Floyd Landis est sorti de sa tanière. L'Américain, qui n'avait plus donné signe de vie depuis deux jours et ses forfaits inexpliqués sur des Critériums, est toujours en Europe. Il s'est expliqué jeudi soir lors d'un entretien téléphonique au magazine américain Sports Illustrated sur l'annonce de son contrôle positif à la testostérone. A la question: "Vous êtes-vous dopé?", le vainqueur de la Grande Boucle 2006 s'est voulu catégorique. "Non, voyons!" . Il l'a d'ailleurs répété à plusieurs reprises lors de cette même conversation, insistant sur le fait qu'un taux anormal n'est pas l'équivalent d'un contrôle positif.

Des doses orales quotidiennes

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Le coureur de la Phonak ne fait pas que jouer sur les mots. Il explique qu'un taux naturellement élevé de testostérone est un problème courant chez les cyclistes professionnels. On sait qu'il traîne de sérieux problèmes de hanche pour lequel il prend des corticoïdes et qui devront sans doute nécessiter une opération. Selon lui, ce traitement serait aussi responsable et il évoque, en plus, des problèmes de thyroïde. "Cela fait environ un an que j'ai des problèmes de thyroïde et j'ai dû prendre des petites quantités d'hormone de thyroïde. Ce sont des doses orales quotidiennes". Trois raisons valent mieux qu'une.

Floyd Landis raconte que le traitement lui est prescrit par un docteur espagnol, Luis Hernandez. Ce dernier aurait déjà soigné de nombreux coureurs qui, eux aussi, accuseraient des taux anormalement élevés de testostérone. Beaucoup d'informations difficilement vérifiables et à mettre pour l'instant au conditionnel. Seul l'échantillon "B" apportera la confirmation du dopage ou non de l'Américain lors de la 17e étape et de sa victoire à Morzine. Landis se veut "réaliste" et avoue ne se faire "aucune illusion" sur le résultat de cette contre-expertise.

"Laissez ma mère en dehors de ça"

En revanche, il sait que, quoi qu'il arrive, il aura du mal à faire oublier cette histoire. "Malheureusement, je crains qu'elle ne me quitte plus. Il est possible que j'arrive à défendre mon honneur. Je veux le faire, c'est mon objectif. Mais même si j'y parviens, je ne suis pas sûr que j'arrive à me défaire de cette réputation. La plupart du public s'est fait une idée du cyclisme compte tenu de ce qui s'est produit par le passé, poursuit l'Américain. Je connais beaucoup de monde qui vont me juger coupable avant même que j'ai eu la possibilité de me défendre. Tout ce que je demande, c'est qu'on m'accorde ce qui est monnaie courante aux Etats-Unis, la présomption d'innocence."

Autre détail révélé par le journaliste de Sports Illustrated, Austin Murphy, Landis aurait fondu en larmes en parlant quelques minutes plus tôt à sa mère. Dans la journée de jeudi, elle avait indiqué ne pas savoir si son fils avait utilisé des substances interdites mais avait reconnu que "la tentation était forte" à ce niveau de la compétition. Landis a donc demandé à ce qu'on la laisse tranquille. "Je sais que c'est votre travail. Mais il faut la laisser en dehors de tout cela". En ajoutant qu'il n'en "voudrait à personne de ne pas le croire", Landis affiche une confiance inébranlable. Jusqu'à quand?

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