Tour de Pologne 2024 | "Chaos" et "immense farce" : Le test de l'UCI sur l'usage des oreillettes fait polémique

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Depuis le 1er août, l'UCI expérimente sa nouvelle réglementation destinée à améliorer la sécurité des coureurs, et notamment la réduction du nombre de coureurs équipés d'oreillettes. Testé sur le Tour de Pologne, ce dispositif a suscité les vives critiques de Richard Plugge après une grave chute survenue lors de la troisième étape. David Lappartient lui a rapidement répondu.

Richard Plugge (Visma | Lease a Bike) / Paris-Roubaix 2024

Crédit: Imago

Jusqu'à présent, le Tour de Pologne se passe parfaitement bien pour la Visma | Lease a Bike. Jonas Vingegaard occupe la place de leader au classement général, son équipier Wilco Kelderman étant, lui, troisième. Olav Kooij, quant à lui, s'est brillamment imposé au sprint ce jeudi, à Prudnik. Bref, Richard Plugge a toutes les raisons du monde d'être ravi. Mercredi, le manager des Frelons a cependant poussé un coup de gueule contre l'Union cycliste internationale (UCI). Car celle-ci est coupable, selon lui, de mettre la sécurité des coureurs en danger.
L'instance internationale essaie pourtant de faire tout le contraire. C'est ainsi pour réduire les risques de chutes qu'elle expérimente, depuis le 1er août dernier, différentes mesures destinées à entrer en vigueur début 2025. L'une d'elles concerne le port des oreillettes. Si, ce jeudi, tous ceux qui parcouraient les routes polonaises en étaient équipés, seuls deux coureurs par formation en avaient une la veille. Une façon d'enlever de la pression au sein d'un peloton parfois trop à cran, tout en laissant à deux "capitaines" par équipe la responsabilité de recueillir les consignes de leur directeur sportif.
La prise en compte de ce contexte est nécessaire pour comprendre ce qui a suscité l'ire de Plugge. À une cinquantaine de kilomètres de l'arrivée de la 3e étape, mercredi, les caméras ont montré un coureur gisant au sol. Il s'agissait de Nicolas Debaumarché (Cofidis). Violemment tombé après avoir heurté une canalisation, le Français a fini par être évacué vers l'hôpital. Or, un internaute a publié sur X un message affirmant que le Mâconnais était seul depuis "au moins une minute". La faute, peut-être, à un manque de communication dû à l'absence relative d'oreillettes ?
C'est en tout cas ce que laissait entendre cette publication, relayée sur le réseau social par Jonathan Vaughters, manager d'EF Education-EasyPost… et reprise par Richard Plugge, qui l'a accompagnée d'un commentaire cinglant. "C'était le chaos, aujourd'hui (mercredi, ndlr), sans les radios. L'UCI ne peut pas continuer avec cette interdiction. Cela transforme la course en une immense farce, comme ce qu'on a vu aux Jeux Olympiques où les coureurs ne pouvaient pas appeler leur voiture pour une banale assistance. Espérons que personne n'a été blessé trop gravement", a pesté le boss de la Visma.
David Lappartient n'a pas tardé à lui répondre. D'ordinaire peu prompt à réagir aux polémiques sur les réseaux, le président de l'UCI a accusé son interlocuteur d'avoir produit une "fake news". "Les chutes d'aujourd'hui (mercredi) au Tour de Pologne n'ont rien à voir avec l'absence d'oreillettes et vous le savez. Les coureurs ont été pris en charge comme d'habitude. Notre priorité à l'UCI est la sécurité. Vous voulez garder les oreillettes pour donner des instructions, pas pour la sécurité. Prenez-en la responsabilité", a ainsi réagi celui qui est aussi président du CNOSF.
Pas sûr, toutefois, que cette sortie suffise à calmer les ardeurs des opposants à la réforme de l'utilisation des oreillettes. Même s'il ne fait plus partie du circuit cycliste, dont il a été banni à vie en 2018 en raison de son implication dans l'affaire Armstrong, Johan Bruyneel n'a pas manqué l'occasion de donner son avis sur la question. "Ne pas autoriser les radio-communications entre le directeur sportif et les coureurs de l'équipe est simplement criminel dans le cyclisme moderne d'aujourd'hui", a tonné l'ancien directeur sportif de l'US Postal.
"La grande majorité des directeurs sportifs et des coureurs professionnels seront d'accord avec Richard Plugge", a ajouté Bruyneel, avant d'asséner : "Ce sont des athlètes professionnels, et une organisation avec une mentalité de dinosaures comme la vôtre ne devrait pas essayer de dire à des professionnels comment ils doivent accomplir leur travail." Vendredi, lors de la cinquième étape, le test se poursuivra. Aucun coureur ne portera d'oreillettes. Et la polémique, peut-être, reprendra ensuite de plus belle.
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