Wout Van Aert n'est plus un fantastique
Le weekend d'ouverture en Belgique, avec le Het Nieuwsblad et Kuurne-Bruxelles-Kuurne, a livré un nouvel exemple du recul de Wout van Aert (Visma | Lease a Bike) dans la hiérarchie mondiale. Le Belge a tenté de peser sur la course, sans véritable succès. Sa chute sur la dernière Vuelta explique sans doute ses difficultés actuelles mais le temps presse.
Des Flandres à l'Espagne : 2024, année noire de van Aert
Video credit: Eurosport
Que le temps passe vite, en cyclisme comme ailleurs. Jetez donc votre mémoire deux ans et demi en arrière et fouillez-y vos souvenirs de l'été 2022. Paraissent-ils aussi lointains que ces images d'un Wout Van Aert déchaîné, brillant vainqueur à Calais - une performance dont on n'a peut-être pas assez salué la beauté - et tourmenteur de Pogacar sur les pentes d'Hautacam. En ce mois de juillet marqué du sceau du couronnement de Jonas Vingegaard, le Belge pouvait contester à n'importe qui le statut de meilleur coureur du monde. Mais le Van Aert de mars 2025 n'a plus grand-chose à voir avec son lointain cousin.
Tout à sa fête de voir le cyclisme revenir pour un nouveau tour de roue, une saison de plus sur ces routes que les coureurs arpentent depuis un siècle et plus, la Belgique n'en oubliait pas d'être curieuse. Curieuse de voir si le joyau national pouvait faire oublier que l'autre, Remco Evenepoel, était sur le flanc pour quelques semaines encore. Van Aert n'a pas fait oublier grand-chose, au contraire il a rappelé que sa grandeur passée appartenait de plus en plus à l'histoire ancienne bien que le weekend d'ouverture, si important soit-il pour le plat pays, n'est qu'une entrée en matière tout au plus, un hors-d'oeuvre plus précisément.
Faire la course à l'avant, c'est aussi une question de jambes
On ne reverra pas le leader des Visma de sitôt puisqu'il va retourner en altitude pour préparer les Monuments du printemps, une recette qu'il avait tentée en 2024 avec le crève-cœur que l'on connaît. Mais Van Aert va disparaître, il ne sera ni aux Strade Bianche ni à Milan-Sanremo et zappera aussi Paris-Nice et Tirreno-Adriatico. Les absents ont souvent tort alors ils ont plutôt intérêt à livrer une belle vérité. Ce que n'a pas réussi à faire "WVA" ce weekend au Het Nieuwsblad (11e) et à Kuurne-Bruxelles-Kuurne (75e) malgré quelques tentatives.
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Personne ne l'avait vu venir : le résumé de la victoire de Waerenskjold
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"C’est bien d’avoir deux courses difficiles dans les jambes, mais ce n’était pas le but du week-end", a justement résumé le principal intéressé. Vainqueur à Kuurne en 2024, Van Aert venait pour gagner mais lui et ses coéquipiers n'ont jamais été capables de rendre la course assez difficile pour empêcher les deux courses de se jouer au sprint, un domaine parmi d'autres dans lequel le vainqueur de Milan-Sanremo 2020 est dépassé. "Je n'avais pas les jambes", a-t-il avoué samedi. "Faire la course à l'avant, c'est aussi une question de jambes", poursuivait-il 24 heures plus tard. Un terrible aveu d'échec alors qu'on l'a vu incapable de lâcher Roger Adria (Red Bull - Bora Hansgrohe) dimanche.
"Les gars n'étaient jamais véritablement bien placés et nous n'avons tout simplement pas livré la course que nous avions imaginée, a commenté Grischa Niermann, le directeur sportif des Visma auprès de la DH. Wout a suffisamment d'expérience pour savoir qu'il doit aborder le Molenberg aux premières loges…" Ambiance. Des tensions commencent-elles à naître dans la structure au sein de laquelle Van Aert a signé un contrat à vie ? Depuis quand n'a-t-il plus été l'immense coureur qu'il fut quand la comparaison avec Mathieu Van der Poel avait encore du sens ?
Une chute à la Vuelta pour explication ?
D'aucuns pourraient dater la bascule à Paris-Roubaix 2023. Ce jour-là, dans le Carrefour de l'Arbre, le Belge fait jeu égal avec son vieux rival mais une crevaison lui fait perdre toutes chances de remporter l'Enfer du Nord, course qu'il a ciblée au-dessus de toutes les autres, le Tour des Flandres y compris, cette année. Depuis ? Neuf victoires, certes, mais rien de bien plus clinquant que trois étapes sur la Vuelta 2024. Il y avait battu Kaden Groves (3e étape), Mattias Vacek (7e) et Quentin Pacher (10e).
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Deuxième chute pour Van Aert qui est contraint à l'abandon
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Où est passé le Van Aert personnage secondaire mais incontournable du Tour de France, vainqueur de Milan-Sanremo, des Strade Bianche, de l'E3 (deux fois), de Gand-Wevelgem ou de l'Amstel Gold Race ? Son niveau depuis deux ans pousse à l'évincer de la caste des fantastiques. Wout Van Aert est un bon, un très bon coureur aujourd'hui. Ce qui suffirait à 90% du peloton ne correspond pas à un homme de son talent.
On attendra néanmoins de le voir sur les classiques du printemps pour se faire un avis, non pas définitif mais un peu plus précis. Faut-il rappeler qu'en 2024, le Belge a connu deux gros coups d'arrêts à A Travers la Flandre puis à la Vuelta. D'autres avant lui ont mis du temps, un an ou plus parfois, avant de revenir à leur meilleur niveau. A 30 ans, Van Aert a sans doute encore beaucoup à donner mais le temps presse.
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