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Un fauteuil pour deux
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Publié 26/07/2003 à 09:30 GMT+2
Le duel entre Lance Armstrong et Jan Ullrich passionne le monde du cyclisme. Avant le choc au sommet dans le contre-la-montre entre Pornic et Nantes, les suiveurs livrent leurs impressions et leurs pronostics. Si les avis sont partagés, et souvent nuancés
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ILS VOTENT ARMSTRONG
Ils sont finalement peu nombreux à prédire de manière catégorique un cinquième triomphe de l'Américain. Parmi eux, Charly Mottet. Le quatrième du Tour 1987 parle avec son oeil d'expert, mais aussi de supporter. "Je ne change pas mon opinion de départ: Armstrong gagnera le Tour. Ce qui me rassure, c'est qu'il ait été déshydraté dans le premier contre-la-montre. Ca colle à l'image que j'ai vue de lui au niveau de la bouche. Il faut deux à trois jours pour se remettre. Je suis donc confiant", confie-t-il.
Raymond Poulidor est un moins affirmatif, même s'il pense lui aussi que'Armstrong tient nettement la corde. "Avant Luz-Ardiden, je pensais qu'Ullrich avait 80 pour cent de chances de l'emporter, maintenant c'est le contraire, juge Poulidor. Si Guimard avait été son directeur sportif, il aurait gagné le Tour. Cyril, c'est le roi du bluff. Il lui aurait dit: tu restes dans la roue d'Armstrong, et tu ne bouges pas. Ce dernier a été très mauvais dans le premier contre-la-montre, il ne le sera pas une deuxième fois."
Patrick Lefévère, le directeur sportif de l'équipe Quick Step, mise lui aussi sur le Texan. Avec certaines précautions toutefois. "Cela dépendra surtout du vent. On peut avoir le vent dans le dos les vingt premiers kilomètres et dans le nez ensuite. Ce sera difficile mais je voir Armstrong gagner", finit-il par lâcher.
Stephen Roche, lui, coupe la poire en deux. L'étape à Ullrich, le Tour à Armstrong. " Je vois en fait Ullrich reprendre 45 secondes. Le parcours va l'avantager. Il pourra mettre un braquet qu'Armstrong aura du mal à enrouler. Ce dernier n'aime pas la chaleur aussi, les conditions des derniers jours lui ont permis de récupérer. Si ce temps se maintient, il gagnera donc le Tour ."
Enfin, Julian Gorospe est certain que la motivation d'Armstrong fera la différence. "Avec le maillot jaune sur le dos, et une cinquième victoire au bout, Lance sera prêt à mourir sur le vélo. Il va tout donner et je ne le vois pas perdre une minute" estime le directeur sportif d'Euskaltel, témoin privilégiée de la lutte entre les deux hommes depuis trois semaines.
ILS VOTENT ULLRICH
Parmi les principaux suiveurs du Tour, Laurent Jalabert est l'un des rares à être persuadé qu'Ullrich peut reprendre plus d'une minute à son rival pour aller chercher le Tour. "Le parcours plat avantagera Ullrich. Je le vois capable de gagner ce contre-la-montre avec une minute à une minute dix d'avance. Il finit plus frais ce Tour et Armstrong ne semble pas dominer comme les autres années", estime l'ancien numéro un mondial.
Autre expert français, Bernard Hinault se veut plus indécis. Mais le Blaireau pense lui aussi que l'Allemand peut réussir l'exploit samedi. "Le parcours peut donner lieu à des écarts importants. Si tu es plus fort, tu roules plus vite: les vitesses passent alors de 48 à 50-51 kilomètres/heure. Ullrich peut très bien aller chercher le maillot. Cela se jouera à quelques secondes."
LES INDECIS
Les moins courageux, pas forcément les moins nombreux. Le Tour a réservé tellement de suspense et de revirements de tendances, que beaucoup préfèrent jouer la prudence. "Les chances sont à 50-50. Je ne veux pas jouer cent balles là-dessus. Je ne suis pas assez sûr de mon coup. La seule certitude que j'ai, c'est que cela va être passionnant et sympa", se contente ainsi de déclarer Jean-Pierre Danguillaume, l'ancienne gloire des années 70.
Pas de pronostic non plus de la part de Cyrille Guimard, l'enfant du pays. "Je connais tous les mètres de ce contre-la-montre. Jusqu'à 20 ans, je me suis entraîné sur ces routes. Elles ne présentent aucune difficulté, hormis peut-être les rond-points. Les deux vont se retrouver dans le contexte d'un penalty: le tireur va trouver que le but est bien petit et que le gardien est particulièrement grand. Et ce dernier va penser que sa cage est bien large et qu'il paraît minuscule devant le tireur " dit Guimard en maniant la métaphore.
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