"Il n'a jamais triché"

Manolo Saiz ne veut pas croire à la culpabilité de Roberto Heras, soupçonné d'avoir utilisé de l'EPO lors du dernier Tour d'Espagne. Le manager de la formation Liberty Seguros reste confiant, et espère que son coureur vedette, quatre fois vainqueur de la

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Pour le moins surpris par l'annonce du contrôle positif de Roberto Heras lors de la 20e étape du dernier Tour d'Espagne, Manolo Saiz refuse de croire à la culpabilité de son poulain. Le bouillant manager de l'équipe Liberty Seguros l'a affirmé mercredi dans le quotidien L'Equipe. "Pour l'heure, je me préoccupe de mon coureur et je dois lui apporter tout mon soutien", a-t-il confié.
Comme tout le monde, Saiz est sous le choc. Il est aussi dans l'attente, de la contre-expertise, qui déterminera pour de bon si Heras a consommé ou non de l'EPO. Avant d'être définitivement fixé, il lui accorde le bénéfice du doute, et même un peu plus. "J'espère que le 21 novembre, l'innocence de Roberto sera prouvée. Pour ma part, je mets ma main au feu qu'il n'a jamais triché. J'ai confiance en Roberto", a-t-il ajouté.
Le précédent Guidi
Au sein de la formation ibérique, on veut croire à une contre-expertise négative, comme ce fut le cas récemment pour Fabrizio Guidi. Contrôlé positif à l'EPO lors d'un test inopiné fin juillet, l'Italien de l'équipe Phonak avait été blanchi le 21 septembre par l'analyse du second échantillon, qui s'était avérée négative. Pendant deux semaines, Manolo Saiz s'accroche donc à cet espoir.
Ce serait évidemment une excellente nouvelle pour Heras et pour toute son équipe. Mais pas seulement. Du côté des organisateurs du Tour d'Espagne, le fait que le triple tenant du titre et désormais recordman des victoires se soit dopé équivaudrait à un tremblement de terre. La Vuelta pourrait avoir du mal à s'en relever. Liberty Seguros aussi, d'ailleurs. Le sponsor espagnol pourrait être enclin à se retirer plus vite que prévu du monde du cyclisme si la culpabilité d'Heras était avérée.
Même du côté de la Rabobank, on n'a pas envie de se réjouir. La formation néerlandaise serait pourtant la grande bénéficiaire de ce scandale. En plus d'une suspension, Roberto Heras devrait en effet être déchu de sa victoire dans l'édition 2005, laquelle deviendrait donc la propriété de Denis Menchov, dauphin de l'Espagnol à Madrid au mois de septembre.
Menchov: "Tous perdants"
"Nous n'avons absolument aucune envie de gagner le Tour d'Espagne de cette manière, a expliqué Theo De Rooy, le manager de la Rabobank, dans le quotidien hollandais, Der Telegraaf. Pour l'instant, je ne veux rien dire parce que rien n'est officiel, mais même si Heras devait être confirmé positif, nous n'avons pas envie de nous mêler de tout ça. C'est très mauvais pour le cyclisme. "
Même la perspective d'empocher son premier grand Tour ne suffit à satisfaire le groupe néerlandais. "Ce ne serait qu'une ligne dans les livres, mais pour nous, cela n'aurait aucune signification; Nous n'avons pas gagné cette course", poursuit De Rooy. Un sentiment partagé par Denis Menchov lui-même. "Je ne pourrais jamais me sentir dans la peau du vainqueur de cette Vuelta ", confie le Russe, avant de trouver la meilleure façon de résumer toute cette affaire: "Dans ces cas-là, nous sommes tous perdants".
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