T-Mobile, la nouvelle ère

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Dominatrice au début du siècle, la T-Mobile a tourné la page Jan Ullrich. Secouée par des affaires de dopage depuis l'année dernière et plus récemment avec les révélations d'anciens coureurs, la Magenta se présente sur le Tour avec une équipe rajeunie et

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Crédit: Eurosport

On appelle ça une renaissance. Voire une naissance tout court. Où en est vraiment la T-Mobile aujourd'hui ? Après ses récents déboires, on peut se poser la question. Quelque peu décolorée après les révélations d'anciens coureurs (Udo Bolts, Erik Zabel, Christian Henn) et de dirigeants actuels (Rolf Aldag, Bjarne Riis) au mois de mai, la Magenta a perdu d'une superbe qui n'existe plus vraiment depuis quelques mois déjà. L'ancienne machine à gagner doit se racheter une image largement écornée ces derniers temps. Cette saison, la T-Mobile a donc décidé de consacrer environ quinze millions d'euros (la moitié de son bugdet annuel) à la lutte contre le dopage.
Luuc Eisenga, le nouveau directeur technique, se veut convaincant : "Après les résultats, nous avons surtout retrouvé un nouvel esprit, un nouveau collectif. Les jeunes explosent. Tout cela, c'est nouveau pour une équipe comme la notre. Ce sera notre grande force dans un futur proche et dès le Tour de France". Née en 1991, l'équipe allemande prendra le départ de sa quinzième Grande Boucle le 7 juillet prochain. Sur la plus grande course cycliste au monde, T-Mobile, anciennement Team Deutsche Telekom, a tout gagné : 27 victoires d'étape, deux maillots jaunes (1996 et 1997), six maillots verts (1996, 1997, 1998, 1999, 2000, 2001), trois maillots blancs (1996, 1997, 1998), quatre classements par équipes (1997, 2004, 2005, 2006). Seul le maillot à pois manque à son palmarès. Preuve d'une domination passée...
Rogers en leader
Aujourd'hui, la T-Mobile "se reconstruit", selon son directeur Bob Stapleton. Preuve en est, la présence sur le Tour de coureurs qu'on annonce talentueux et prometteurs : Mark Cavendish (21 ans), Marcus Burghardt (23 ans) ou encore Linus Gerdemann (24 ans). Finie l'époque où se côtoyaient les stars à l'ego démesuré Jan Ullrich, Alexandre Vinokourov et Andreas Klöden. Pour la première fois de son histoire, il n'y aura pas de véritable leader sur le Tour. L'heure est au redressement, à un nouvel état d'esprit. Le mot est lâché. Après être passé à deux roues de vélo de disparaître du peloton, la T-Mobile doit se refaire une virginité. La Magenta n'a pas oublié les exclusions de Jan Ullrich et d'Oscar Sevilla à la veille du départ de la Grande Boucle 2006, mais préfère se tourner vers l'avenir.
"Nous pouvons bien faire pour le général avec des hommes comme Michael Rogers et Patrik Sinkewitz. Le groupe est un bon mélange et cet esprit sera notre grande force. On a vécu tellement de choses l'an passé, que cette année, nous sommes déjà très heureux et satisfaits", assure Eisenga. Dixième l'an dernier, l'Australien Rogers sera affublé du costume de leader samedi prochain: "Nous possédons une équipe bien équilibrée. Jeune d'accord, mais ce que nous perdons en expérience, nous le gagnons en énergie. Je me vois bien en capitaine, et je pense sincèrement pouvoir viser le classement général". Dès Londres et son prologue, le triple champion du monde du contre-la-montre (2003, 2004 et 2005) voudra marquer les esprits. Pour prouver que la T-Mobile n'est pas en passe de disparaître...
François-Xavier RALLET
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