Landis a bien triché

Landis a bien triché
Par Eurosport

Le 05/08/2006 à 14:00Mis à jour

Floyd Landis est officiellement contrôlé positif à la testostérone. L'échantillon B, prélevé à l'issue de la victoire de l'Américain lors de la 17e étape du Tour de France 2006, a confirmé les premières analyses. Il risque une suspension de deux ans et de

Le Pennsylvanien risque très gros. Première conséquence, il a été licencié sans préavis par l'équipe Phonak samedi matin, moins d'une heure après la confirmation de son controle positif. Il sera ensuite vraisemblablement destitué de sa victoire dans la Grande Boucle. Enfin, en vertu des règlements UCI, il encourt une suspension de deux ans. "Conformément au règlement antidopage, la Commission Antidopage de l'UCI va demander à la Fédération américaine de cyclisme d'ouvrir une procédure disciplinaire contre le coureur", a expliqué l'Union cycliste internationale samedi matin dans un communiqué.

A court d'arguments

S'il ne contestera sans doute pas le résultat, Landis veut continuer à accréditer la thèse selon laquelle il sécrète naturellement un taux élevé de testostérone. C'est plus qu'improbable. Des tests réalisés en laboratoire montrent qu'une partie de la testostérone détectée dans l'urine du coureur est de nature synthétique et n'a donc pas été produite par son organisme. Certains ont ensuite avancé une possible déshydratation. Jose Maria Buxeda, l'avocat de Landis, estime qu'un effort intense, conjugué à une déshydratation, peut expliquer le test positif de son client.

A court d'arguments scientifiques, Floyd Landis pourra toujours se battre sur le terrain juridique. Il a désormais dix jours pour répondre aux documents qui lui seront soumis, selon les règles l'agence américaine antidopage. Si celle-ci décide de lui infliger une suspension, la vainqueur en sursis du Tour de France aura la possibilité de contester la décision devant un panel de juges américains. Enfin, en dernier recours, le coureur pourra encore porter l'affaire devant le Tribunal arbitral du sport, engageant de facto une procédure au long cours.

Plus personne n'est crédible

Autre (triste) première, les vainqueurs des trois derniers grands Tours se retrouvent impliqués dans des affaires de dopage. Roberto Heras, contrôlé positif sur la Vuelta 2005, a rendu sa couronne et purge une suspension de deux ans. Ivan Basso, lauréat du dernier Giro, est soupçonné de figurer parmi les clients du Dr Fuentes. Le cas de l'Italien reste en suspens, mais son avenir s'est assombri. Et maintenant, l'affaire Landis. Mais il n'y a aucune malédiction dans tout cela. Juste des faits. Et un constat amer: aucun vainqueur d'une grande course ne peut désormais échapper à la suspicion. Conclusion, plus personne n'est crédible, même les coureurs honnêtes, et il doit bien en rester. Aujourd'hui, c'est surtout à eux que nous pensons.

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