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Cannibale, Chéri-pipi, Wookie, Andy torticolis… le Top 20 des surnoms mythiques du cyclisme

Cannibale, Wookie, Chéri-pipi, Andy torticolis… le Top 20 des surnoms mythiques du cyclisme

Le 22/07/2015 à 13:52Mis à jour Le 24/07/2015 à 10:16

TOUR DE FRANCE 2015 - Que serait le champion cycliste sans son emblématique surnom ? A coup sûr, il lui manquerait quelque chose. Nous en avons choisi ici une vingtaine. Choix très subjectifs, évidemment. Certains sont très connus, d'autres beaucoup moins. Mais tous ont une histoire savoureuse.

20. Philippe Thys – Le basset

Le premier triple vainqueur du Tour de France a eu un surnom… de chien. Parce que, comme le basset, il était court sur pattes, et, en prime, bas sur sa machine.

19. Antonin Magne – Tonin le sage

Le complément parfait de Dédé Leducq, flamboyant et populaire qui, comme lui, a remporté deux Tours dans les années 30. Magne, lui, était Tonin le sage, ou Tonin le taciturne. Travailleur, méticuleux, accroché à ses principes, celui qui fut aussi directeur sportif de Poulidor répétait sans cesse : "la gloire n'est jamais où la vertu n'est pas."

18. Laurent Jalabert – Le Panda

Avec ses yeux un peu tristes et ses gros sourcils bien noirs, c'est vrai que Jaja avait un peu une tête de panda. Même si, aujourd'hui, par son refus de porter un regard lucide sur les années EPO et son comportement durant cette période, il serait plutôt devenu l'autruche.

Laurent Jalabert, aka Le Panda

Laurent Jalabert, aka Le PandaEurosport

17. Edouard Fachleitener – Le Berger de Manosque

Parce qu'il était berger, et qu'il venait de Manosque. Aussi simple que ça. Voilà. Puis, le "Berger de Manosque", on fait difficilement plus poétique, non ?

16. Gastone Nencini – Faccia di fatica

Le visage fatigué. Vainqueur du Tour 1960, Gastone Nencini avait souvent la mine triste, et souriait peu.

15. Francesco Moser – Le Sheriff

Dans un peloton, il y a des types discrets, puis il y a ceux qui en imposent, qui font la loi. Moser était de ceux-là. Il était "Le Sheriff". On le respectait et le redoutait, même.

14. Marco Pantani – L'Elefantino

Oui, il était aussi "Le Pirate". Mais c'était un personnage, une création. On lui préfère le surnom de ses débuts, le petit éléphant, avec ses oreilles décollées. Elefantino, c'est le nom de Dumbo en italien.

Marco Pantani

Marco PantaniImago

13. Marino Lejarretta – El Junco de Berriz

Berriz, c'est le village du vainqueur de la Vuelta 1982. El Junco, c'est le roseau. Quand il grimpait les cols, Lejarreta penchait comme un roseau courbé par le vent. Et comme le roseau, Marino pliait mais ne rompait jamais dans les cols. C'est beau, non ?

12. Bernard Hinault – Le Blaireau

Pas vraiment un compliment, d’être traité de blaireau. A l'origine, Hinault détestait d'ailleurs ce surnom, dont Pierre Chany l'affubla. Puis il a compris que son caractère ressemblait comme deux gouttes d'eau à cet animal qui, dixit Hinault, "mord quand il sort et rentre dans son trou quand on l'emmerde." Alors il est devenu pour de bon le Blaireau, et plus personne n'a rigolé.

11. Auguste Mallet – Trompe la mort

Le coureur maudit des années 30-40, victime de multiples chutes toutes plus terrifiantes les unes que les autres aux conséquences dramatiques (éventration, fracture du crâne, coma…). Mais Auguste Mallet s'en relevait toujours. Il trompait la mort. Jusqu'à ce qu'elle le rattrape en 1946, après... une chute à vélo. Il avait 33 ans.

10. Charles Pélissier – Valentino

Peut-être le coureur le plus populaire de toute l'histoire du Tour. Oui, plus encore que Poulidor. Charles Pélissier, roi du sprint et frangin de Francois et Henri (vainqueur du Tour 1923) fut une légende vivante. Beau gosse, véritable dandy, il soignait son apparence. C'est pourquoi il fut surnommé "Valentino", en référence à Rudolph Valentino. Il aimait la gomina… et les gants blancs. Charlot était aussi souvent appelé "Brummel", en référence au pionnier du dandysme.

Charles Pélissier

Charles PélissierAFP

9. Fabian Cancellara – Spartacus

Parmi les stars de l'actuel peloton, un des rares surnoms avec une vraie force d'évocation. Le Requin de Messine, pourquoi pas. El Pistolero, bof. Mais Spartacus, pour Cancellara, c'est tellement parfait. Avec son allure, le Bernois est effectivement ce qui se rapproche le plus d'un gladiateur à deux roues. Et le fait qu'il ait construit l'essentiel de son palmarès sur les terribles pavés du nord et sur les rugueux monts flandriens ajoute à l'évocation. On n'imagine pas un grimpeur baptisé Spartacus. Cancellara l'a vite adopté. "Je ne suis pas le Lion des Flandres (fameux surnom de l'immense Fiorenzo Magni) mais le Spartacus des Flandres", a-t-il lancé en 2014 après sa 3e victoire sur le Ronde.

Fabian Cancallara, alias Spartacus

Fabian Cancallara, alias SpartacusEurosport

8. Hugo Koblet – Le pédaleur de charme

Un surnom qui fleure bon les années 50 mais il faut bien admettre que le "Pédaleur de charme", formule trouvée par le chansonnier Jacques Grello, alors chroniqueur dans L'Equipe, sied mieux à Koblet qu'un portrait de 5000 signes. Sur le vélo, Koblet (alias "Bel Hugo") était l'élégance incarnée. Sa classe aura enveloppé le Tour 1951, remporté haut la main par le coureur suisse et magnifié par sa chevauchée sur la route d'Agen. Koblet avait toujours un peigne sur lui pour se recoiffer sitôt la ligne d'arrivée franchie.

Hugo Koblet

7. Jean Robic – Tête de cuir

Le port du casque est aujourd'hui une évidence doublée d'une obligation règlementaire. Ça n'a pas toujours été le cas. Jean Robic, vainqueur du premier Tour de l'Après-Guerre en 1947, a été l'un des premiers coureurs (et un des seuls, à son époque) à porter un casque, lui qui avait connu tant de chutes et de blessures. Casque en cuir, à l'époque, ce qui lui valut donc ce surnom de "Tête de cuir", lui que l'on appelait aussi "Biquet" ou "Gueule cassée".

Jean Robic

6. Jose Maria Jimenez – El Chava

Triste histoire que celle de Jose Maria Jimenez, ancien lieutenant de Miguel Indurain, sublime et charismatique grimpeur emporté à 32 ans par une crise cardiaque alors qu'il suivait une cure de désintoxication dans un centre psychiatrique. Jimenez, pour toute l'Espagne, c'était "El Chava". Deux syllabes qui claquent, venues de l'enfance, tirées de "El Chabacano", terme qui fait référence à une forme de mauvaise éducation, de vulgarité, de rusticité. El Chava, c'était le rustre.  L'enfant d'El Barraco, petit village pauvre de Castille-Leon, revendiquait ses origines rurales. Ce surnom, il l'aimait. Nous aussi.

Jose Maria Jimenez sur la Vuelta 1997

Jose Maria Jimenez sur la Vuelta 1997Imago

5. Ron Kiefel – Wookie

Vous n'avez peut-être jamais entendu parler de Ron Kiefel. Il fut pourtant dans les années 80 un des pionniers du cyclisme américain de haut niveau. En 1985, il est même entré dans l'histoire en devenant le premier coureur U.S. à gagner une étape sur un des trois grands Tours. C'était sur le Giro. Ses coéquipiers chez Motorola l'avaient baptisé "Wookie" parce qu'il lui trouvait un faux air avec Chewbacca, le célèbre compagnon poilu de Han Solo dans Star Wars. Et comme Kiefel avait souvent le cheveu hirsute... Aujourd'hui encore, les anciens qui le croisent interpellent Kiefel par un "Hey, wookie".

Ron Kiefel

4. Andy Schleck – Andy torticolis

Un surnom gentiment moqueur. Ce sont souvent nos préférés. Andy Schleck a été un magnifique coureur à la drôle de trajectoire, deuxième du Giro à 21 ans et retraité à 29. Gentil garçon, surdoué mais dépourvu d'une véritable âme de guerrier, le cadet des Schleck a été baptisé "Andy torticolis" parce qu'il ne pouvait pas rester 10 secondes sans jeter un oeil à droite ou à gauche dans le peloton pour trouver son frère ainé, Frank, sans lequel il était perdu (ou sur Contador quand Frank n'était pas là). Méchant ? Un peu. Mais drôle.

Andy Schleck et son frère Frank chez Trek

Andy Schleck et son frère Frank chez TrekAFP

3. Charly Gaul – Chéri-pipi

Le surnom le plus connu de tous, concernant Gaul, c'est évidemment l'ange (ou l'archange, selon les versions) de la montagne. On l'a aussi baptisé parfois le "Rimbaud du Tour". Mais on ne résiste pas à évoquer un autre sobriquet qui a longtemps collé à la peau du formidable grimpeur luxembourgeois : chéri-pipi, en référence au célèbre roman de Gaston Leroux, Chéri-Bibi. Lors du Giro 1957, alors que Gaul s'arrête pour une pause-pipi sur les pentes du Monte Bondone, Geminiani fait signe à Bobet : "on y va". Les deux Français attaquent et sèment Gaul qui ne reviendra jamais. Pour ajouter la provocation à leur coup un peu tordu, "Gem" et Louison surnomment donc Charly "Chéri-pipi".

Charly Gaul

Charly GaulImago

2. Raphaël Geminiani – Le grand fusil

Pas un personnage n'a eu davantage le sens de la formule et de l'image que Raphaël Geminiani. Truculent, fort en gueule, "Gem" méritait bien un sobriquet de première classe. Ce fut "le grand fusil", qui seyait à la fois à son allure sur le vélo et sa faculté à flinguer ses adversaires par le verbe. Surnom d'autant plus parfait qu'il a été trouvé par un immense champion, Louison Bobet. C'était sur le Tour 1955, à Avignon. Au soir de la 11e étape, Bobet vient de récupérer son maillot jaune, en grande partie grâce au boulot de Geminiani, qui raconte la suite : "Louison a eu ce mot de reconnaissance en se tournant vers moi, qui avais tendance à imager les actions : 'Ah, sacré grand fusil !'"

Louison Bobet et Raphaël Geminiani

1. Eddy Merckx – Le Cannibale

Le plus grand coureur de tous les temps possède aussi un des surnoms les plus fameux. Le Cannibale. 9 lettres pour un champion. Elles lui allaient si bien. Son surnom date du Tour 1970, le deuxième gagné par Merckx, déjà star incontestée du peloton. On le doit au coureur français Christian Raymond. Il faut dire qu'au cours de ce Tour 70, le Belge remporta 7 étapes. Et, plus tôt dans la saison, il avait déjà gagné le Giro, Paris-Nice, Paris-Roubaix, Gand-Wevelgem, la Flèche Wallonne… Quand Raymond a parlé de "Cannibale", tout le monde a adopté cette appellation sur le champ. Et Merckx est devenu pour l'éternité le Cannibale.

Eddy Merckx

Eddy MerckxImago

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