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On a retrouvé Klöden
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Publié 26/07/2004 à 13:00 GMT+2
Le dauphin de Lance Armstrong est Allemand et il appartient à l'équipe T-Mobile. Jusque là, rien d'étonnant. Sauf que le coureur en question ne s'appelle pas Jan Ullrich, mais Andreas Klöden. A 29ans, le champion d'Allemagne a enfin exprimé son véritable
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Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Mais il était quand même temps. Depuis quatre ans, Andreas Klöden avait gâché un talent pourtant très prometteur, au point que l'on avait fini par se demander si on le reverrait un jour en haut de l'affiche. Ce jour est arrivé, au moment où on ne l'attendait plus vraiment. Pour l'équipe T-Mobile, si la défaite d'Ullrich laisse un goût bien aigre, la réussite de Klöden, deuxième du Tour 2004, constitue une divine surprise.
Quatre années ont passé depuis la révélation du natif de Mittweida. C'était sur les routes de Paris-Nice, à la fin de l'hiver 2000. A moins de 25 ans, Klöden s'était affirmé comme un grand espoir du cyclisme mondial, s'adjugeant l'épreuve avec brio. Personne n'a oublié sa formidable ascension du col d'Eze. Peu après, il enlevait le Tour du Pays Basque. Chacun s'accordait alors à voir en lui un futur candidat à la victoire sur le Tour de France.
Le talent reste le talent
Mais la machine s'est enrayée. "On sait qu'Andreas est très talentueux, confie Walter Godefroot, manager de la formation T-Mobile. Mais nous savons aussi qu'il est fragile. En 2000, après Paris-Nice et le Tour du Pays-Basque, il a rencontré des problèmes de santé. Il s'est blessé au genou et au dos. Il a également attrapé une infection virale. Reste qu'en dépit des blessures, le talent reste le talent, et nous avons gardé confiance en lui."
Pour un garçon qui marche beaucoup au moral, ces blessures à répétition ont joué un rôle perfide. Andreas Klöden a mis du temps à chasser ses doutes. Cette année, il a peu à peu refait surface. Sa sixième place dans la Flèche Wallonne l'a remis dans le bon sens et juste avant le Tour, il a déroché le titre de champion d'Allemagne, au terme d'une échappée au long cours et en solitaire. C'était le déclic qui lui manquait. Quatre semaines plus tard, le voilà sur le podium du Tour au pied duquel est resté son leader Jan Ullrich, l'idole de tout un peuple.
Klöden devant Ullrich, il fallait être un peu fou, ou très malin, pour pronostiquer un tel résultat voilà trois semaines. Prise de cours, une partie de la presse allemande a cherché à monter les deux champions l'un contre l'autre. Peine perdue, car ces deux-là sont potes depuis leur adolescence, passée à Berlin-Est, dans le même sport études. "C'est super de voir Andreas sur le podium. Je suis vraiment content pour lui", a d'ailleurs commenté Ullrich samedi soir à Besançon. Et si le champion de Rostock a beaucoup de défauts, c'est tout sauf un faux-derche.
"Andreas ne sera jamais un leader"
Gros rouleur, bon grimpeur, Klöden s'est montré d'une extrême régularité dans les étapes décisives: deuxième au Grand Bornand, où Armstrong l'a privé de la victoire à cinq mètres de la ligne, troisième à La Mongie, à l'Alpe d'Huez et à Besançon, quatrième au Plateau de Beille et à Villard-de-Lans, il n'a pas connu un seul jour sans. Son formidable Tour de France, au cours duquel il a atteint une vraie plénitude, lui ouvre forcément des perspectives nouvelles. Kloden a son destin en mains. A lui d'en faire quelque chose.
Pourtant, il est peu probable que Klöden sorte transfiguré de la Grande Boucle. Ullrich, sans oublier Vinokourov, seront toujours les vrais patrons T-Mobile, car Klöden est un peu le Moncoutié allemand: du talent, mais pas l'âme d'un chef. "Andreas n'est pas un leader et il ne le sera jamais, juge Godefroot. Tout simplement parce qu'il ne le veut pas. C'est le meilleur ami d'Ullrich, mais aussi son meilleur domestique. Il préfère que ça reste comme ça. Chacun à son ambition dans la vie et lui se sent bien dans le rôle qu'il occupe aujourd'hui."
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