LA COTE

5 étoiles: Robert Gesink
4 étoiles: -
3 étoiles: Roman Kreuziger
2 étoiles: Bauke Mollema, Jerome Coppel, Tejay Van Garderen, Rigoberto Uran, Rein Taaramae, Benat Intxausti
1 étoile: Pierre Rolland, Cyril Gautier, Gorka Izagirre, Rui Faria Da Costa, Wouter Poels, Maxime Bouet, Blel Kadri, Arnold Jeannesson, Edvald Boasson Hagen, Geraint Thomas, Kristjan Koren, Adriano Malori, Egor Silin, Tony Gallopin, Ramunas Navardauskas

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Le chat n'est plus là, les souris vont pourvoir recommencer à danser. Depuis trois ans, Andy Schleck était devenu incontournable dans la course au maillot blanc. Mais le problème des gens incontournables, c'est qu'ils bouchent le passage. Le prodige luxembourgeois, par sa précocité, a donc tué tout suspense pour le classement du meilleur jeune entre 2008 et 2010. Si près du maillot jaune, dont seul Alberto Contador a pu le priver lors des deux dernières éditions, Andy a survolé un classement qui, au fond, ne l'intéressait même plus. Seul triple maillot blanc de l'histoire avec Jan Ullrich, le cadet des Schleck a désormais tourné la page de la jeunesse, au moins au regard du règlement du Tour de France.

Le changement de catégorie d'âge d'Andy Schleck ouvre donc la question de sa succession. Un nom semble s'imposer presque comme une évidence, presque autant que celui de Schleck l'était voilà 12 mois. Ce nom, c'est celui de Robert Gesink. De tous les coureurs nés après le 1er janvier 1986 qui sont présents au départ du Tour, le Néerlandais est le seul, avec Roman Kreuziger, à posséder des références sérieuses dans les grands tours. Lors des trois dernières saisons, il a terminé trois fois dans les 10 premiers. Deux fois sur la Vuelta (7e en 2008, 6e en 2009) et une fois sur le Tour de France (6e en 2010). Un peu comme Andy Schleck, il ne vient donc pas sur la Grande Boucle avec le maillot blanc pour objectif. "Mais si je suis au niveau où j'espère être, c'est-à-dire près du podium, le maillot blanc devrait suivre", confiait Gesink lors du Dauphiné.

Coppel leader mais...

Il y a trois bonnes raisons de faire de Robert Gesink le grandissime favori de cette catégorie. Le parcours, d'abord, très montagneux. Le Néerlandais est avant tout un grimpeur et cette année, le tracé favorise davantage les grimpeurs que les rouleurs, c'est le moins qu'on puisse dire. Son statut ensuite. Il est un des rares jeunes à s'avancer comme l'incontestable leader de son équipe. Le départ de Denis Menchov a clairement installé Gesink comme le taulier chez Rabobank. Il va donc avoir une équipe entièrement à son service, ce qui n'était pas le cas lors du Tour 2010 par exemple. Enfin, il s'est préparé spécifiquement pour le Tour. On ne l'a pas vu sur le Giro et lors du Dauphiné, il est apparu chaque jour en progrès mais il était évident qu'il avait utilisé le Critérium comme un entraînement grandeur nature afin d'être au top le mois de juillet venu.

Fort de tous ces éléments, et en admettant qu'il soit au moins au niveau qui était le sien lors de la précédente édition, Robert Gesink a donc tout pour lui. Intrinsèquement, Roman Kreuziger avait probablement les moyens de rivaliser avec le Néerlandais. Lui aussi a déjà montré de quoi il était capable sur les grands tours. Mais il a deux problèmes. Il doit en premier lieu composer avec Alexandre Vinokourov. Si le Kazakh ne vise pas forcément le classement général à Paris, il a des ambitions et Astana, c'est lui avant d'être Kreuziger. Ensuite, le Tchèque a couru le Giro au mois de mai, où il a laissé pas mal de forces. Trop, probablement, pour viser un Top 5 à Paris. Or le maillot blanc pourrait se jouer à ce niveau si Gesink répond aux attentes. Bref, malgré son talent, on voit mal Kreuziger dominer Gesink à la régulière.

Crédit: Imago

Derrière cet archi-favori et cet outsider logique, le niveau descend ensuite d'un cran. On y trouve du talent, mais pas forcément des coureurs encore totalement aboutis. Certains jouissent d'un rôle de leader, comme Jérôme Coppel chez Saur-Sojasun, mais sans posséder le vécu de Gesink ou Kreuziger. D'autres doivent d'abord travailler pour leur leader, ce qui freinera forcément leurs ambitions. On pense à Rigoberto Uran (Sky, pour Bradley Wiggins), Bauke Mollema (pour Gesink chez Rabobank justement) ou Tejay Van Garderen (HTC, où Tony Martin voire Velits sont probablement devant lui dans la hiérarchie). Certains, enfin, ont du talent et le profil pour briller sur ce parcours, à l'image de Benat Intxausti (Movistar), mais ils découvrent le Tour. Tous ceux-là ont le potentiel pour entrer dans les 20 premiers à Paris, mais s'il n'arrive rien à Robert Gesink, ils pourraient avoir du mal à briguer la succession d'Andy Schleck.

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