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Les contrôles à la française

Les contrôles à la française
Par AFP

Le 03/06/2008 à 16:45Mis à jour

En même temps que le Tour passe sous l'égide de la Fédération française, l'Agence française pour la lutte contre le dopage (AFLD) s'occupera des contrôles sur la prochaine Grande Boucle, à la place de l'Agence mondiale anti-dopage.

Les organisateurs du Tour de France (ASO) ont confirmé mardi que la prochaine édition, du 5 au 27 juillet, serait organisée dans le cadre national, sous l'autorité des fédération et agence antidopage françaises. Les contrôles d'avant-Tour seront ciblés, a insisté Pierre Bordry, président de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), au cours de la conférence de presse qui a réuni à Paris Christian Prudhomme, directeur du Tour, et Jean Pitallier, président de la Fédération française (FFC), en présence du secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte.

"Il ne s'agit pas de faire du nombre mais d'être efficace pour les contrôles inopinés", a renchéri Christian Prudhomme, échaudé par l'expérience de l'année passée, quand il s'était félicité de l'union sacrée décrétée avec les équipes et l'Union cycliste internationale (UCI) et de l'augmentation du nombre de contrôles inopinés d'avant-Tour. Cette fois, ASO a pris ses distances vis-à-vis de l'UCI dans le droit fil du conflit qui l'oppose depuis quatre ans à la fédération internationale. Comme pour Paris-Nice en mars dernier, elle a demandé l'inscription du Tour au calendrier national qui implique ipso facto le transfert de la responsabilité des contrôles antidopage à l'AFLD.

L'AFLD soutenue

"Nous ne sommes pas le bras armé d'ASO", a déclaré cependant Pierre Bordry qui a précisé avoir rencontré récemment le président de l'UCI, Pat McQuaid, et a ajouté travailler souvent de concert avec la fédération internationale. Mais le président de l'AFLD a reconnu que les informations du passeport sanguin, la grande nouveauté annoncée à l'automne dernier, ne seront pas utilisables pour le Tour de France suite au refus de l'UCI d'en communiquer les éléments pour une course hors de son calendrier.

Pierre Bordry a ajouté que le contrat conclu entre les équipes et ASO - "les trois quarts des équipes ont déjà répondu ", a déclaré Christian Prudhomme - incluait une obligation de localisation. A partir de ces éléments, l'agence française peut pratiquer des contrôles ciblés, elle-même ou par le biais des agences nationales étrangères. "J'ai le soutien direct du président de l'Agence mondiale antidopage (AMA)", a précisé Pierre Bordry.

Prudhommes est confiant

Pendant la course, le dispositif adopté pour Paris-Nice sera mis en place, avec des améliorations de détail pour tenir compte des critiques des coureurs (personnel spécialisé et multilingue...): contrôles sanguins, urinaires mais aussi capillaires -une nouveauté par rapport à l'année passée- dans le cas d'un coureur positif. Pour un nombre "au moins égal (à 2007), et peut-être plus si c'est utile", selon Pierre Bordry.

En cas de résultat positif, les décisions concernant les licenciés français seront prises par la FFC, celles pour les licenciés étrangers par l'Agence française avec extension aux courses à l'étranger. Quant à la possibilité de voir une affaire Ramussen se reproduire, l'éventualité d'une mise en cause en juillet de coureurs ciblés par l'UCI (23 selon la manager antidopage de la fédération internationale), Christian Prudhomme s'est voulu confiant: " J'imagine mal que l'UCI garde pour elle une information de ce genre et ne la communique pas à temps aux gens concernés. Nous ne sommes pas juge et partie. Nous voulons simplement que les gens qui doivent savoir puissent savoir", a conclu le directeur du Tour qui a obtenu, tout comme Jean Pitallier, le soutien explicite des responsables politiques français. "Il n'est pas question de prendre le Tour de France en otage", a déclaré Bernard Laporte qui a regretté que les autorités françaises aient été écartées de la mise en place par l'UCI du passeport sanguin: "On espère renouer le contact."

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