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"Une entente est possible"
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Publié 11/12/2005 à 15:45 GMT+1
Pat McQuaid ne désespère pas de trouver une solution au conflit qui l'oppose aux organisateurs du Tour de France, du Giro et de la Vuelta, après leur désengagement du Pro Tour. Mais le Président de l'UCI reste ferme sur un point. Il "ne tolèrera pas" la c
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Pat McQuaid, que vous inspire l'annonce des sociétés des Grands Tours sur la participation à leurs épreuves dans l'avenir ?
P.M: "J'étais vendredi au Caire pour des championnats continentaux africains. J'ai vu des cyclistes d'Erythrée, d'Ethiopie, j'ai discuté avec des responsables de pays comme ceux-là des difficultés du cyclisme chez eux. Et en revenant, je vois qu'on va offrir des millions à des équipes juste pour participer à des courses. Pour être tout à fait honnête, je trouve que c'est mal, c'est obscène. Pour l'UCI, ce qui compte c'est que l'argent du sommet soit utilisé pour développer le sport à la base, dans d'autres régions du monde."
Ces organisateurs plaident qu'ils ont été contraints de réagir faute d'accord global sur le ProTour...
PM: "Du point de vue de l'UCI, le ProTour n'a pas été créé dans l'isolement et il l'a été pour planifier l'avenir, et le développement du cyclisme dans le monde. Nous étions tout à fait prêts à discuter et trouver certaines améliorations qui puissent satisfaire les parties. Au bout du compte, la mission de l'UCI est de développer ce sport, et chaque décision stratégique est prise dans ce sens, pas pour des raisons commerciales. Le jour où on laissera l'aspect commercial dicter les règles, les règlements, l'avenir en fait, sera un jour triste pour le sport."
Concrètement que peut faire l'UCI si les sociétés organisatrices des grands Tours décident de jouer solo ?
PM: "Elles ont leurs propres courses et le droit d'y inciter à la participation, l'UCI ne peut rien y faire. Mais il y a des choses du ressort de l'UCI, comme bâtir des calendriers, règlements, créer des trophées et des classements. Personne d'autre ne peut le faire, et l'UCI ne le tolère certainement pas".
Le divorce paraît néanmoins consommé avec ce développement...
PM: "Je ne suis pas par nature un pessimiste, mais un optimiste. Je pense qu'il nous faudra voir quelle sera la réaction des autres parties prenantes, des équipes. L'an prochain, elles courront toutes les courses. Il y a donc du temps pour réexaminer la situation et voir où l'on va. Je pense qu'une solution à long terme peut encore être trouvée si chacun est prêt à s'asseoir à la table de façon raisonnable et négocier."
Les incitations financières ne risquent-elles pas d'être trop tentantpour les équipes ?
PM: "Les équipes ont des objectifs à long terme, leurs sponsors aussi. le projet annoncé (par les grands Tours) n'a pas de vision à long terme. Il revient 10-15 ans en arrière quand les équipes n'avaient pas de sécurité sur la participation aux courses. Et je ne les vois pas accepter cela. Je pense en fait que ce projet et ces incitations sont une reconnaissance que les équipes ont du pouvoir. Mais paradoxalement, quand on offre 100.000 euros (d'indemnités supplémentaires de participation) à une équipe qui compte 25 coureurs, c'est presque insultant".
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