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Evans fait le mur

Evans fait le mur
Par Eurosport

Le 05/07/2011 à 12:19Mis à jour Le 05/07/2011 à 18:02

Dauphin de Philippe Gilbert au Mont des Alouettes, Cadel Evans a remporté la 4e étape du Tour de France mardi à Mûr-de-Bretagne. L'Australien a devancé d'un souffle un Alberto Contador offensif, qui a repris 8 secondes à Andy Schleck. Thor Hushovd s'est accroché pour conserver son maillot jaune.

Cadel Evans sait aussi surprendre. Mardi matin, à Lorient, l'Australien faisait figure de grand favori pour endosser le maillot jaune à mûr-de-Bretagne. Sa minuscule seconde de retard sur Thor Hushovd ne semblait pas devoir résister au mur de Mûr, avec son kilomètre à 10% de moyenne. En revanche, pour le gain de l'étape, on ne voyait pas qui pourrait battre Philippe Gilbert, véritable épouvantail. Résultat, Evans a fait tout l'inverse. Il s'est imposé avec brio au sommet de cette difficulté classé en troisième catégorie, mais il n'a pu décrocher Hushovd, qui portera donc la toison dorée un troisième jour consécutif mercredi.

Evans a bien failli ne rien avoir du tout, car sa victoire a vraiment tenu à un fil. Sur la ligne, le leader de l'équipe BMC n'a conservé qu'un boyau de marge sur Alberto Contador. L'Espagnol a répondu à tous ceux qui pouvaient mettre en doute sa motivation sur ce Tour. Au plus fort de la pente, à 1500 mètres de l'arrivée, là où la déclivité flirte avec les 15%, c'est lui qui a déclenché les hostilités. Son démarrage a fait mal à tout le peloton, au moins autant que la pente. Contador peut simplement regretter d'avoir produit son effort un tout petit peu trop tard dans le sprint. Il a cru gagner et a d'ailleurs levé le bras juste après la ligne. Mais la photo ne laisse aucun doute, il lui a manqué quelques mètres pour coiffer Evans.

Pas de cadeau pour Gilbert

Mais ce final a démontré qu'il faudrait compter avec lui. Suite à l'accélération du tenant du titre, beaucoup de coureurs ont cédé. Pas des moindres. Ils ne sont d'ailleurs que 10 à avoir fini dans le même temps. Parmi eux, Alexandre Vinokourov, Samuel Sanchez, Jurgen Van den Broeck, Andreas Klöden ou Frank Schleck. Mais pas Andy. Le Luxembourgeois a coincé sur l'attaque de Contador. Il a concédé huit secondes à son grand rival. Ce n'est évidemment pas grand chose, surtout après les 98 secondes prises à Contador le premier week-end. Mais psychologiquement, Contador avait besoin de reprendre l'initiative au cours de cette première bagarre directe entre les favoris. C'est fait. Le Tour est encore long et chaque jour détient sa part de vérité. Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas toujours sur la grande Boucle...

C'est vrai pour Contador, mais aussi pour Philippe Gilbert. Archi-favori, le Belge a fait rouler son équipe Omega toute l'après-midi, sous la pluie battante, derrière l'échappée. Celle-ci, composée de cinq coureurs (Jérémy Roy, Blel Kadri, Gorka Izagirre, Johnny Hoogerland et Imanol Erviti) a cru presque jusqu'au bout qu'elle pourrait résister. Elle a finalement été avalée à moins de quatre kilomètres de l'arrivée, juste avant le pied du raidillon final. On croyait alors le dénouement inéluctable: une démonstration de Gilbert, comme au Mont des Alouettes. Le jour de son 29e anniversaire, c'était cousu de fil blanc. Mais le champion de Belgique n'a jamais pu placer son démarrage. Curieusement, il a même roulé derrière Jurgen Van den Broeck dans le dernier kilomètre avant de se contenter de la 4e place... Peut-être a-t-il eu peur de Thor Hushovd, toujours là. Le Norvégien s'est superbement accroché pour sauver sa seconde d'avance au général. Pour lui aussi, c'est une forme de victoire. D'Evans à Hushovd en passant par Contador, chacun a gagné à sa manière mardi. Pas toujours celle qu'on attendait...

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