Eurosport
Armstrong n'a pas tremblé
Par
Publié 26/07/2003 à 17:00 GMT+2
Sauf catastrophe, Lance Armstrong va remporter son cinquième Tour de France. Le Texan a repris 11 secondes à Jan Ullrich samedi lors du contre-la-montre de 49km entre Pornic et Nantes, remporté par David Millar. Ullrich, qui n'a jamais été en mesure de ré
Eurosport
Crédit: Eurosport
L'ETAPE: Pornic - Nantes (49km C.L.M.)
Le suspens a tourné court et le duel n'a finalement pas eu lieu. En tout cas pas pour le maillot jaune. Celui-ci a toujours été solidement vissé sur les épaules de Lance Armstrong tout au long des 49 kilomètres de ce chrono décisif. L'Américain a parfaitement géré son effort samedi, et l'on sait désormais avec certitude que l'écart qui le séparait de Jan Ullrich à Gaillac (1'35") ne reflétait pas la valeur intrinsèque des deux hommes, mais bien une faiblesse passagère du champion d'Austin.
Pour accomplir ce qui aurait constitué un des plus grands exploits de l'histoire du Tour, Ullrich devait donc reprendre 65 secondes au maillot jaune. L'illusion ne dura que quelques instants. Après quatre kilomètres, Armstrong cédait déjà six secondes sur l'Allemand. Le tableau de marche du leader de la Bianchi était respecté. Pas pour longtemps. Au premier pointage intermédiaire, situé peu avant le tiers de l'étape, Armstrong et Ullrich étaient crédités exactement du même temps.
C'était également le cas lors du premier contre-la-montre de ce Tour. Mais la comparaison s'arrête là, car le Armstrong de cette fin de Tour n'a plus rien à voir avec celui d'il y a huit-dix jours. Le bras de fer, réel, se limitait dès lors à la victoire d'étape. Leader au kilomètre 32 avec deux secondes d'avance sur Armstrong,Ullrich aurait pu s'offrir un lot de consolation en s'imposant à Nantes. A défaut d'être le roi du Tour, il eut été celui du chronomètre. Mais la journée de l'Allemand s'est avérée aussi pourrie que la météo nantaise.
Et Ullrich s'effondra..
On avait évoqué les ronds-points comme seule difficulté de cette étape. Sur l'un d'eux, Ullrich s'affaissa de tout son long sur le bitume trempé. Physiquement indemne, il se releva en revanche totalement effondré moralement. Les quinze derniers kilomètres ont dû se résumer à un long calvaire pour le protégé de Rudy Pevenage, effondré dans la voiture Bianchi. Sur la ligne, c'est la quatrième place qui attendait Ullrich, loin de ses rêves de victoire et de maillot jaune.
Alerté des malheurs de son adversaire, Armstrong ne prit alors aucun risque dans le final. Précautionneux comme jamais, l'Américain laissa filer la victoire d'étape. Une aubaine pour David Millar, qui s'impose ainsi avec neuf secondes d'avance sur Tyler Hamilton. Ce dernier est d'ailleurs l'un des grands gagnants du jour, puisqu'il dépose les deux Basques, Mayo et Zubeldia au général, pour se hisser au pied du podium, à la quatrième place.
Mais plus que Millar, plus qu'Hamilton, Lance Armstrong est évidemment l'homme du jour. L'homme du Tour aussi. Sauf catastrophe que même ses pires ennemis n'ont pas le droit de lui souhaiter, il rejoindra dimanche Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain dans la légende avec cinq Tours de France à son palmarès. Ce soir, il doit être fier, heureux, et sans doute un peu soulagé, car il n'a jamais autant souffert sur un vélo que ces dernières semaines.
LE VAINQUEUR: David Millar (Cofidis)
Le Tour s'achève bien mieux qu'il n'avait commencé pour David Millar, qui a conne plus de galères qu'autre chose depuis le départ de Paris. Il y eut d'abord l'épisode tragi-comique du prologue, que l'Ecossais écrasait de toute sa classe avant qu'un saut de chaîne dans le dernier kilomètre ne lui fasse perdre le maillot jaune pour... huit dixièmes de secondes. Puis ce fut la souffrance dans la montagne, les longues heures dans le gruppetto. Sans compter cette bronchite qui l'a empêché de défendre ses chances dans la premier chrono.
Millar en avait ras la casquette Cofidis. Au point qu'il a songé à l'abandon, en début de semaine. Il a bien fait de continuer. Trois semaines après les larmes du prologue, il signe une victoire significative, sa première dans un contre-la-montre aussi long sur un Grand Tour. Certes, il a profité de la chute d'Ullrich et de l'extrême prudence d'Armstrong dans les derniers kilomètres, mais il ne faut pas oublier que lui aussi a chuté. Bref, si quelqu'un méritait de gagner cette étape, c'est bien David Millar.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité