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Evans, un pas de plus
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Publié 20/07/2011 à 00:59 GMT+2
Si Alberto Contador a dynamité le groupe des favoris sur la route de Gap, l'offensive de l'Espagnol a servi les desseins de Cadel Evans, qui a réussi à le suivre sans broncher. Le leader de BMC continue de courir de façon très juste. Le maillot jaune se rapproche pour l'Australien...
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"Je ne sais pas si quelqu'un a écrit le scenario de ce Tour, mais surtout, qu'il ne se gêne pas, qu'il continue comme ça jusqu'à Paris." John Lelangue avait du mal à dissimuler une énorme banane mardi soir à Gap. Quelques minutes après l'arrivée, sous un soleil presque miraculeux après le déluge qui avait précédé, le manager de l'équipe BMC avait fait ses comptes. Et ils sont bons pour Cadel Evans. C'est même tout bon pour l'Australien, qui a pris du temps à tous ses adversaires, sans exception, lors de la 16e étape. Il poursuit son sans-faute et retrouve cette deuxième place qui lui colle à la peau sur le Tour. Mais cette fois, elle est porteuse d'un immense espoir.
Car personne aujourd'hui n'est mieux placé qu'Evans pour ramener le maillot jaune à Paris. Des huit prétendants au sacre, il est, avec Alberto Contador, le meilleur rouleur du lot. Or il dispose d'un matelas confortable sur l'Espagnol. Près de deux minutes. Et il a été le seul, avec Samuel Sanchez, à pouvoir suivre le tenant du titre lorsqu'il est passé à l'attaque dans le col de Manse. Mieux, il a pris ses distances dans la descente. Bilan, trois secondes grappillées à Contador et Sanchez. Une vingtaine à Voeckler, Frank Schleck et Cunego. Quasiment une minute sur Basso et 1'09" sur Andy Schleck. "C'est vraiment une bonne journée pour moi", pouvait se satisfaire le champion du monde 2009.
Lelangue: "Le Tour peut se jouer tous les jours"
C'est même le moins que l'on puisse dire, vu le bénéfice qu'il a tiré d'une opération qu'il n'a même pas initié. "On n'attendait pas grand-chose mais au final, c'est une belle opération pour nous", sourit John Lelangue. Ainsi va Cadel Evans sur ce Tour. Il n'est pas dans l'action, mais dans la réaction. Et dans ce registre, il est absolument impeccable. "Dès qu'on a vu la bonne attaque de Contador avec Sanchez, on a dit 'Il faut rouler', reprend John Lelangue. C'étaient deux alliés de circonstances, ce ne sont pas nos premiers ennemis. Dans la descente quand j'ai vu qu'il y avait un, deux, trois mètres, on a dit 'On joue le tout pour le tout'", a-t-il ajouté. Bilan des opérations, si Alberto Contador a été le catalyseur de cette fin d'étape, Cadel Evans n'en reste pas moins le principal bénéficiaire.
Parfait dans la première semaine, il a évité toutes les chutes, brillé dans les arrivées en bosse qui lui convenaient (deuxième au Mont des Alouettes, vainqueur à Mûr-de-Bretagne) et a tiré profit du bon chrono des BMC dans le contre-la-montre par équipes. Du coup, aujourd'hui, il peut se permettre de suivre, surtout avec la perspective, alléchante pour lui, du chrono grenoblois. Il continue de craindre un coup de Trafalgar, lui qui a souvent payé un lourd tribut à la malchance sur le Tour. "Cette année, avait-il ironisé à quelques jours du départ vendéen, je n'ai qu'une demande: est-ce que la poisse pourrait me laisser un peu tranquille?" Mais pour l'instant, tout va bien à ce niveau.
Ce qui frappe pour l'instant chez Evans, c'est sa lucidité. Attentif à tout, il essaie de parer à toutes les éventualités. Ce fut encore le cas mardi. "On avait bien analysé la situation, explique Lelangue. On avait vu que cette étape pouvait toujours être décisive. Je le répète, le Tour peut se jouer tous les jours, il n'y a pas d'étape de transition. On savait que dans la descente de La Rochette il y avait peut-être quelque chose à faire pour piéger quelques prétendants au titre". "George (Hincapie) et Burghie (Marcus Burghardt) m'ont mis en bonne position au pied de l'ascension, renchérit Evans. De là, j'ai joué ma carte quand ils (Contador et Sanchez) sont sortis. Je m'attendais plus à ce que ça bouge dans la descente, mais j'étais prêt pour toutes les éventualités." Mardi, il devra sans doute se préparer à répondre à de nouvelles offensives. Qu'elles viennent de Contador, des Schleck, ou d'ailleurs. Car aujourd'hui, sans avoir l'air d'y toucher, Evans est tout simplement l'homme à battre, le point de référence du classement général. A défaut d'en être le leader. Une simple question de temps?
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