50 points inscrits à Mûr-de-Bretagne, Tadej Pogacar porteur du maillot vert, peut-il le ramener jusqu'à Paris ?

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En remportant la 7e étape en haut de Mûr-de-Bretagne, Tadej Pogacar s'est emparé du maillot vert devant Jonathan Milan. Il a empoché 50 points, soit autant que Jasper Philipsen et Tim Merlier sur les premiers sprints. Une bizarrerie qui met en lumière le fait que tôt ou tard Tadej Pogacar le remportera sûrement, sans vraiment le jouer.

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Video credit: Eurosport

En gagnant à Mûr-de-Bretagne, Tadej Pogacar s'est emparé du maillot vert, sans vraiment le vouloir. Avec ses 50 points glanés ce vendredi, il repasse largement devant Jonathan Milan pour 34 unités. Sauf qu'à la différence de l'Italien ou de Biniam Girmay, 3e du classement, le Slovène ne joue pas les sprints intermédiaires et ne fait pas de la tunique verte un objectif. Même si le champion du monde ne crachera bien entendu pas sur une victoire dans ce classement, le voir lauréat de cette catégorie ramènerait à des temps désormais assez lointains où des coureurs comme Bernard Hinault (1979) ou Eddy Merckx (1969, 1971, 1972) le ramenaient à Paris, sans trop le vouloir.
Bien sûr, le triple vainqueur du Tour de France n'y est pour rien. On ne va pas lui reprocher de gagner des étapes. Mais voir le Slovène dans le palmarès récent du classement par points en compagnie de coureurs comme Peter Sagan, Mark Cavendish ou encore Jasper Philipsen serait insolite. Le problème vient du barème, surprenant à bien des égards. L'arrivée à Mûr-de-Bretagne en est un bon exemple. Pour illustrer cela, Tadej Pogacar a empoché autant de points sur la 7e étape que Jasper Philipsen à Lille Métropole ou Tim Merlier à Dunkerque. Si l'on en croit le barème, une victoire au sprint massif vaudrait autant qu'un finish au terme d'une ascension aussi ardue que Mûr-de-Bretagne. Difficile à entendre. Et c'est bien là le problème.

Un barème étrange ?

Il existe six coefficients et les étapes de Lille et Dunkerque étaient de coefficient 1, tandis que Mûr-de-Bretagne était en 2, comme en 2021. Mais il n'existe pas de différence dans le nombre de points octroyé, la répartition des points s'organise comme suit :
Coefficient 1 et 2 (étapes sans difficulté particulière) : 50-30-20, etc.
Coefficient 3 (étapes accidentées) : 30-25-22, etc.
Coefficient 4 et 5 (étapes de grande difficulté) : 20-17-15, etc.
Coefficient 6 : (contre-la-montre individuel) : 20-17-15, etc.
Sprint intermédiaire : 20-17-15, etc.
Parmi les bizarreries de cette année, l'étape du Mont Ventoux est classée en coef. 3 et octroie 30 points au vainqueur, au même titre que celle de Vire, incomparable dans les efforts demandés. Celle de Rouen est dans le même cas que Mûr-de-Bretagne, alors que la Rampe Saint-Hilaire était loin d'être une difficulté négligeable. Bref, on a le sentiment que les coefficients 1 et 2 ne devraient pas octroyer le même nombre de points. Mais c'est ainsi, et si pour le moment le Slovène n'a toujours pas profité de ce barème permissif, cette année, avec la raréfaction des étapes de sprint, pourrait bien être la sienne.

330 points en moyenne pour le gagner

Sur les cinq dernières années, la victoire dans ce classement s'est disputée à une moyenne de 392 points, la réalité se situe en réalité plus autour des 330-340 points, les 480 points de Wout van Aert acquis en 2022, faisant grimper largement la note. Si l'on en croît ce chiffre, Tadej Pogacar aurait donc fait presque la moitié du chemin pour le ramener à Paris. Mais pas si vite, nous parlions d'une raréfaction des étapes de plaine, cela ne signifie pas pour autant qu'elles disparaissent. Les sprinteurs auront encore quatre étapes et 200 points à se partager entre les vainqueurs, des moments où le Slovène, en toute logique, ne sera pas présent.
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Deux autres occasions pour inscrire 50 points pourraient plus coller aux caractéristiques du Slovène, si d'aventure une échappée ne va pas au bout, à Toulouse, puis à Carcassonne. Pour concurrencer "Pogi", plusieurs cartes se détachent. D'abord, Jonathan Milan (Lidl-Trek), le sprinteur italien, 2e à Dunkerque empile les points et se montre toujours très intéressé par les sprints intermédiaires avec une équipe construite en grande majorité autour de lui. Sur la route de Vire et celle de Mûr-de-Bretagne, il a à chaque fois réglé le sprint du peloton, et est le dauphin de Pogacar avec 122 points. Mais l'Italien a un caillou dans la chaussure que nous évoquions précédemment. Il n'est autre que le porteur en titre du maillot vert, Biniam Girmay (Intermarché-Wanty). L'Erythréen se montre lui aussi très souvent intéressé par les points en cours d'étape, il est 3e à seulement 11 points de Milan.
Top 5 du classement par points après la 7e étape
Tadej Pogacar156
Jonathan Milan122
Biniam Girmay111
Mathieu van der Poel108
Jonas Vingegaard80
Le maillot vert peut aussi récompenser les coureurs polyvalents, à l'image de Wout van Aert, en 2022. A ce petit jeu-là, Mathieu van der Poel (Alpecin-Deceuninck) vient forcément en tête. Le Néerlandais, dont l'envie reste fluctuante sur les routes de juillet, pourrait être reboosté par l'abandon de son coéquipier Jasper Philipsen dans la quête de la tunique. Mais avec Kaden Groves dans son équipe, difficile de le voir inscrire des points sur les lignes d'arrivée, à vrai dire. Il faudrait donc que Jonathan Milan, Biniam Girmay, voire Tim Merlier ne se manquent pas sur un sprint pour empêcher Tadej Pogacar de faire une razzia sur les maillots. Parce que l'on parle du classement par points, mais le classement de la montagne n'est pas mieux, et sans un coureur entièrement dévoué à la tâche, comme l'a été Richard Carapaz l'an passé. Les pois pourraient aussi échoir dans l'escarcelle du Slovène, bien malgré lui.
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Jonathan Milan, autre candidat au maillot vert

Crédit: Getty Images


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