire. "Je dois attendre de voir comment je me sentirai mercredi, tempère-t-il. Si je me sens fatigué dès le début de l’étape, ça n’aura aucun sens de continuer". D’autant que Patrick Lefevere ne prendra aucun risque avec sa pépite. La première fois, le jour de repos n’avait pas du tout souri à Remco Evenepoel. Le second pourrait bien mettre fin à son premier Grand Tour.
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