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Gilbert, l'extra-terrestre

Gilbert, l'extra-terrestre
Par Eurosport

Le 02/07/2011 à 19:58Mis à jour Le 03/07/2011 à 09:48

Grandissime favori de cette étape inaugurale, Philippe Gilbert n'a pas raté son retour sur le Tour de France. Parfaitement épaulé par ses coéquipiers, le champion de Belgique a fait parler sa puissance pour signer, au sommet du Mont des Alouettes, sa première victoire d'étape sur la Grande Boucle.

Il est revenu, il a revu et il a vaincu. Trois ans après sa dernière apparition sur la Grande Boucle, Philippe Gilbert n'a pas manqué de confirmer son nouveau statut de patron du peloton. Désigné comme l'ultra favori de cette première étape du Tour 2011, taillée sur mesure pour ses qualités de puncheur, le tout nouveau champion de Belgique s'est adjugé sa première victoire sur la route du Tour avec une facilité déconcertante. "Nous avions repéré le final vendredi et Philippe nous avait fait part de sa confiance", expliquait a posteriori son coéquipier Frederik Willems.

Deuxième en haut de la côte de Cadoudal en 2008 pour sa dernière apparition sur le Tour, Philippe Gilbert a confirmé, trois ans après, qu'il n'avait plus qu'une lointaine filiation avec le coureur qu'il était alors, devancé par Alejandro Valverde. Le Wallon, pour son grand retour sur la plus grande course du monde, a démontré une nouvelle fois que sa confiance en lui, sa science de la course et ses qualités physiques lui permettent désormais de dominer ses adversaires de la tête et des épaules sur ce type d'arrivée accidentée. "Je n'avais jamais vécu des choses comme ça sur le Tour de France", a-t-il témoigné à l'arrivée avec l'enthousiasme de celui qui se sait presque imbattable dans des bosses comme celle du Mont des Alouettes.

Contrat déjà rempli

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Fidèle au rendez-vous en signant son 13e succès de la saison 2011, Philippe Gilbert doit, entre autres, cette première victoire sur le Tour à son incroyable capacité à supporter un niveau d'intensité maximal plus longtemps que ses adversaires. La montée ultra rapide vers le Mont des Alouettes a ainsi largement servi ses desseins. Sa capacité à maintenir son effort en dette d'oxygène, doublée de sa rare explosivité, lui confère un avantage déterminant sur les autres coureurs du peloton.

En somme, c'est bien parce qu'il sait se faire mal, qu'il parvient à aller plus loin dans la souffrance et à se mettre minable quand tout le monde est déjà à bloc, que Philippe Gilbert domine aussi outrageusement ses adversaires. "Quand Cancellara a démarré, je n'ai pas hésité. Je savais qu'il tenterait quelque chose dans le final et j'avais prévu de réagir quand il démarrerait. Du coup, ça m'a fait un sprint de 500 mètres. Environ 40 secondes. C'est très long. Ce n'est pas la norme. Mais ça vaut tellement la peine que je suis passé outre la douleur. A la fin, on voit que je pousse un gros développement. Je ne pouvais plus me rasseoir parce qu'une fois qu'on a changé de position, on a une poussé d'acide lactique et on ne peut plus se rasseoir. Il faut aller au bout, il n'y a pas le choix", expliquait-il sitôt la ligne franchie, lucide sur son incroyable force.

"La classe absolue"

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Vainqueur attendu de cette première étape le jour du 22e anniversaire de sa compagne Patricia, Philippe Gilbert apprécierait de remettre le couvert mardi à Mûr-de-Bretagne pour souffler dignement sa 29e bougie. Sur une arrivée qui conviendra encore davantage à ses caractéristiques, le champion de Belgique aura une nouvelle occasion de ne pas regretter son retour sur la Grande Boucle. Suscitant déjà l'admiration de la majorité de ses pairs depuis son printemps cannibalesque, Philippe Gilbert a même reçu les louanges de Mark Cavendish pourtant peu enclin à témoigner sa sympathie. Sur Twitter, la bombe de l'Ile de Man s'est ainsi fendu d'un commentaire que l'intéressé appréciera à sa juste valeur: "Gilbert est tout simplement dans une autre catégorie. C'est la classe absolue."

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