Thomas, Richard et Cie

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Sans faire de miracle, le cyclisme français s'en est toutefois tiré avec les honneurs lors du Tour 2004: un record pour Virenque, trois victoires d'étapes, du panache et surtout la découverte d'un visage rafraîchissant, celui de Thomas Voeckler. Dans le c

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Crédit: Eurosport

Bon, ce n'est pas encore cette année que Bernard Hinault trouvera son successeur. L'an prochain, on fêtera donc les 20 ans de la dernière victoire française, lorsque le Blaireau signa sa cinquième et dernière victoire. Une disette historique dans l'histoire de La Grande Boucle pour le cyclisme hexagonal, qui devrait se prolonger encore quelques années, au moins. La France ne possède pas, aujourd'hui, un champion ayant l'envergure nécessaire pour envisager de ramener le maillot jaune à Paris.
Mais ce n'est pas une raison pour sombrer dans la déprime. La Grande Boucle 2004 serait plutôt porteuse d'espoirs, et ce même si le bilan chiffré peut apparaître un poil léger. Trois victoires d'étapes, soit une de mieux que l'an dernier c'est un résultat correct, dans la moyenne de ces dernières années, mais qui n'a rien d'exceptionnel non plus. Concernant le classement final, l'absence d'un représentant dans le Top 10 fait tâche, mais derrière, les Français sont cinq entre la 12e et la 20e place. Une densité rassurante.
Voeckler, de toutes les couleurs
Puis il n'y a pas que les chiffres. Laissons ça à la froideur des statisticiens. Les Français nous ont laissé des images plein la tête, suffisamment pour passer l'hiver au chaud et piaffer d'impatience en attendant 2005. Le mérite en revient essentiellement à deux garçons. Héros traditionnel du mois de juillet, Richard Virenque a régalé son public de ses traditionnelles envolées montagnardes. Du Massif Central aux Alpes en passant par les Pyrénées, le Varois s'est montré absolument partout. Son panache a trouvé deux justes récompenses, à travers sa victoire d'étape à St-Flour le 14 juillet et surtout son septième maillot à pois, nouveau record.
Depuis une bonne décennie, Virenque est un homme du Tour. Le voir évoluer à ce niveau n'était donc pas une surprise. Mais le roi des pois a trouvé un digne héritier en la personne de Thomas Voeckler. En un mois, le protégé de Jean-René Bernaudeau est passé du statut d'illustre inconnu à celui de star nationale. La foule est tombée amoureuse de ce Martinico-Alsacien de 25 ans qui lui en a fait voir de toutes les couleurs en trois semaines: du bleu blanc rouge de son maillot de champion de France au paletot blanc du meilleur jeune sans oublier, bien sûr, ce maillot jaune qu'il a porté fièrement pendant la moitié de l'épreuve.
Voeckler avait peut-être hérité de la première place un peu par hasard, en se trouvant au bon moment dans la bonne échappée. Mais en tenant bon dans les Pyrénées, il a prouvé qu'il n'avait pas que du courage et du coeur, mais aussi du coffre et un sacré talent. C'est ce qui rassure le plus pour son avenir. Si Thomas sait résister à tout ce qui va luit tomber dessus, une belle carrière s'ouvre à lui. Mais le garçon, honoré du prix orange pour sa gentillesse et sa disponibilité, n'est pas du genre à péter plus haut que son cuissard. Bernaudeau y veillera, de toute façon.
Le symbole Moncoutié
Derrière ces deux héros, il convient d'ajouter la très jolie victoire de David Moncoutié à Figeac, où il évoluait presque à domicile. Lui, le lymphatique, a su se faire mal pour aller chercher le plus beau succès de sa carrière. Un triomphe plein d'émotions, mais aussi de symboles, pour tout ce que Moncoutié incarne de clarté dans un cyclisme toujours gangrené par le dopage. On n'oubliera pas non plus Jean-Patrick Nazon, qui avait montré la voie en s'imposant dès la deuxième étape. Une confirmation de son succès sur les Champs, l'an dernier. Il compte aujourd'hui parmi les valeurs sûres du sprint mondial.
Le plus rassurant dans tout ça, c'est que les satisfactions sont venues aussi bien de l'ancienne que de la nouvelle génération. Les papys Virenque et Moreau (une fois encore premier Français au classement final, même s'il espérait un peu mieux que sa 12e place), ont bien tenu leur rang de leader. Parmi les jeunots, Voeckler a entraîné dans son sillage un Sandy Casar en gros progrès (16e), sans omettre Pineau et Chavanel, qui auraient pu prétendre à mieux s'ils n'avaient pas sacrifié leurs intérêts pour leur pote Voeckler. Au final, les motifs d'espoirs effacent les raisons de ronchonner. Après un début de saison bien fade, on n'en demandait pas plus.
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