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Comme des chefs

Comme des chefs
Par Eurosport

Le 24/07/2011 à 00:56Mis à jour Le 24/07/2011 à 01:43

Au terme d'un exercice qui ne leur était a priori pas favorable, Thomas Voeckler et Pierre Rolland ont puisé dans leurs réserves pour relever le défi du chrono. Le premier termine au pied du podium, le second meilleur jeune et 11e du général. Un tour de force réussi par les duettistes d'Europcar.

"Globalement, ce Tour est formidable". Nul doute que Jean-René Bernaudeau ne pensait pas vivre pareille émotion à la veille de l'arrivée du Tour de France 2011. Et nul doute aussi que, si on leur avait dit ça il y a 10 mois, les partenaires qui ont tergiversé avant de délaisser le Vendéen auraient signé tout de suite. Europcar a su saisir sa chance et ne doit pas regretter d'avoir sauter dans ses roues. Du vert, on en aura vu pendant trois semaines, de la première attaque de Perrig Quemeneur dès le premier kilomètre de l'édition 2011, au point levé de Pierre Rolland au sommet de L'Alpe d'Huez. Du vert allié de jaune pour Voeckler ou de blanc pour ce même Rolland. "Ma dose de plaisir a largement compensé la dose d'emmerdes que j'ai eues à un moment donné !", clame à qui veut l'entendre un manager sportif radieux.

Voeckler, meilleur Français depuis 11 ans

Il aurait été dommage qu'une si belle épopée se termine mal. Samedi à Grenoble, il restait cependant trois objectifs au Team Europcar pour ponctuer de la meilleure des manières son mois de juillet: la 4e place de Voeckler, le Top 10 et le maillot blanc pour Rolland. Mais dans un exercice où les deux fers de lance de l'équipe n'excellent guère..."J'ai tout donné, mais on savait que c'était perdu. C'est hier (ndlr: à l'Alpe d'Huez) que j'ai perdu le podium du Tour, pas aujourd'hui. Bien sûr, je caressais le rêve mais, justement, c'est un rêve et ça veut dire que c'est inaccessible", admet l'ancien porteur du maillot jaune. La quête était belle, mais l'étoile inaccessible. Lancé dans une folle chevauchée, l'Alsacien, porté par le public en délire, a sorti le chrono de sa vie. Ti-Blanc pulvérise de deux minutes son temps du Dauphiné, réalisé sur ce même tracé, mais dans un contexte certes tout autre.

Sa dernière journée fut à l'image de son Tour, Voeckler n'a pas fait d'économie. "Plus tard quand j'aurais 50 ans, je regarderai les coureurs passer et je me dirai que j'ai fait 4e au général, et c'est pas mal quand même", confie le meilleur Français sur le Tour depuis Christophe Moreau en 2000. Mais il admet qu'il est content d'apercevoir Paris. "Physiquement, ça ne va pas trop mal. Mais dans la tête, je suis à bout. Toutes les sollicitations, la pression, le public qui est toujours derrière moi, ça fait plaisir, mais c'est lourd à porter." Et son statut de coureur populaire et préféré des Français ne risque pas de s'envoler.

"On n'a pas la meilleure équipe du monde"

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Certes, il laisse sa place dans le Top 10 à Jean-Christophe Péraud, mais il a gagné son duel à distance avec Rein Taaramae (Cofidis) au prix d'un chrono énorme pour lui (21e, 1'57" de mieux que sur le Dauphiné). "A la fin, ma radio était débranchée, je ne savais plus les écarts. J'y suis allé à fond", explique-t-il. La seule victoire d'étape des représentants français, le maillot jaune pendant 10 jours et le maillot blanc: Europcar est LA formation tricolore de ce Tour, même si elle terminera juste derrière AG2R au classement par équipes (4e). "Le bilan de ce Tour est génial, analyse Voeckler. L'objectif avant le Tour, c'était de ne pas avoir de regret à Paris. Sur le papier, on n'a pas la meilleure équipe du monde. Mais on s'est battu comme des chefs pendant trois semaines et les gars ont super bien assuré la course." Une belle récompense pour Bernaudeau qui a toujours cru en son équipe et en sa bonne étoile, son porte-bonheur Thomas Voeckler.

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