Tour de Suisse - 5e étape | Grégoire, Vauquelin et Alaphilippe 1, 2 et 3 du général : Mission fin de malédiction

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A quatre jours de l'arrivée du Tour de Suisse, la France domine le classement général avec, dans l'ordre, Romain Grégoire, Kevin Vauquelin et Julian Alaphilippe. Dix-huit ans après Christophe Moreau sur le Dauphiné 2007, un Français va-t-il enfin renouer avec la victoire sur une course par étapes World Tour ? La 5e étape ce jeudi donnera une partie de la réponse.

Pourquoi Grégoire et Vauquelin peuvent y croire

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Dans le cyclisme français, il y a quelques chiffres qui disent beaucoup de son recul dans la hiérarchie mondiale. Les bientôt 40 ans sans Tour de France, les 30 sans grand tour, les 33 sans Tour des Flandres, etc. Les 18 années sans course par étapes World Tour ressemblent bien plus à une anomalie alors que Romain Bardet ou Thibaut Pinot, pour ne citer qu'eux, sont par exemple montés sur le podium du Tour. À quatre jours de l'arrivée, le Tour de Suisse semble être l'occasion rêvée de mettre fin à la malédiction avec trois Français en tête du classement général.
Tout s'est joué dès dimanche en réalité. Dans une étape rendue difficile par les conditions météorologiques, un groupe d'une trentaine d'hommes a pris très tôt les devants, coupant la ligne pour les meilleurs d'entre eux avec plus de trois minutes d'avance sur le peloton et Joao Almeida (UAE Emirates-XRG), grand favori de l'épreuve après ses sacres sur le Tour du Pays basque et la Romandie cette saison. Il y avait là Romain Grégoire (Groupama-FDJ) en jaune depuis la 1re étape après sa victoire, Kevin Vauquelin (Arkéa-B&B Hôtels), son dauphin et Julian Alaphilippe (Tudor), troisième après la 4e étape ce jeudi.

Almeida refuse le statut de favori

Dimanche, la première menace s'appelait Ben O'Connor (Jayco-AlUla), lui aussi placé dans le bon coup. L'Australien était à 1'07'' de Grégoire tandis qu'Almeida était lui déjà à 3'12''. L'un comme l'autre se sont rapprochés ce mercredi à l'issue de la 4e étape qui empruntait un col de 1re catégorie. O'Connor a glané 22 secondes mais c'est surtout le Portugais qui a fait la bonne opération en faisant travailler ses hommes et en accélérant lui-même pour revenir à 2'07'' au général. "Le général ? il y a encore pas mal de chemin pour reprendre du temps, mais je suis déjà heureux de cette victoire, a réagi ce dernier. Favori ? Non, je ne suis pas d’accord". 
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Si le coureur UAE n'est pas le favori, qui serait celui-ci ? Dès ce jeudi, ce sera une nouvelle étape de montagne avec un grand col en milieu de journée et un autre redoutable pour finir (4,5 km à 9,8%). Et si cela ne devait pas suffire, il resterait samedi et l'enchaînement du Bürgenstock (5,5 km à 7,9%) et de la montée vers Emmetten (3,9 km à 8,1%) dans le final. Et après cela, il faudra avaler un contre-la-montre en côte de dix kilomètres. Combien de temps pourra reprendre Almeida ce jour-là ? Une minute, plus ? C'est sans doute cette équation qu'il faut résoudre pour savoir si oui ou non l'un des trois Français peut l'emporter au général. 

Vauquelin, la meilleure carte

Jeudi, Grégoire a un peu souffert dans le grand col du jour. Logique, le coureur de 22 ans n'est pas un pur grimpeur. Il est en revanche en grande forme, comme en témoigne son retour dans le groupe de contre vers l'arrivée de la 4e étape. Julian Alaphilippe était au même niveau que son jeune compatriote. L'un comme l'autre devraient encore perdre du temps jeudi et samedi. La meilleure carte française se nomme donc Kevin Vauquelin.
"Je peux vraiment espérer un bon classement général, peut-être une victoire d’étape, estimait ce dernier jeudi. Malheureusement je suis 2e au général, je ne peux pas faire grand-chose, c’est le bémol d’être aussi bien placé, je ne peux pas faire des coups." Est-ce à dire qu'il a déjà tiré un trait sur une éventuelle victoire finale de prestige ? Si lui ne peut pas, les chances françaises apparaîtraient très réduites. Cette année, Vauquelin a terminé 12e de Tirreno-Adriatico à 1'52'' de Juan Ayuso. Suffisant pour y croire ? "On ne va pas renoncer", a promis Almeida qui devrait faire vivre l'enfer à ses adversaires. Si Vauquelin ou un autre résiste, ce serait un vrai exploit et une superbe manière de succéder à Moreau, dix-huit ans après.
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