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Boonen avait la clé
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Publié 25/07/2004 à 20:00 GMT+2
Le 91e Tour de France s'est achevé en apothéose dimanche à Paris, devant une foule considérable. Sur les Champs-Élysées, le Belge Tom Boonen a fait parler sa jeunesse et sa puissance pour dominer Nazon et McEwen au sprint. Journée historique pour Lance Ar
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On annonçait un ciel capricieux, mais Paris n'a pas eu l'audace d'accueillir Lance Armstrong autrement que par un soleil radieux en cette journée qui restera historique. Pour la première fois en un siècle et un an d'existence, le Tour de France s'est offert à six reprises à un seul homme. Lance Armstrong est donc celui-ci, au terme d'une Grande Boucle maîtrisée de bout en bout, où personne ne lui est jamais arrivé à la cheville.
Comme d'habitude, la dernière étape du Tour s'est déroulée en deux temps, avec une promenade savourée par chacun, avant que la course ne se déclenche réellement dans les rues de la capitale. On eut donc droit aux images traditionnelles, comme la coupe de champagne offerte par Jean-Marie Leblanc au maillot jaune. Johan Bruyneel, manager des intraitables postiers, a servi un verre à chacun de ses hommes et même à Jan Ullrich, venu fêter à sa manière le nouveau triomphe de son rival.
La force de l'habitude
C'était donc la fête pour tout le monde, et pour Armstrong un peu plus que pour les 146 autres rescapés. Six victoires, six victoires consécutives même, l'exploit mérite d'être salué. Même si ce sixième sacre a recelé plus de fadeur que de saveur, au contraire de celui de l'an dernier, sublimé par les difficultés rencontrées par le Texan. Mais il est difficile de reprocher à un champion de ne pas avoir de rivaux à sa mesure. Reste que son entrée en solitaire de la légende manquait curieusement d'émotion sur le podium, dimanche. Un franc sourire, les bras levés, mais rien de plus. Comme si la force de l'habitude avait pris le dessus.
A l'inverse, Tom Boonen savourait lui son premier triomphe parisien. Porte-drapeau d'un cyclisme belge malade de son glorieux passé aujourd'hui disparu, le coéquipier de Richard Virenque a maté tout le monde sur la plus célèbre avenue du monde: Thor Hushovd, piégé dans le dernier virage, Robbie McEwen, un peu court dans ce final en montée, et même Jean-Patrick Nazon, deuxième, qui a bien failli réussir la passe de deux après son succès inattendu l'an passé.
De tous les battus, McEwen était le plus heureux. L'Australien avait surtout pour mission de protéger son maillot vert. Il l'a fait sans frayeur, calmant tout de suite les ardeurs d'Hushovd, son dernier véritable concurrent, en remportant le premier des deux sprints intermédiaires. Le sprinter de la Lotto-Domo avait le sourire. Après tout, lui a déjà goûté à deux reprises à la saveur d'une victoire sur les Champs. Il la voulait peut-être un peu moins que Boonen.
Le panache de Voeckler
Déjà vainqueur d'une étape à Angers il y a tout juste deux semaines, le Flamand s'affirme du haut de ses 23 ans comme une valeur sûre de la génération montante, qui a d'ailleurs pointé le bout du nez à tous les étages sur ce Tour 2004, grâce également à Cancellara, vainqueur du Prologue, à Pozzato, lauréat d'une étape, ou à Voeckler, maillot jaune pendant la moitié de l'épreuve, et dont le talent n'a eu d'égal que le courage et la gentillesse.
Longtemps en jaune, un temps en blanc, l'Alsacien avait retrouvé son maillot bleu blanc rouge de champion de France pour cette ultime sortie. Et le "Ti Blan" y a largement fait honneur en lançant une échappée sur les Champs. Avec Bettini, Merckx, Jalabert et Flecha et quelques autres dans sa roue, le groupe avait fière allure. Il résista pendant plus de 30 kilomètres avec une avance maximale de 40 secondes. C'était évidemment trop peu pour priver les Champs de leur traditionnel sprint. Tant pis pour Voeckler, tant mieux pour Boonen.
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