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"C'était un sacré défi"
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Publié 25/07/2004 à 13:00 GMT+2
A nouveau intouchable sur le contre-la-montre disputé à Besançon samedi, Lance Armstrong file pour de bon vers une sixième victoire dans le Tour de France. Le voilà définitivement seul sur sa planète. A l'heure d'entrer dans l'histoire, l'Américain oscill
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Vite fait, bien fait. Très vite fait, même. Lance Armstrong a avalé la boucle bisontine de 55 kilomètres à 49,4 km/h de moyenne. Sur un profil aussi exigeant, qui donnait à ce chrono plat des allures de fausse maigre, la performance impose le respect. Elle a en tout cas imposé la supériorité du Texan. Une fois de plus, personne n'a pu rentrer dans la même minute que lui. "J'ai démarré très vite pour me mettre dans le rythme et j'ai tout de suite senti que j'étais bien. Après le premier intermédiaire, quand j'ai vu mon avance, j'ai commencé à gérer" raconte le maillot jaune.
Dire qu'il y a un an, Jan Ullrich lui collait une monumentale gifle à Gaillac, sur une distance comparable. Il y a longtemps qu'Armstrong n'était pas apparu aussi dominateur dans l'effort solitaire. La raison? Le travail, encore et toujours. "Mon équipe a fait beaucoup de travail lors du dernier hiver en soufflerie avec tous les fournisseurs de matériels ensemble, un peu comme en Formule1. On a aussi travaillé la position, la main, le bras, tout le corps", explique-t-il.
"J'étais confiant"
Cette énième démonstration donne une ampleur nouvelle à sa victoire. Kloden, son dauphin, est à plus de six minutes au général. Surtout, Armstrong a remporté cinq étapes, alors que ses neuf poursuivants au classement n'en ont pas gagné une seule ! Il se défend cependant d'avoir écrasé la course: "Je n'ai jamais vraiment attaqué, l'équipe est restée groupée dans les moments les plus durs. Quand j'ai gagné, c'est toujours au sprint ou dans les contre-la-montre. Donc, je ne parlerai pas de domination écrasante ".
A l'heure du bilan, il semble pourtant que le Texan n'avait jamais été aussi souverain. La faible opposition et ses difficultés de 2003 accentuent sans doute cette impression. "Cette année, je n'ai pas connu les problèmes de 2003, ma chute au Dauphiné notamment, confirme Armstrong. La course a été plus paisible. La bonne condition, c'est le résultat de l'entraînement, de la chance et d'une santé parfaite pendant toute la course. Mais je suis content que ce soit fini, car je suis vraiment fatigué".
Le dernier obstacle majeur passé, il accepte enfin d'évoquer cette sixième victoire. "Je réalise que je casse un record, que c'est l'histoire du cyclisme. C'était un défi très spécial, beaucoup de gens pensaient que ce n'était pas possible. Mais j'étais confiant, Johan et l'équipe aussi. On y est arrivé. Le Tour est la plus grande course du monde, c'est l'épreuve que j'aime le plus au monde", confie celui qui va donc laisser Merckx, Hinault, Indurain et Anquetil dans son rétro.
"Il faut voir comment je travaille"
Quand on lui dit extra-terrestre, il répond travail. Tout ce qui peut induire une force surnaturelle, presque inhumaine, l'agace, pour ne pas dire plus. "Beaucoup de gens se demandent comment c'est possible. C'est facile de verser dans le sensationnel mais la réponse est simple. Il faut voir comment je travaille. C'est un engagement total pendant toute l'année, même pendant les fêtes de Noël. C'est cela le secret. Ce n'est pas seulement moi, c'est toute l'équipe. Même pendant l'hiver, il n'y a pas une journée où l'on ne s'appelle pas avec Johan. Je pense que l'homme qui travaille le plus mérite de gagner. C'est ma philosophie", dit-il simplement.
Prêt à tous les sacrifices pour ce Tour qu'il aime tant, Lance Armstrong a malgré tout confirmé qu'il n'était pas sûr de les consentir l'an prochain. Oui, la Grande boucle 2004 pourrait se passer de son roi. "Il faudra que je réfléchisse, poursuit l'Américain. Dans ma situation personnelle, le plus difficile est d'être éloigné de mes enfants. Au printemps, j'ai été privé d'eux pendant deux mois. Ils me manquent beaucoup." Reste à savoir sir le Tour ne lui manquerait pas encore plus...
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