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La loi du plus fort

La loi du plus fort
Par Eurosport

Le 15/10/2010 à 12:58Mis à jour Le 16/10/2010 à 18:39

Pour la deuxième année consécutive, Philippe Gilbert (Omega Pharma) a remporté le Tour de Lombardie, sous une pluie battante. Une victoire sans la moindre contestation pour le Belge, tant il est apparu supérieur à la concurrence. Michele Scarponi et Pablo Lastras complètent le podium.

Philippe Gilbert apparaissait imbattable. Il l'était. Comme lors du Mondial australien, le Belge était au-dessus du lot. Là-bas, il avait été contraint de rendre les armes face au vent, davantage que face à ses adversaires. Cette fois, même la pluie, particulièrement abondante dans le Nord de l'Italie samedi, n'a eu raison de sa supériorité. En toute logique, Gilbert a donc épinglé le Tour de Lombardie à son palmarès, pour la deuxième année consécutive. Comme une évidence.

Sur la classique des feuilles mortes, bien nommée en cette 104e édition, tant les feuilles ont jonché la route sur le parcours, l'ancien protégé de Marc Madiot a réussi la course parfaite. Il a gagné avec son coeur, sa tête et ses jambes. C'était trop pour la concurrence, qui a dû se résoudre à l'évidence. A 28 ans, Gilbert confirme qu'il est bien une des stars du peloton. Son règne sur les courses d'un jour vallonnées, des Ardennaises à la Lombardie, ne fait peut-être que commencer. En 12 mois, il a franchi un pas de géant, passant du statut de grand espoir à celui de champion affirmé, voire implacable.

Malheureux Nibali

Sûr de sa force, jamais il n'a paniqué sous le déluge lombard. Quand la course a véritablement démarré, à un peu plus de 50 kilomètres de l'arrivée, sur les pentes du Colma di Sormano, escaladé dans la foulée du mythique Ghisallo, Gilbert a d'abord laissé faire, en observateur attentif mais serein. Il a laissé Giovanni Visconti et Vladimir Gusev réduire à néant le dernier vestige de l'échappée matinale (au sein de laquelle a notamment figuré le prometteur Tony Gallopin), en l'occurrence Michael Albasini. Il n'a pas davantage cillé quand le jeune Néerlandais Bauke Mollema s'est fait la malle, basculant d'ailleurs en tête au sommet. Non, Gilbert s'est alors contenté de faire rouler ses équipiers. Il avait ciblé ses adversaires et le danger. Il avait un nom: Nibali. Ce n'est que lorsque le vainqueur de la Vuelta a placé une banderille que le tenant du titre a pris la peine de réagir.

En haut du Sormano, il restait alors 40 kilomètres et une seule difficulté avant l'arrivée à Côme et beaucoup d'adversaires à éliminer. "Tout peut se jouer dans cette descente", avait prédit Gilbert. Il avait raison. Prenant des risques, mesurés mais réels, le Belge a éliminé une bonne partie de ses adversaires dans les 13 kilomètres de descente permettant de rallier la vallée. Nibali, Scarponi et Lastras étaient encore à ses côté quand le premier a perdu le contact sur une chute. Pas de bobo, et à peine 15 secondes tout compris pour repartir, mais Nibali venait tout simplement de perdre le Tour de Lombardie, et Gilbert son principal (seul?) rival. Le seul sans doute à avoir les moyens de le perturber.

Après avoir envisagé de filer seul à 25 kilomètres du but, Gilbert a sagement attendu le retour de Scarponi. Inutile d'en rajouter. Plus frais, plus fort et plus rapide au sprint, le natif de Verviers avait tous les atouts dans son jeu. Mais il tenait à arriver seul. Tous derrière et lui devant. Alors, dans l'ultime talus, à 5 kilomètres de l'arrivée, après un duel épaule contre épaule à la Anquetil-Poulidor, Philippe Gilberte st parti, où et quand il a voulu. Plus qu'une victoire, un triomphe.

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