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Chavanel, héros des Ardennes

Chavanel, héros des Ardennes
Par Eurosport

Le 05/07/2010 à 01:14Mis à jour Le 05/07/2010 à 20:43

Dernier rescapé d'une longue échappée, Sylvain Chavanel s'est imposé en solitaire à Spa. Le Français endosse le maillot jaune et sort grand gagnant d'une folle journée. Sous la pluie des Ardennes belges, le Tour a failli basculer. Beaucoup de favoris ont chuté. Les Schleck auraient pu tout perdre.

Quelle journée! On avait beaucoup parlé des risques de bordure dimanche. On n'a cessé d'évoquer les pavés, mardi. Entre les deux, il y avait cette escapade ardennaise. Un mini-Liège. Il ne fallait pas l'oublier. Le tracé, très escarpé dans le final, mais plus encore les conditions météorologiques, ont fait de cette 2e étape une journée marquante. Inoubliable, même, pour Sylvain Chavanel. Parti dans la bonne échappée, le Poitevin est allé au bout de son idée pour s'imposer seul à Spa. Un bonheur ne venant jamais seul, il se retrouve aussi avec le maillot jaune sur le dos, pour la première fois de sa carrière.

Ce maillot, il pourrait le garder un petit moment. Car non seulement Chavanel a gagné, mais il a coupé la ligne avec une marge conséquente, puisque le peloton est arrivé avec près de quatre minutes de retard. Et pour cause. Ledit peloton a totalement escamoté le final, en roulant au pas. Il n'y a même pas eu de sprint pour la deuxième place. Placé sous l'autorité du désormais ex-maillot jaune, Fabian Cancellara, personne n'a bougé une oreille. Tant mieux pour Chavanel. Tant pis pour le public, qui a manifesté son mécontentement en accueillant le peloton par une bordée de sifflets, signe de son incompréhension.

 Les Schleck auraient pu tout perdre

Pourquoi en est-on arrivé là? Parce que le peloton a tenu, d'une certaine manière, à protester après les chutes en série qui se sont produites dans la descente de la côte de Stockeu à une petite trentaine de kilomètres de l'arrivée. Beaucoup de favoris en ont été victimes, notamment les frères Schleck. On a cru qu'Andy, visiblement en souffrance et touché à la clavicule, allait tout perdre. Les deux frangins luxembourgeois ont compté jusqu'à trois minutes de retard sur le premier peloton. Le Tour aurait alors pu basculer. Le peloton avait explosé en plusieurs groupes. Cancellara, Menchov, Martin ou Evans figuraient dans le premier. Armstrong, Contador (qui avaient chuté eux aussi) ou Basso dans un deuxième. Puis le groupe Schleck, flanqués, notamment, de Christophe Le Mével.

Mais un pacte de non-agression a permis à tout ce beau monde de se regrouper quelques kilomètres plus loin. Plus que jamais patron du peloton, Cancellara initiateur de cette pause dans la course, a ensuite négocié directement avec Jean-François Pescheux afin que le sprint du peloton n'ait pas lieu. Pour éviter les chutes, et ne pas pénaliser les sprinters qui n'avaient pu rentrer, comme Alessandro Petacchi. Dans cette histoire, Damiano Cunego et Christian Vandevelde sont les deux grands perdants parmi les coureurs visant le général. Eux n'ont pas pu revenir... Par son attitude, Cancellara a sans doute sauvé les Schleck. Mais il y a perdu son maillot.

Car devant, Sylvain Chavanel a fait sa course jusqu'au bout, lui. Auteur d'une course magnifique, il a complètement ressuscité tout près de l'endroit où il aurait pu tout perdre voilà un peu plus de deux mois. Victime d'une chute dans Liège-Bastogne-Liège fin avril, il a bien failli ne pas courir ce Tour. Remis sur pieds plus vite que prévu, il considérait sa présence au départ de Rotterdam comme une première victoire. Il n'imaginait pas que, 48 heures plus tard, il tiendrait la plus grande joie de sa carrière. Quelle journée, décidément! Pour lui, et pour l'équipe Quick Step, qui peut remercier ses petits Français. Grâce à Chavanel et Jérôme Pineau, également présent dans l'échappée, la troupe de Patrick Lefévère a non seulement gagné sur ses terres, mais elle détient désormais le maillot jaune, le maillot vert et celui à pois.

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