AFP

Saxo entre rire et larmes

Saxo entre rire et larmes
Par Eurosport

Le 06/07/2010 à 20:52Mis à jour Le 06/07/2010 à 20:59

Sacrée journée pour l'équipe Saxo Bank. Elle est à la fois la principale bénéficiaire et la principale perdante de la traversée des pavés du nord. Elle a récupéré le maillot jaune et permis à Andy Schleck de prendre du temps à ses adversaires. Mais elle a perdu Frank Schleck, contraint à l'abandon.

Un maillot jaune, une belle affaire et un crève-cœur. Saxo Bank en a vu de toutes les couleurs mardi. On le savait, la formation danoise serait à la pointe du combat sur les pavés. Elle l'a été. Au final, elle est à la fois la principale gagnante et la principale perdante du jour. Fabian Cancellara a récupéré le maillot jaune abandonné à Sylvain Chavanel la veille. Andy Schleck, bien aidé par le géant suisse, effectue une affaire en or au classement général. Mais cette opération rondement menée a été fatale à Frank Schleck. Victime d'une chute et d'une fracture de la clavicule, le grand frère d'Andy doit quitter la course.

Dans ce maelstrom d'émotion, les Saxo avaient du mal à faire le tri mardi soir. L'équipe n'a rien à regretter. Elle a appliqué le plan de bataille et celui-ci a fonctionné. En grande partie grâce à Cancellara, l'homme incontournable de ce début de Tour de France. En maître des pavés, le Bernois a joué son rôle de protecteur. Orphelin de Frank, Andy a trouvé l'espace d'une journée un grand frère de substitution. Initialement, il devait plutôt joué le gain de l'étape, mais il s'est adapté au gré des circonstances. "Le plan était que Fabian attaque et qu'il joue la victoire, mais la course en a décidé autrement, explique Bjarne Riis. Fabian a fait ce qu'il avait à faire et il l'a bien fait." Andy confirme: "Fabian a fait un travail fantastique. Il aurait pu gagner, mais il s'est sacrifié." Un sacrifice tout sauf vain puisqu'il récupère le maillot jaune.

Riis: "Frank va nous manquer"

A plus long terme, il y a mieux que la tunique de Cancellara pour Saxo Bank. Il y a le temps gagné par Andy Schleck sur tous ses rivaux, à l'exception de Cadel Evans, arrivé dans le même temps que lui. Dans la course à la victoire finale, le Luxembourgeois a pris plus d'une minute à Alberto Contador, deux à Lance Armstrong et un peu plus encore à d'autres, comme Ivan Basso. Il se retrouve dans une situation idéale au classement avant d'aborder les premières étapes de montagne dans quelques jours. Les 30 secondes de marge qu'il possède désormais sur Contador ne garantissent rien, mais en quittant la Belgique mardi matin, il en avait 40 de retard... "Le prologue s'est très mal passé, je suis tombé trois fois lundi, rappelle-t-il. A la première chute j'ai perdu le vélo, il est tombé dans le ravin, j'ai pris le vélo de Breschel; 300 mètres plus loin je tombe, le vélo casse, j'attends le troisième vélo. Et aujourd'hui (NDLR: mardi) ni chute ni crevaison, c'est le vélo."

La chute de Frank, c'est aussi le vélo. Et c'est bien sûr le gros point noir du jour. L'abandon de l'ancien maillot jaune gâche la fête et ne permet pas aux hommes de Bjarne Riis de savourer pleinement. "Bien sûr, c'est pas mal pour moi, mais perdre Frank...", souffle Andy. Pour la première fois de sa carrière, il va devoir gérer un Tour de France tout seul, sans la présence de son ainé, comme ce fut le cas en 2008 et 2009. Il devra tout assumer. A lui de montrer qu'il a les épaules. "Frank va nous manquer. C'est un coureur très important, mais c'est la course. On ne peut pas revenir en arrière", note simplement Riis. Cancellara, lui aussi, se veut  fataliste. "J'ai un feeling mixte. Il y a eu aussi un travail exceptionnel de l'équipe. Le point négatif, c'est qu'on perd Frank. C'est dommage... On savait que le Tour pouvait se jouer aujourd'hui, que ça pouvait être dangereux. Mais il faut regarder en avant et nous sommes prêts pour ça. C'est le sport. Un jour on gagne, un jour on perd." Mardi, Saxo a gagné et perdu. Le même jour.

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