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Rui Costa par K.-O.

Rui Costa par K.-O.
Par Eurosport

Le 09/07/2011 à 19:19Mis à jour Le 09/07/2011 à 19:38

Coureur de talent, le Portugais Alberto Rui Costa, 24 ans, a été récompensé de sa combativité et de son sens tactique. Vainqueur à Super-Besse, le coureur de l'équipe Movistar a signé le plus beau succès de sa carrière tout en se rachetant une réputation sérieusement entachée sur le dernier Tour.

Le grand public connaissait déjà Alberto Rui Costa même si beaucoup se demandaient si le Portugais n'avait pas raté une vocation de boxeur. L'an dernier, le protégé d'Eusebio Unzue s'était en effet mis en lumière en se livrant à un véritable pugilat avec l'Espagnol Carlos Barredo à l'arrivée de l'étape de Gueugnon (voir la vidéo plus bas). Après s'être touchés et insultés à plusieurs reprises dans le final, les deux Ibères en étaient carrément venus aux mains juste après la ligne. Séparés par leurs assistants respectifs, ils s'excusèrent juste après mais le mal était fait. Au delà de l'amende de 300 € dont ils écopèrent alors, c'est la vidéo de la bagarre qui fit le buzz immédiatement sur Internet et qui donna aux deux impulsifs l'image de mauvais garçons. "Ce n'était pas joli du tout mais depuis nous sommes bons amis", se souvient Rui Costa.

Un an jour pour jour après ce fait d'armes peu glorieux, le Portugais a su redorer son blason. A Super-Besse, il a surtout rajouté une belle ligne à son palmarès. "C'est ma victoire la plus importante", expliquait-t-il, enthousiaste juste après avoir pointé ses deux index vers le ciel. "Je tiens à dédier ce succès à ceux qui m'ont soutenu et, en particulier, mes coéquipiers Xavier Tondo qui est mort cette année et Mauricio Soler qui est toujours à l'hôpital." Emu en rendant hommage au puncheur espagnol, décédé en mai dernier dans un accident domestique, et à l'ancien meilleur grimpeur du Tour en phase de reconstruction après sa grave chute dans le Tour de Suisse, Rui Costa présente un visage qui tranche avec le bagarreur de l'an dernier.

"J'ai bien géré"

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Très intelligent dans cette phase de course, Rui Costa a laissé Riblon et Van Garderen s'époumoner dans des tentatives maladroites vouées à l'échec. Laissant ses compagnons de route se courir les uns sur les autres, il a alors économisé ses forces avant de placer une attaque imparable au pied de la montée vers Super-Besse: " J'ai jaugé la force de mes adversaires et j'ai décidé d'y aller à 5 kilomètres, je me sentais le plus fort." Connu pour sa polyvalence, ses qualités de rouleur et son aptitude à bien récupérer depuis sa 3e place dans le championnat du monde espoir du contre-la-montre en 2008 et sa 2e place sur le Tour de l'Avenir 2009, Rui Costa a ensuite su résister au retour de ses poursuivants. "Quand j'ai vu l'écart sur Vinokourov au dernier kilomètre, je me suis dit que ce serait compliqué mais j'ai bien géré mes forces", conclut-il en donnant l'impression de n'avoir jamais tremblé dans l'ascension vers Super-Besse. Une victoire sereine pour un garçon finalement plus doué pour la petite reine que pour le noble art.

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