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Les Alpes en douceur?

Les Alpes en douceur?
Par Eurosport

Le 01/07/2010 à 17:06Mis à jour Le 01/07/2010 à 18:09

Suite de notre décryptage du parcours du Tour de France 2010. Gros plan dans ce deuxième volet sur le deuxième tiers de cette 97e édition, marqué notamment par la traversée des Alpes et l'arrivée à Mende. Des Alpes qui paraissent presque gentillettes face aux Pyrénées cette année. Mais attention...

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La montagne arrive. Elle est là, même. Doucement, mais sûrement, avec cette première arrivée au sommet (ou presque, puisqu'il restera en réalité quatre kilomètres de plat après le dernier grimpeur), dans le Jura. Six ascensions vont tout de même rythmer l'étape, dont les trois dernières en 2e catégorie. Rien de très compliqué dans le contexte du Tour de France et les grands favoris attendront sans doute le lendemain et l'arrivée à Morzine pour placer leurs premières banderilles. La montée vers la station des Rousses est très roulante. Seuls les 5 premiers kilomètres présentent une pente relativement sélective. Ensuite, jusqu'au sommet, on ne dépasse plus les 6% de déclivité. Une étape pour une échappée plus que pour les favoris, pour un puncheur davantage que pour un pur grimpeur.

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Après une approche progressive, nous voilà cette fois en haute montagne avec, sans doute, la première grande explication entre les favoris. Pas grand-chose à signaler pendant 130 kilomètres, si ce n'est un parcours propice aux échappées, qui ne devraient pas manquer de se former avant d'entrer dans les 60 derniers kilomètres, où figurent les deux principales ascensions du jour. Le col de la Ramaz (1re catégorie), d'abord, avec plus de 14 kilomètres de montée à près de 7% de moyenne. C'est là que Richard Virenque avait porté l'estocade en 2003, avant de s'imposer à Morzine, où il avait pris le maillot jaune. Il y a toutefois une grosse différence: cette fois, il ne s'agira pas d'arriver dans la vallée, mais bien au sommet de la station de Morzine Avoriaz, un rendez-vous traditionnel du Tour, à l'issue d'une montée finale de 13,6km à 6,1% de moyenne. C'est un premier rendez-vous important, mais probablement pas décisif. L'ultime ascension n'est pas assez dure pour imaginer des écarts très conséquents entre les meilleurs. Mais les favoris vont s'attaquer, ici, au moins dans le final. Ceux qui ne seront pas au top peuvent très vite boire la tasse.

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Les deux grandes étapes des Alpes sont entrecoupées de la première journée de repos. Il faudra veiller aux éventuelles pertes de rythme. Pas d'arrivée au sommet cette fois, mais un grand toboggan entre Morzine et Saint-Jean-de-Maurienne. Cinq ascensions au programme, dont quatre dans la première moitié de l'étape. On retrouvera notamment le col de la Colombière et le col des Saisies, tous deux classés en première catégorie. Ils sont trop loin de l'arrivée et pas assez pentus pour générer une grande explication. En revanche, ça risque de flinguer dans tous les sens pour sortir du peloton du côté des baroudeurs. Pour le général, tout devrait se jouer dans la dernière montée du jour, à la fois la plus longue, la plus dure et la plus prestigieuse, le col de la Madeleine, première difficulté répertoriée en Hors catégorie dans ce Tour 2010. Une pente de 25 kilomètres, assez irrégulière, avec un grand replat au tiers de l'ascension. Les 12 derniers kilomètres sont vraiment terribles, avec 8% de moyenne. Au sommet, il restera une trentaine de kilomètres, de descente puis de vallée, à couvrir pour plonger jusque sur Saint-Jean-de-Maurienne.

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Une journée toujours particulière pour le contingent français. Une victoire le 14 juillet a un retentissement particulier pour les Tricolores. Elle va en tout cas permettre de sortir en douceur des Alpes. Mais attention, sur la route de Gap, il se passe souvent beaucoup de choses. Souvenez-vous de la terrible chute de Joseba Beloki en 2003. Derrière lui, Lance Armstrong avait dû couper à travers champ pour éviter de percuter le Basque. Une des images marquantes de ces 10 dernières années. Geminiani, Nencini, Bernard ou Vinokourov se sont imposés à Gap. Cette année, elle devrait sourire à un attaquant. L'étape est assez courte, et rythmée par trois ascensions. La première, la côte de Laffrey (1re catégorie, 7km mais 9% de moyenne) est aussi la plus dure. Vient ensuite la petite côte des Terrasses (3e cat.) et enfin le col du Noyer (2e catégorie), dont la descente, très sinueuse, est presque aussi redoutée que la montée. Il restera ensuite un bon raidillon, même s'il n'est pas répertorié au GP de la Montagne, avant la plongée finale vers Gap. Laffrey et le Noyer, soit le même programme que pour une des étapes mythiques de l'histoire du Tour, en 1973, quand Luis Ocana avait accompli un exploit majuscule sur la route d'Orcières-Merlettes. Qui saura s'inspirer du grand champion espagnol?

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Le prototype même de l'étape dite de transition. L'occasion de souffler pour les gros bras du classement général? Probablement, oui. C'est aussi typiquement le genre d'étapes qui peut permettre à une échappée de prendre 15 ou 20 minutes si tout le monde a besoin de lever le pied. Tout dépendra de l'état du peloton à la mi-Tour, et notamment de l'envie des équipes de sprinters de cadenasser ou non la course. Ce sera donc tout l'un ou tout l'autre. A l'exception du petit col de Cabre (3e catégorie, à près de 130 kilomètres de l'arrivée), pas grand chose à signaler sur ces routes qui sillonnent les Hautes-Alpes et la Drôme. A noter que Bourg-lès-Valence, commune de 20 000 habitants environ, accueille la Grande Boucle pour la toute première fois.

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Transition classique entre les Alpes et les Pyrénées, l'arrivée à Mende offre un terrain d'attaque intéressant pour patienter avant les Pyrénées. Un terrain particulièrement casse-pattes sur les routes d'Ardèche et de Lozère. Ce n'est pas de la haute montagne, mais la chaleur est souvent irrespirable à la mi-juillet par ici, et cela ajoute à la difficulté du parcours. Après quatre premières ascensions plus ou moins difficiles (trois en 3e catégorie et Sud de Montivernoux en 2e catégorie), les favoris seront très vraisemblablement en ordre groupé au pied de la dernière montée, la côte de la Croix-Neuve, rebaptisée Montée Laurent Jalabert, puisque c'est là que le Mazamétain avait accompli un des grands exploits de sa carrière, en s'imposant le 14 juillet 1995 au terme d'une échappée aussi longue que folle. La montée est brève (3,1 km) mais elle est particulièrement pentue, à 10% de moyenne. Terrible pour les grimpeurs diesel, elle convient à merveille à un coureur explosif comme Alberto Contador. En trois kilomètres, il est possible de faire de petites différences, mais le Tour ne basculera par ici. A moins que quelqu'un ne tente un coup de folie à la Jalabert. Toutefois, vu ce qui attend les ténors dans les Pyrénées, on peut en douter.

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Cette étape, c'est une main tendue aux audacieux. Aux courageux, aussi, car après, les Pyrénées arrivent et occuperont le terrain pendant quatre longues journées. Bien sûr, potentiellement, un sprinter peut gagner à Revel. Tout dépendra de la physionomie de la course. Mais il serait tout de même dommage pour les baroudeurs de ne pas en profiter. Il n'y a quasiment pas de plat et si les difficultés sont raisonnables (5 ascensions mais toutes mineures), elles permettront une course de mouvement. Le final autour du Lac de Saint-Férreol s'annonce superbe. Les équipes qui n'auront pas encore gagné ne manqueront pas de tenter leur chance. C'est la journée idéale pour cela. Après, pour beaucoup, il sera sans doute trop tard...

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