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On prend les mêmes?

On prend les mêmes?
Par Eurosport

Le 03/07/2010 à 01:16Mis à jour Le 03/07/2010 à 10:43

En juillet 2009, Alberto Contador remportait le Tour de France devant Andy Schleck et Lance Armstrong. Un an plus tard, l'Espagnol est à nouveau le grand favori de la Grande Boucle et le Luxembourgeois demeure son principal challenger. Gros plan sur les principaux prétendants.

LA COTE EUROSPORT.FR

5 étoiles: Contador
4 étoiles: A.Schleck
3 étoiles: Armstrong, F.Schleck, Basso
2 étoiles: Kreuziger, Menchov, Wiggins, Evans
1 étoile: Sastre, LLSanchez, Gesink, S.Sanchez, Kloeden, Le Mével, Leipheimer, Rogers, Brajkovic, Vandevelde

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Alberto Contador, c'est un favori à la Miguel Indurain, à la Lance Armstrong. Un favori incontournable. Le problème des gens incontournables, c'est qu'ils bouchent le passage. Pour tous les autres. Les vieux, comme Armstrong, et les jeunes, comme Andy Schleck. Déjà double vainqueur du Tour, L'Espagnol n'a pas encore 28 ans. Il entre peut-être dans ses meilleures années, ce qui a quelque chose d'effrayant pour ses rivaux. Au-dessus du lot quand la route s'élève, le leader d'Astana va bénéficier d'un tracé 2010 particulièrement axé sur la haute montagne. Pour ne rien gâter, il est le seul des favoris à pouvoir rivaliser avec les meilleurs rouleurs. Alors, où et comment le battre? A la régulière, la mission semble presque impossible. Sûr de lui, sûr de sa force, Contador sait où il va. Il a appris à gérer la pression. Son équipe est peut-être moins forte qu'en 2009, mais tellement plus unie autour de lui. Alors, à moins d'une chute ou d'un pépin de santé, il sera extrêmement difficile à battre.

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Il a été si précoce qu'on en oublie qu'il n'a que 25 ans depuis quelques jours. Il concourt encore dans la catégorie meilleur jeune. Pourtant, il est déjà presque le plus grand de tous. Deuxième l'an dernier, Andy Schleck n'a plus qu'une marche à gravir pour passer du maillot blanc au maillot jaune. Ah, si Contador n'existait pas... Le Luxembourgeois a tout ce qu'il faut pour gagner le Tour de France. Du talent, une équipe plus impressionnante que jamais, un grand frère en guise de lieutenant prêt à se sacrifier pour lui... Son principal handicap réside dans sa faiblesse contre le chronomètre, mais la faible part des contre-la-montre cette année ne le dessert pas. Non, son principal problème, c'est Alberto Contador. L'Espagnol est le seul à pouvoir le mettre à mal en haute montagne, et il est beaucoup plus fort que lui dans les chronos. Il lui faudra donc oser et surprendre pour battre son rival. Son début de saison n'a pas été aussi brillant que l'an dernier mais il sait se préparer.

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A bientôt 39 ans, papy Lance est toujours là. Pour la dernière fois, donc, puisque le Texan annoncé que ce Tour de France 2010 mettrait un terme définitif à sa carrière sur la Grande Boucle. Il a gagné haut la main son pari l'année dernière en se hissant sur la troisième marche du podium derrière Contador et Schleck. Il parait difficile d'imaginer qu'avec une année de plus au compteur, il puisse battre ses deux jeunes adversaires, qui lui sont supérieurs en montagne. Il ne manque pas d'atouts cependant. Sa nouvelle équipe RadioShack, n'est pas un repère de jeunots, mais l'expérience est là et l'ensemble est solide. Il s'est rassuré en terminant troisième du Tour du Luxembourg et surtout deuxième du Tour de Suisse. Puis il y a ce sens inouï de la course, toujours précieuse sur le Tour. Il est apparu plus détendu que jamais depuis son arrivée à Rotterdam. Un bon signe. On l'imagine aisément dans le Top 10. Il peut venir titiller le podium si tout se passe bien. Mais le rêve d'un huitième sacre en jaune sur les Champs semble tout de même relever de l'utopie plus que de l'objectif réaliste. Mais avec Armstrong, sait-on jamais. Pour gagner, il devra mettre le feu. En aura-t-il les moyens?

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 Sans doute a-t-il laissé passer la chance de sa vie il y a deux ans. Contador n'était pas là, Armstrong pas encore revenu et son petit frère Andy n'avait pas encore pris le pouvoir chez Saxo. C'était "maintenant ou jamais" et ce sera peut-être jamais. A 30 ans, l'ainé des Schleck est loin d'être cramé. Il est même plutôt fringant et vient de remporter le Tour de Suisse en guise de préparation, avec en prime le titre national au Luxembourg, ce qui fait toujours du bien. Paradoxalement, le fait d'être moins "ciblé" rival numéro de Contador qu'Andy peut le servir. S'il joue habilement le coup avec son frère, il peut tirer les marrons du feu. Mais pour avoir une chance de remporter le Tour, il lui faudra prendre du temps en montagne, car sur le dernier chrono entre Bordeaux et Pauillac, il risque de prendre très cher.

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Cinq ans après, le revoilà. Dauphin de Lance Armstrong lors du dernier sacre de l'Américain, Ivan Basso avait tout de l'héritier désigné. Il aurait pu gagner ce Tour, plusieurs même sans doute. Puis il y a eu l'affaire Puerto, en 2006. Privé (à juste titre) de ses meilleures années sur la Grande Boucle, Basso revient à 32 ans avec une envie de junior et sans pression excessive. En remportant le Giro, le Varésan a déjà réussi sa saison. Intrinsèquement, il a toutes els qualités requises pour briller sur le Tour. Il grimpe, il roule, il a l'expérience, l'endurance et une grosse équipe. Alors? Alors Basso sort d'un Giro absolument éreintant, un des plus durs de ces 30 dernières années. L'an dernier, Menchov et Sastre avaient payé cash leurs efforts de mai. Il parait difficile aujourd'hui de doubler en jouant le coup à fond sur le Giro. Il risque par ailleurs de souffrir en première semaine, sur un terrain qu'il maîtrise mal. Lui qui a tendance à démarrer piano les épreuves par étapes depuis son retour à la compétition devra se mettre tout de suite dedans.

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Sans doute le candidat le plus difficile à cerner. Quand on l'attend, comme l'année dernière, Denis Menchov est aux abonnés absents. Cette fois, après une première moitié de saison assez discrète, personne n'attend vraiment le Russe. C'est peut-être bon signe pour lui, après tout... Sa carrière sur le Tour s'apparente à une succession d'occasions manquées. Son meilleur résultat reste une 3e place au goût d'inachevé, il y a deux ans, après le déclassement de Benhard Kohl. Peut-il faire mieux cette année? Cela parait tout de même compliqué. Intrinsèquement, Menchov demeure un des coureurs les plus complets parmi les prétendants. Il a des arguments et de l'expérience. Mais il devra aussi composer avec l'émergence de Robert Gesink. Le jeune Néerlandais est un leader de remplacement. A la moindre faiblesse de Menchov, il pourra prendre les rênes de l'équipe. Attention à la passation de pouvoir chez Rabo...

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 Une autre étoile montante. Passé de la 13e à la 9e place entre 2008 et 2009, Roman Kreuziger aborde le Tour avec l'intention de grimper quelques marches supplémentaires dans la hiérarchie. Une ambition qui peut paraitre légitime au vu du potentiel du jeune homme. Son printemps a été plus appliqué que réellement brillant, mais il a axé toute sa première partie de saison en pensant au Tour. Il a les moyens de faire mieux qu'en 2009, mais son avenir dans ce Tour dépend aussi du niveau de forme d'Ivan Basso, qui reste jusqu'à preuve du contraire le leader chez Liquigas. Mais si l'occasion se présente, la formation italienne aurait tort de ne pas miser sur sa perle tchèque. Lui ne vient pas pour jouer els seconds couteaux. "Pendant deux ans, j'ai acquis de l'expérience. Maintenant, je veux jouer un rôle majeur sur le Tour", a-t-il prévenu.

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En 2009, Bradley Wiggins fut une révélation tardive mais fulgurante. Lui qui n'avait jamais affiché des qualités de grimpeur ou des aptitudes particulières sur les grands tours a vécu trois semaines de rêve en terminant à la 4e place sur les Champs. Reste à savoir où était l'anomalie. Dans ses résultats de 2006 (123e) et 2007 (abandon avec Cofidis alors qu'il était également dans les profondeurs du classement) ou dans celui de 2009. Bien entouré chez Sky, le Britannique va toutefois devoir montrer que sa performance de l'an dernier n'est pas un "one shot". Le plus dur commence pour lui. Par ailleurs, la faible part des épreuves chronométrées ne l'avantage pas. Mais il a fait cette promesse: "Je serai plus offensif, quitte à terminer 6e, 7e ou même 10e. Je veux me lâcher."

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Cadel Evans est-il encore un homme du Tour de France? A voir. Deuxième en 2007 et en 2008, l'Australien était passé complètement au travers lors de la dernière édition. Depuis, sa carrière a pris une nouvelle dimension avec son titre de champion du monde. Le maillot arc-en-ciel l'a transfiguré. L'éternel placé ne doute plus de rien, comme en témoigne sa superbe victoire dans la flèche Wallonne. Mais ce qui est vrai pour une classique peut-il l'être sur trois semaines au mois de juillet? Evans mise sur sa régularité, son côté polyvalent (il roule bien, le grimpe bien) et sur le soutien indéfectible de l'équipe BMC. Mais à l'instar d'un Basso, il devra avoir digéré les efforts du dernier Giro, qu'il a achevé, de son propre aveu sur les rotules.

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