Il a pris le temps de se redresser. De fermer son maillot. Peut-être plus encore que l'année dernière, il a savouré. Pour avoir déjà goûté à la victoire dans le Tour des Flandres, Stijn Devolder en connait l'ivresse et le parfum. 2008. 2009. Deux victoires de rang dans le "Ronde", la course mythique pour le peuple belge, le voilà de plain pied dans l'histoire. Ils n'étaient que cinq jusqu'ici en près d'un siècle à avoir réussi ce doublé. Parmi eux, Tom Boonen, son leader chez Quick Step, qui doit donc, comme l'année passée, rester dans l'ombre pendant que Devolder prend toute la lumière sur lui.
Impossible d'ailleurs de dissocier les deux hommes, tant la victoire de Devolder, si elle permet à celui-ci de tutoyer la légende des classiques, consacre avant tout l'écrasante domination des hommes de Patrick Lefevere. L'armada Quick Step a survolé la course, en maitrisant chaque élément à chaque instant. Il faut greffer au duo belge Sylvain Chavanel, impeccable dans son rôle d'éclaireur. Le Français aurait même pu tirer les marrons du feu. Au pied de Mur de Grammont, il tenait le bon bout, dans un groupe de quatre, avec Manuel Quinziato (Liquigasà, Preben Van Hecke (Topsport) et donc Devolder.
Boonen et Pozzato pris au piège
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Le peloton, ou plutôt ce qu'il en restait, avec Boonen, Pozzato et tant d'autres, était déjà prêt à rendre les armes. Boonen et Pozzato, les deux terreurs, ne se sont pas quitté d'un boyau toute la journée, accélérant à tour de rôle mais incapable de se distancer. Comme nous l'avions évoqué cette semaine, la force collective de la formation Quick Step, si elle constituait un atout certain pour Boonen, pouvait aussi s'avérer un redoutable piège. Ce fut le cas. A quoi pouvait bien penser l'ancien champion du monde quand il a compris que Devolder et Chavanel, devant, étaient mieux que des lieutenants? Tout allait se jouer sans lui.
Malheureusement pour Chavanel, qui avait déjà tant oeuvré puisqu'il était sorti à 75 kilomètres de l'arrivée, il allait lâcher à la pédale. Impossible de bluffer dans Grammont. Dans cette difficulté légendaire, Devolder, en force, a distancé ses trois compagnons. L'affaire était pliée. 15 secondes d'avance au sommet, puis rapidement 30. Chavanel, logiquement, n'a pas roulé derrière. Quiziato et Van Hecke auraient bien voulu, mais ils n'en avaient plus la force. Sous un franc soleil printanier, Devolder pouvait dès lors savourer la quinzaine de kilomètres le séparant encore de l'Histoire. Il est temps de lui rendre hommage. Certes, comme l'an dernier, il a tiré partie des circonstances de course. Mais son mérite est immense. Ce doublé, il est allé se le peler, comme disent les rugbymen. D'abord en sortant dans l'Eikenmolen, la 14e des 16 côtes du parcours, pour rejoindre Chavanel et Quinziato. Puis en se montrant le plus fort dans le Mur de Grammont, là où seuls les grands ont leur mot à dire. Devolder fait donc partie des grands aujourd'hui.
On regrettera simplement que Sylvain Chavanel n'ait pu recueillir sa part de gloire. A moins de trois kilomètres de la ligne, le peloton a fondu sur le reste de l'échappée. Le coureur de Châtellerault s'est alors relevé, ne prenant pas part au sprint pour l'honneur. Heinrich Haussler, parti en filou, s'offre la deuxième place, comme sur Milan-Sanremo, devant Philippe Gilbert (Silence) et Filippo Pozzato (Katusha). Boonen, gêné par une chute devant lui, n'est pas dans le Top 10. Chavanel non plus. Son classement final, anecdotique, témoigne d'ailleurs bien mal de sa course magnifique. Il n'a plus de difficulté à tenir la distance sur des courses aussi exigeantes de plus de 250 kilomètres. S'il ressent sans doute une pointe de frustration, sa performance lui autorise de gros espoirs pour l'avenir. Il a encore franchi un cap.
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