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Evans, regrets éternels?
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Publié 28/07/2008 à 11:45 GMT+2
Comme en 2007, Cadel Evans doit donc se contenter de la 2e place sur le Tour de France. Mais s'il avait accueilli ce statut de dauphin avec bonheur l'an dernier, l'Australien, favori numéro un au départ de Brest, s'en va cette fois sur un constat d'échec.
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Crédit: Eurosport
C'était son Tour. Deuxième derrière Alberto Contador l'an dernier, à seulement 23 secondes de l'Espagnol, Cadel Evans était le favori logique de ce Tour de France 2008 en l'absence du tenant du titre. Pendant trois semaines, il n'a jamais vraiment failli. A la veille de l'arrivée, même s'il n'occupait que la quatrième place, l'Australien demeurait le grand favori dans la course au maillot jaune. Mais pour n'avoir repris que 29 des 94 secondes de retard qu'il comptait sur Carlos Sastre, Evans échoue, comme il y a 12 mois, à la deuxième place. Poulidor des temps modernes, il vient peut-être, à 31 ans, de laisser passer la chance de sa vie.
Sans fanfaronner outre mesure, le clan Evans était pourtant convaincu du succès de son poulain à l'issue du chrono. D'où une légitime déception, même si Evans, d'emblée, s'est appliqué à masquer celle-ci. "Moi, je savais que ce serait très compliqué de revenir sur Sastre. Bien sûr, je suis un peu déçu, mais je n'ai rien à me reprocher. J'ai tout donné dans ce contre-la-montre, j'étais en permanence à 110%. Je ne pouvais pas faire plus. J'ai réussi un très bon chrono, mais d'autres ont fait un chrono incroyable. Que puis-je y faire?" Absolument rien.
Trois minutes lâchées dans les Alpes
Mais Cadel Evans a-t-il livré un chrono aussi irréprochable? En terminant à la 7e place, à 2'05" du vainqueur, Stefan Schumacher, le leader de l'équipe Silence-Lotto a enregistré un net recul par rapport au premier contre-la-montre, à Cholet, où il avait pris la 4e place, à seulement 27 secondes de Schumacher. Certes, il y avait 24 kilomètres de plus samedi, mais le compte n'y est pas. "J'attendais mieux de Cadel, avouait d'ailleurs Marc Sergeant, manager de la formation belge, à l'issue de la 20e étape. J'ai vu au début qu'il n'était pas à l'aise sur son vélo, les temps l'ont prouvé, pour gagner le Tour il fallait être dans le top 3 du chrono. S'il avait été comme à Cholet, il gagnait le Tour. "
Ce Tour, Evans ne l'a d'ailleurs pas forcément perdu à Saint-Amand-Montrond. Il lui a échappé dans les Alpes, qu'il avait, rappelons-le, abordé en leader. Mais tant sur les pentes de Prato Nevoso que sur celles de l'Alpe-d'Huez, l'Australien a affiché ses limites, en cédant au total 3'02" au futur vainqueur en deux étapes. Dans ces instants décisifs, Evans est apparu terriblement isolé face à l'armada CSC, qui ne lui a pas laissé beaucoup de répit. "L'équipe CSC est incroyablement forte avec trois gars capables de gagner le Tour", souligne-t-il. "Ils méritent leur victoire. Ils ont un budget deux fois supérieur au nôtre et ils peuvent acheter des meilleurs coureurs."
Pau, le temps des certitudes
Une manière de rappeler qu'il n'a pas perdu seul. Marc Sergeant est également conscient de la faiblesse collective de sa formation. "On avait intégré Popovych mais il n'avait pas pu faire ce qui était prévu dans l'Alpe d'Huez, constate le patron de Silence. S'il avait pu limiter les dégâts, on aurait été à 40 secondes au lieu d'une minute et demie. On va regarder pour renforcer l'équipe." Pourtant, 10 jours plus tôt, lors de la journée de repos, à Pau, Sergeant avait balayé cet argument. "Je sais que vous avez des doutes sur mon équipe, mais nous n'en avons pas", avait-il affirmé. C'était le temps des certitudes, celui où Cadel venait d'hériter du maillot jaune. Rien ne semblait pouvoir freiner son ascension.
Et maintenant? Comment Evans doit-il envisager la suite de sa carrière? Doit-il, à l'instar de Carlos Sastre, tout miser sur le Tour? S'il en avait fait l'objectif numéro un de sa saison, l'Australien s'était pourtant montré actif dès le printemps, en montant sur le podium de la flèche Wallonne, notamment. On l'avait ensuite vu prendre la deuxième place du Dauphiné, derrière Valverde, mais très loin devant un Sastre alors fantomatique. Résultat, Evans a fini le Tour usé, quand le Madrilène n'a eu de cesse de monter en régime au fil des jours, pour terminer la troisième semaine en trombe. Avec le probable retour de Contador aux affaires en 2009, et la confirmation de l'émergence d'un Andy Schleck, la tâche d'Evans sera compliquée à l'avenir. Pour beaucoup, il vient de rater une occasion en or. Lui a promis de se battre. "Je reviendrai et j'essaierai de gagner le Tour."
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