Tour de France 2025 I "Enfin un Tour qui me convient" : Mathieu Van der Poel (Alpecin - Deceuninck) se prend au jeu
Par Vincent Bregevin
Publié 20/07/2025 à 00:48 GMT+2
Mathieu van der Poel (Alpecin – Deceuninck) peut légitimement viser une deuxième victoire sur le Tour 2025 lors de la 15e étape dimanche, entre Muret et Carcassonne. Le Néerlandais se sent bien sur cette édition d’une épreuve dont il avait pourtant dit qu’elle ne le passionnait pas en début d’année. Sa première semaine rayonnante aurait pu lui suffire. Mais l’appétit vient en mangeant.
Le vert lui fait de l'œil : Van der Poel fait le sprint inter' (mais est battu par Rex)
Video credit: Eurosport
Cela aurait pu rester un simple détail. Un fait anecdotique sans comparaison au climax d’une étape comme celle à laquelle le peloton a été confronté jeudi entre, Auch et Hautacam. Mais bien avant la démonstration éclatante de Tadej Pogacar dans les pentes pyrénéennes, le sprint intermédiaire de Bénéjacq n’était pas totalement passé inaperçu. Il avait vu un protagoniste relativement inattendu en jouer les premiers rôles. Un certain Mathieu van der Poel, devancé seulement par le Belge Laurenz Rex (Intermarché – Wanty) sur la ligne.
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Un signe plutôt réjouissant, confirmé par une nouvelle deuxième place sur un autre sprint intermédiaire, celui d’Esquièze-Sère, samedi sur la 14e étape. Il en faudra certainement un peu plus pour indiquer que le Néerlandais nourrit de réelles ambitions dans la course au maillot vert. MVDP n’en finit plus de répéter qu’il n’a pas fait de ce classement par points un véritable objectif, même s’il en occupe la troisième place avec 190 points, derrière Tadej Pogacar (223) et Jonathan Milan (251). Mais l’essentiel est certainement ailleurs.
Entre le Tour et le VTT…
L’impression la plus marquante, c’est que ce Tour lui tient à cœur. C’était loin d’être une évidence. En début d’année, Van der Poel n’avait pas caché que le Tour de France ne le passionnait pas. Bien plus attirée par les Classiques ou le cyclo-cross, la star d’Alpecin-Deceuninck n’apprécie pas autant le format d’une course de trois semaines. "Je préfère faire cinq courses où je suis en mesure de gagner que 20 étapes où je ne suis pas en compétition pour la victoire la moitié du temps", avait-il résumé dans le média belge Sporza en début d’année.
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Van der Poel vainqueur d'un sprint royal devant Pogacar et Vingegaard
Video credit: Eurosport
Il y avait déjà de quoi envisager que Van der Poel ne soit pas au sommet de sa motivation pour le Tour, une épreuve qu’il avait traversée dans un relatif anonymat ces deux dernières années. Encore davantage avec la perspective des Mondiaux de VTT à Crans-Montana, du 10 au 14 septembre prochain. Le seul titre de champion du monde qui manque à son palmarès, et l’objectif majeur que le Néerlandais s’est fixé cette saison. Le Tour de France est plutôt de nature à constituer à un risque qu’une bonne préparation pour ce rendez-vous.
"Je me sens bien aussi"
Van der Poel n’en a pas moins été l’attraction que le public et les organisateurs attendaient sur cette Grande Boucle. Brillant vainqueur d’étape à Boulogne-Sur-Mer, porteur du maillot jaune durant quatre jours, MVDP a été élu super combatif de la première semaine par les fans. Une récompense largement méritée. Et qui pouvait éventuellement ponctuer son Tour. Avec le sentiment du devoir accompli, et la volonté légitime d’éviter la possibilité d’une chute susceptible de contrarier sa préparation aux Mondiaux de VTT, Van der Poel avait des raisons d’en rester là.
Mais le petit-fils de Raymond Poulidor est reparti du plus belle en deuxième semaine. Au lendemain de la journée de repos, il a même échoué de peu dans sa quête d’une nouvelle victoire d’étape à Toulouse. Van der Poel la voyait, mais un problème de communication l’a empêché de savoir que Jonas Abrahamsen et Mauro Schmid étaient encore devant lui. Le Néerlandais n’en était pas moins satisfait de son étape. Et pas seulement. "C'est enfin un Tour de France qui me convient bien, et je me sens bien aussi", avait-il reconnu après l’arrivée dans la Ville Rose.
Pour le symbole Philipsen
Van der Poel ne savourera certainement jamais autant la Grande Boucle que ces Classiques qu’il affectionne tant. Mais c’est bénéfique pour tout le monde de le voir ainsi se prendre au jeu. Pour un public auprès duquel il est l’un des coureurs les plus populaires. Pour les organisateurs qui peuvent se réjouir de disposer encore d’une telle attraction. Pour son équipe, aussi. L’Alpecin-Deceuninck a pris un véritable coup de massue avec l’abandon de Jasper Philipsen lors de la 3e étape, après une entame de Tour flamboyante.
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Van der Poel, nouvelle erreur de com : "J'ai compris qu'il y avait un groupe devant"
Video credit: Eurosport
Si Van der Poel est toujours là, s’il ne manque pas l’occasion de gratter quelques points pour le maillot vert, c’est peut-être un peu pour ça. Philipsen était l’un des grands favoris pour le classement par points. Il y a un côté hautement symbolique à voir le Néerlandais prendre le relais après la terrible chute dont son équipier belge avait été victime sur la route de Dunkerque. Cela lui donne un surcroît de motivation. Comme la dernière étape, une arrivée sur les Champs après un passage part Montmartre, taillée pour lui donner l’ambition d’une victoire de prestige à Paris. Une raison de plus de se mettre en appétit sur ce Tour de France. Et personne ne s’en plaindra.
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Étape 15 | Moyenne montagneMuret → Carcassonne / 169.3 km
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