L'histoire se passe dans les Highlands écossais. Une voiture sort de route en pleine nuit. Ses passagers sont blessés. Ils ne seront retrouvés qu'au petit matin. Un touriste allemand se promène dans le Lubéron quand il ressent une violente douleur dans la poitrine. Il joint les services d'urgence grâce à son mobile mais est incapable de leur signaler où il se trouve. Chaque année, selon les estimations de la Commission européenne, 2000 personnes perdent la vie, faute d'avoir pu être secourues dans les temps.
La solution ? Faire en sorte que la voiture appelle seule le SAMU en cas de besoin. Aujourd'hui, la téléphonie mobile, la localisation par satellite et les capteurs embarqués dans les autos offrent cette possibilité. Mais, à part quelques initiatives privées et locales, les Européens ne disposent pas encore d'un tel système. Début février, la Commission a annoncé avoir convaincu constructeurs automobiles, opérateurs téléphoniques, assureurs et plusieurs Etats membres de généraliser l'appel automatique d'urgence à toutes les voitures vendues dans l'Union dès 2009. Le programme porte le nom d'eCall.

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D'ici la fin de l'année, les constructeurs devront s'accorder sur les spécifications techniques : GSM pour l'appel et, sans doute, GPS ou Galileo pour la localisation. En 2006, auront lieu les premiers tests. Entre-temps, il incombera aux Etats de moderniser les différents centres afin qu'ils puissent recevoir l'appel, passé par un numéro unique : le 112. Echéance fixée : 2007. Enfin, en 2009, les nouvelles voitures "pourraient" être équipées en série de l'eCall.
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Le conditionnel est de mise. Car constructeurs et Etats prédisent déjà, chacun de leur côté, que l'autre camp ne respectera pas l'agenda. "Il manque une volonté politique des Etats pour harmoniser les services d'urgence : même le choix du 112 les divise ", déplore un fabricant. Jusqu'à présent seul Helsinki a officiellement signé le protocole. Selon nos informations, sept autres Etats, dont le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Espagne, devraient apposer leur paraphe. La France ne sera pas immédiatement du lot, estimant que des points doivent être éclaircis.
"D'abord, il faut attendre que les Européens soient suffisamment équipés", explique Jean Panhaleux, directeur adjoint de la Sécurité routière française. "Quoiqu'en disent les constructeurs, le parc automobile ne se renouvèle pas en trois ans", précise-t-il. Plusieurs constructeurs avouent que la généralisation à tous les modèles, y compris les plus modestes, est irréalisable d'ici 2009. "Ensuite, vient la question de la répartition du travail entre public et privé", poursuit Jean Panhaleux. En clair, qui va filtrer les appels ? Qui va décider s'il faut ou non envoyer le SAMU ? Paris ne souhaite pas que les appels parviennent directement aux urgences et semble préférer que le privé se charge du filtrage (notre encadré).
Mais qui dit "privé", dit "payant ". Ce que ne souhaite pas la Commission. Chez Renault, on considère aussi la gratuité comme une condition absolue. "Les Français ne sont pas prêts à payer ce qu'ils considèrent comme un dû" , indique-t-on chez le constructeur dont une offre similaire à l'eCall, mais payante, a échoué. "En sauvant 2000 vies par an, l'eCall épargnera 20 milliards d'euros par an aux Etats et assureurs ", estime-t-on à l'Association des constructeurs européens d'automobiles. "Les autorités doivent redistribuer cette somme sous forme de subventions ou d'incitants fiscaux, plaident les constructeurs, sinon le coût sera reporté sur le consommateur". A bon entendeur...



















PSA a pris une longueur d'avance
A défaut d'eCall européen, PSA Peugeot Citroën, en partenariat avec Inter Mutuelles Assistance (IMA), propose depuis début 2003 un système d'appel d'urgence automatique. En réalité, cette option, payée à l'achat et sans abonnement par la suite, s'intègre dans une offre plus large, avec navigation GPS, kit main-libre et radio-CD. A la différence de l'eCall, le système utilise le téléphone du conducteur, ce qui évite un nouveau contrat avec un opérateur. Par ailleurs , le SMS de détresse envoyé par le véhicule n'aboutit pas directement au services d'urgence. Il est d'abord réceptionné par un spécialiste de l'IMA qui, en deux-trois minutes, décide d'appeler ou non les services de secours. Après la France et l'Allemagne, PSA proposera bientôt son service à ses clients italiens.
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