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Garmin, mention très bien

Garmin, mention très bien
Par Eurosport

Le 28/07/2011 à 01:21Mis à jour Le 28/07/2011 à 14:30

Suite et fin de notre bilan du 98e Tour de France. Nous terminons avec les (très) bons élèves de cette promotion 2011. Difficile de départager HTC, BMC, Leopard, Europcar, Omega et Garmin, qui ont tous de gros motifs de satisfaction. Mais pour nous, la formation numéro un, c'est Garmin-Cervelo.

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Un peu à l'image de ce qui s'est produit chez Sky, l'équipe Omega-Pharma-Lotto a été vite privée de son leader. Contraint d'abandonner dans la descente du Pas de Peyrol après une chute, Jurgen Van den Broeck était convaincu de pouvoir briguer le podium et il n'y a aucune raison de ne pas le croire. Mais Omega possédait une des équipes les plus complètes de ce Tour et, même sans son atout numéro un, elle présente un bilan remarquable. Trois étapes remportées, dans trois registres différents: en bosse avec Philippe Gilbert, au sprint avec Andre Greipel et en haute montagne avec Jelle Vanendert, vainqueur au Plateau de Beille. Omega a porté le jaune, le vert et les pois. Gilbert finit 3e du classement par points et Greipel 7e. Vanendert n'a cédé le titre de meilleur grimpeur qu'à l'Alpe d'Huez, sur le dernier col du Tour. Alors, bien sûr, la formation belge apparait seulement au 20e rang au classement par équipes, mais ce n'était plus son objectif.

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dpa

Une des équipes les plus difficiles à juger, tant elle a reposé sur les performances d'un homme. Son bilan est à la fois exceptionnel et monolithique. Intrinsèquement, une formation qui boucle le Tour avec 6 victoires d'étapes (certaines équipes n'atteignent pas ce total en 15 ans) et un maillot distinctif mériterait presque la note maximale. Mais HTC doit beaucoup à Mark Cavendish. Toutefois, à l'exception peut-être de sa victoire à Cap Fréhel, où s'était débrouillé tout seul, le Mannois a aussi bénéficié du travail de toute son équipe, si précieuse dans les derniers kilomètres. Il termine avec cinq victoires, sa moyenne depuis quatre ans, et surtout, le maillot vert, pour la première fois. Tony Martin a apporté sa pièce à l'édifice en remportant le contre-la-montre de Grenoble. Reste qu'on attendait beaucoup mieux des HTC au classement général. Tony Martin n'a pas existé (peut-être a-t-il trop travaillé pour Cavendish), et Peter Velits, même s'il a bien fini, a un peu déçu en terminant 19e. Voir ce groupe finir à l'avant-dernière place du classement par équipes est décevant.

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Reuters

Entièrement axée autour de Cadel Evans, la formation de John Lelangue a atteint son objectif en ramenant le maillot jaune à Paris. Une consécration pour l'Australien comme pour le Team BMC. Cela dit, si Evans a été omniprésent d'un bout à l'autre de ce Tour (de sa deuxième place au Mont des Alouettes à sa deuxième place dans le chrono de Grenoble en passant par sa victoire à Mûr-de-Bretagne et sa grande régularité en haute montagne), le rôle joué par son équipe dans sa conquête du maillot jaune est resté relativement marginal. Certes, il a trouvé du soutien dans certains moments importants, notamment lors du chrono par équipes, déterminant pour le placer idéalement au généal. Mais, globalement, en montagne, il s'est souvent retrouvé isolé et c'est lui qui a sauvé son Tour tout seul dans le Galibier lorsque Andy Schleck menaçait de faire basculer le Tour. La vraie bonne idée d'Evans dans ce Tour, finalement, c'est de n'avoir pris le maillot jaune qu'à la veille de l'arrivée. Sans quoi on peut se demander si BMC aurait eu les moyens de contrôler la course… Le deuxième BMC au général, Steve Morabito, finit 49e et, même avec le vainqueur du Tour en son sein, BMC n'occupe que le 14e rang au classement par équipes.

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Certes, le résultat des frères Schleck laisse réellement un goût d'inachevé. Surtout celui d'Andy, qui, comme l'an dernier, semblait avoir les moyens de s'imposer. Néanmoins, pour son premier Tour de France, l'équipe Leopard Trek obtient un résultat d'ensemble plus que satisfaisant et elle doit cette réussite aux frangins luxembourgeois. Placer deux de ses coureurs sur le podium, ce n'est pas si fréquent. Andy a obtenu une victoire d'étape, et pas n'importe laquelle, au sommet du Galibier. Il a aussi porté le maillot jaune, une petite journée. Ajoutez à cela la deuxième place du classement par équipes et vous obtiendrez un excellent bilan. Mais il aurait pu être encore meilleur, si Andy… En dehors des frères Schleck, plus de déceptions que de satisfactions. Maxime Monfort et Jens Voigt ont été les équipiers les plus précieux et les plus actifs, mais Jakob Fuglsang n'a pas eu l'apport escompté en montagne. Idem pour Linus Gerdemann. Fabian Cancellara, lui, a vécu son moins bon Tour depuis longtemps: c'est la première fois depuis 2005 qu'il ne gagne pas d'étape.

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Dix jours en jaune (soit quasiment autant que les 5 autres équipes réunies sur cette page...), une quatrième place au général sur les Champs, le maillot blanc de Pierre Rolland et un succès de prestige au sommet de l'Alpe d'Huez : Europcar n'a pas chômé sur la Grande Boucle. Finies les échappées au long cours, Bernaudeau et ses hommes ont changé leur fusil d'épaule pour s'adapter aux circonstances de course et se comporter comme un véritable équipe de cadors du général. Le team vendéen a fait preuve d'une efficace cohésion collective pour permettre à Thomas Voeckler de conserver sa tunique bien au-delà des Pyrénées. Certains ricanaient à l'idée de voir les Europcar gérer le maillot jaune. Les sarcasmes se sont vite tus. Voeckler a été à la hauteur en haute montagne, tutoyant les meilleurs. Et que dire de son fidèle lieutenant, Pierre Rolland, royal au sommet des 21 lacets de l'Alpe d'Huez. A l'exception des frères Schleck, le duo Voeckler-Rolland était le plus fort en montagne, quand la plupart des ténors étaient isolés. Et dire que le leader au départ, Christophe Kern, a mis pied à terre dès la première semaine... Même dans ses rêves les plus fous, Bernaudeau n'aurait pas imaginé un tel triomphe. Si Voeckler n'avait pas lâche le podium qui lui tendait les bras, le bonheur aurait été total.

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dpa

Voilà, pour nous, la meilleure équipe de ce Tour de France 2011. Chacun, selon ses critères, pourra préférer telle ou telle autre. Mais Garmin-Cervelo a répondu présent sur absolument tous les terrains. Elle est la seule dans ce cas. Quatre étapes gagnées, d'abord. Seul HTC a fait mieux, mais le tableau de chasse de sa rivale américaine est plus éclectique, avec le succès dans le contre-la-montre par équipes (objectif très important pour Garmin), une victoire au sprint (Farrar), et deux en montagne grâce à Thor Hushovd ! Garmin n'avait encore jamais connu le succès sur la Grande Boucle, mais ça valait le coup d'attendre. Et ce n'est pas tout. L'équipe de Jonathan Vaughters a également porté le maillot jaune une semaine durant, toujours par l'intermédiaire d'Hushovd. Seul Europcar a eu plus longtemps les honneurs de la précieuse tunique. Par ailleurs, malgré l'absence d'un leader incontournable, Garmin-Cervelo a placé un coureur dans le Top 10 (Tom Danielson) et trois dans le Top 20 (avec Ryder Hesjedal et Christian Vandevelde). Là encore, elle est la seule dans ce cas. Résultat, la victoire au classement par équipes lui revient logiquement. C'est un Tour au presque-parfait qu'ont vécu les Garmin.

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