Le Tour de France a subi beaucoup de chocs dans sa longue et respectable histoire. Il a résisté à tout, aux pires scandales, et même à deux Guerres mondiales. L'affront subi samedi est d'un autre ordre, mais c'est peut-être l'un des plus rudes. Son vainqueur, Floyd Landis, vient d'être convaincu de dopage. Pour la première fois en 93 éditions, le lauréat de la plus grande course du monde va donc devoir rendre son titre. Une humiliation pour lui, mais peut-être plus encore pour l'épreuve elle-même.

Le coup n'était pas passé loin en 1988 avec Pedro Delgado. Contrôlé positif au probénicide à trois jours de son arrivée triomphale à Paris, l'Espagnol avait été blanchi, le produit étant interdit par le CIO, mais pas par l'UCI. Cette fois, Landis n'a pas échappé à son triste destin, ternissant dans sa chute l'honneur du cyclisme et celui du Tour. "On ne peut tolérer que le maillot jaune soit souillé", a confié Christian Prudhomme samedi, laissant entendre que l'Américain serait certainement déchu de sa couronne. Comment pourrait-il en être autrement, d'ailleurs?

Tour de France
Landis fait appel
23/11/2008 À 17:08

"Un électrochoc"

Pour les organisateurs de la Grande Boucle, le coup est rude, même s'il n'y a aucune surprise. "Le coup dur, on l'a reçu surtout la semaine dernière. On sait très bien que la contre-analyse confirme presque toujours le premier résultat. C'est un sentiment de vrai gâchis que l'on ressent mais avec l'envie de se battre très fort ", poursuit le nouveau patron du Tour. Entre écoeurement et détermination, il entend poursuivre un combat pour le moins difficile. " Au-delà du cas Landis, de façon générale, il faut que les managers, les responsables d'équipes, les médecins ou plutôt les prétendus médecins, soient eux aussi sanctionnés", estime-t-il.

Christian Prudhomme veut trouver dans la tourmente actuelle quelques raisons d'espérer. "Il faut que les sponsors s'investissent dans ce domaine. Que l'autonomie sportive soit nécessaire pour une équipe, c'est une évidence. Mais le sponsor ne peut se désintéresser de ce qui se pratique. Si les sponsors d'équipe s'investissent, s'ils sont dans une volonté affirmée, on avancera. T-Mobile va au bout de cette démarche et j'ai le même sentiment pour Gerolsteiner et les équipes françaises. En Espagne, il y a une volonté politique de lutter contre le dopage. Ce sont de vraies raisons d'espérer", juge-t-il.

Un discours qui a forcément du mal à convaincre dans le contexte actuel. Le Tour 2006 s'est achevé comme il avait commencé, par un scandale. Comme si le dopage devait envelopper de manière inéluctable l'épreuve dans son ensemble. "A Strasbourg, rappelle-t-il, on avait dit que l'on avait gagné une bataille et que d'autres suivraient. Mais on ne s'attendait pas à ce que les moments douloureux reviennent aussi vite". Quitte à passer pour un naïf, il se dit convaincu que la situation peut évoluer. "Je suis convaincu que depuis 1998, les choses ont changé. Mais, l'affaire Landis fait mal. C'est un électrochoc."

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