Les pleins pouvoirs

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La T-Mobile a opté en vue de la saison 2006 pour une réorganisation interne dont le grand bénéficiaire est Jan Ullrich. Tout sera mis en oeuvre pour que l'Allemand, qui a notamment imposé à la Magenta le retour de son mentor Rudy Pevenage, puisse arriver

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Crédit: Eurosport

Jan Ullrich est-il un privilégié? Après tout, il ne gagne pas, ou peu. Il court peu, ou pas. Année après année, il bute systématiquement sur l'unique objectif de sa saison, le Tour de France. Pourtant, à bientôt 32 ans, il continue de bénéficier de la confiance sans faille de l'équipe T-Mobile. Ce sera encore le cas en 2006, celle-ci étant même renforcée.
La formation allemande a décidé de tout mettre en oeuvre pour permettre à sa star, dont l'aura est intacte outre-Rhin, de remporter à nouveau la Grande Boucle. Fini, donc, l'aigle à trois têtes. La stratégie mise en place cette année, avec un trio majeur supposé chahuter Armstrong, aura fait long feu. Alexandre Vinokourov a été poliment prié d'aller voir ailleurs si Ullrich y était.
Pevenage, monsieur Tour de France
Quant à Andreas Kloeden, sa deuxième place sur le Tour 2004 avait certes marqué les esprits, mais à 30 ans, il ne semble pas en mesure d'assumer durablement un rôle de leader. Plus que jamais, ce sera donc "tous derrière Ullrich". Une conséquence directe de la réorganisation de l'équipe T-Mobile. Le départ de Walter Godefroot, remplacé au poste de manager par Olaf Ludwig, a ouvert la porte à un retour de Rudy Pevenage, ennemi juré du technicien belge.
"Rudy était le conseiller sportif personnel de Jan, rappelle Ludwig. A ce titre, il était en dehors de l'équipe tout en ayant un rôle direct." Pevenage, qui retrouve un rôle de directeur sportif, sera tout particulièrement chargé de s'occuper d'Ullrich, évidemment. "Il devra préparer Jan et l'équipe pour le Tour de France et sera présent sur cette course et toute autre épreuve important pour la préparation de la Grande Boucle", explique Ludwig.
En fait, les T-Mobile ont un modèle et ne s'en cachent pas. Leur but: appliquer la méthode victorieuse de Lance Armstrong et de son équipe. "Les formations US Postal puis Discovery Channel ont posé de nouveaux jalons, admet le nouveau patron de la formation allemande. Nous avons notre propre stratégie où Jan est le capitaine, où l'équipe pour le Tour est bâtie autour de lui, où il s'implique à tous les niveaux dans la préparation".
Ullrich peut-il fédérer?
Reste à savoir si Ullrich sera capable de fédérer autour de lui comme savait le faire son Texan de rival. C'est tout sauf évident. Il n'aura en tout cas plus aucune excuse. Renforcé par la présence de Pevenage, débarrassé de la forte concurrence interne incarnée depuis deux ans par Vinokourov, épaulée par de nouveaux lieutenants prêts à se dévouer sans broncher (Michael Rogers, Patrick Sinkewitz, Kim Kirchen), Ullrich a tous les atouts en main.
Sans surprise, l'homme aux sept podiums sur le Tour a donc accueilli favorablement cette redistribution des cartes. "Il est satisfait. Je pense qu'il est dans des conditions idéales pour briller sur le Tour l'an prochain. De toute façon, il sera très impliqué dans les futures discussions concernant l'équipe", assure Ludwig. Si avec tout ça, dans un an, Ullrich reste encore aux portes de la gloire sur les Champs-Élysées, il n'y aura plus grand-chose à faire pour lui...
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