Et maintenant?

Sans doute fatale pour la carrière de l'intéressé, le contrôle positif à l'EPO de Roberto Heras porte également un coup sérieux à l'équipe Liberty Seguros. L'attitude de la firme américaine, qui avait fait de l'éthique une condition sine qua non à son mai

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Crédit: Eurosport

Roberto Heras entraînera-t-il dans sa chute tout son équipe? La question mérite d'être posée. Après la confirmation par l'analyse de l'échantillon B de son contrôle positif à l'EPO lors du dernier Tour d'Espagne, dont il fut quatre fois lauréat ces six dernières années, la carrière d'Heras, âgé de 31 ans, semble fortement compromise.
Cela pourrait également être le cas de l'avenir de sa formation. A son arrivée dans les pelotons, début 2003, Liberty Seguros avait en effet annoncé la couleur: toute dérive grave à l'éthique, tout fait de dopage avéré, auraient pour conséquence la remise en cause de sa présence dans le cyclisme professionnel. Depuis, il y a eu des alertes, mais ces premiers feux furent vite éteints. Cette fois, l'incendie est trop puissant pour que le feu ne se propage pas dans toute la maison Liberty.
Saiz: "Je susi dévasté"
Au printemps, Manolo Saiz avait affirmé que les cas de Isidro Nozal et Nuno Ribeiro, eux aussi soupçonnés de dopage, restaient des cas isolés. Il avait également fait sauter un fusible, en l'occurrence le médecin de l'équipe. Avec Heras, le problème est plus grave. Il s'agit de la star de l'équipe, du leader, du principal axe de communication extérieure. Autrement dit, si Heras plonge, le bateau aura du mal à ne pas couler avec.
Personnage charismatique mais très controversé, Manolo Saiz se retrouve naturellement en première ligne. Il se dit consterné, et continue à croire en l'innocence de son champion. Pour lui, la science fait fausse route. "Notre sport est l'objet de nombreuses attaques. Il y a beaucoup de pression sur les contrôles antidopage et je pense que cela conduit à des erreurs, affirme-t-il. Un jour, nous découvrirons peut-être que ce n'était pas la bonne méthode. Mais il sera trop tard pour sauver les innocents".
Concernant l'avenir de Roberto Heras, Saiz ne cache pas son scepticisme. "L'âge est évidemment un facteur important, juge-t-il. Je comprends qu'après ce genre de nouvelles, il n'ait plus envie d'entendre parler de cyclisme. J'espère qu'il pourra prouver son innocence. En tout cas, il pourra toujours compter sur moi. Mais pour le moment, je suis dévasté."
Départ imminent?
Il n'en reste pas moins que l'étau se resserre autour du manager espagnol, car ce n'est pas la première fois que son équipe se frotte aux filets du dopage. Igor Gonzalez de Galdeano avait ainsi été suspendu de courses en France en 2003, ayant été convaincu de dopage pendant le Tour de France 2002 dont il avait porté le maillot jaune une semaine durant. Dans les années 90, du temps de la ONCE, ses méthodes avaient parfois suscité la suspicion. Mais jamais un de ses coureurs n'avait été contrôlé positif à l'EPO.
On devrait en savoir un peu plus sur l'avenir de l'équipe Liberty Seguros dans les semaines, voire les jours à venir. Une rumeur évoque un possible retrait immédiat, après règlement des contrats en cours. Une autre parle d'un départ de l'encadrement sportif actuel, y compris Manolo Saiz, histoire de repartir sur de nouvelles bases, mais d'un maintien de la firme américaine. Le doute plane encore. Seule certitude, plus rien ne sera jamais comme avant pour Manolo Saiz.
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