Avec “Mohamed Ali, sa vie, ses combats”, entrez dans la légende

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Pour le cinquantenaire du premier titre mondial de Mohamed Ali, Thomas Hauser a produit une biographie-fleuve éclairante et foisonnante. Si vous cherchez un cadeau pour Noël, vous savez ce qu’il vous reste à faire.
Nombre de sportifs ont traversé leur carrière sans même songer à ajouter une phrase culte à leur palmarès. Cassius Clay, devenu Mohamed Ali après son combat fondateur contre Sonny Liston en 1964, n’a eu de cesse de capter son assistance par ses bons mots, ses coups de gueule et ses fanfaronnades. Le plus grand boxeur de tous les temps avait toujours un coup ganté ou médiatique d’avance.
Vous lirez “Mohamed Ali, sa vie, ses combats” raconté par Thomas Hausser comme un feuilleton enivrant que vous voudrez sans fin. En passionné de boxe comme en novice des enjeux et intrigues du noble art, l’ouvrage aura la même portée. Puisée dans une matière vivante, riche, fascinante, cette narration mérite bien le prix de “meilleur livre sport de l’année” qui lui a été décerné.
En 615 pages, l’auteur américain sonde un charisme légendaire et interroge un entourage tourbillonnant. Chacun a sa petite histoire dans la grande, son anecdote révélatrice. L’histoire débute quand le gamin de Louisville à qui on a volé le vélo entre dans un gymnase et tombe sur un flic entraîneur de boxe. “Quand il s’est mis à fréquenter le gymnase, il ne valait pas mieux que la plupart.” La sentence aurait pu être définitive mais l’impétrant reprend vite le cours de sa vie pour se ciseler un destin. “Au bout d’un an, il était évident que ce petit prétentieux – il a toujours été un peu culotté vous savez – avait un potentiel énorme.”
Chambrage à Las Vegas 
Une véritable grande gueule, aussi, qui a besoin de signifier sa supériorité à n’importe qui, n’importe quand. En 1963 par exemple, lorsqu’en champion olympique en manque de reconnaissance il estime que seul le phénoménal puncheur Sonny Liston, champion du monde en titre, est digne de lui. Pour gagner le droit de le défier, il décide d’attirer son attention. Autant dire l’insupporter… D’abord en faisant le foin devant sa maison avec des copains pour l’obliger à sortir de chez lui. Juste pour l’énerver, lui montrer qu’il existe. Puis à Las Vegas, où Liston-Patterson, acte 2 est à l’affiche. Dans un casino où il le retrouve, Clay provoque la star, qui le menace. L’impétrant se débine et avoue sa “trouille bleue”. Calmé ? Le jour du combat, il est dans la salle et bientôt sur le ring, pour la présentation de la réunion… Micro en main, il vocifère. “Ce match est une honte ! Liston est un branleur ; c’est moi le champion. Je veux la peau de cet ours hideux ! Je veux me battre contre ce traîne-savate le plus vite possible ! Si je ne peux pas affronter ce glandeur, je quitterai le pays !” Cassius Clay, une perpétuelle fuite en avant…
Évidemment, il aura son combat. Et avant cela, il prendra soin de révolutionner une facette de son sport en faisant un pataquès à la pesée, jusqu’alors un non-événement. On n’y avait jamais pensé pour “vendre“ un combat… Une chose parmi d’autre.  “Je veux qu’on me rende justice. Où croyez-vous que je serai la semaine prochaine si je ne braillais pas à tout bout de champ pour me faire remarquer ?” Il proclamera aussi son appartenance à “Nation de l’islam” et son amitié pour Malcom X qui lui donnera une dimension politique, protestataire, militante. Polémique, émancipatrice.
Sur le ring, il “danse comme un papillon, pique comme une abeille” encore et toujours. L’histoire ne fait que commencer. Résumer “Mohamed Ali, sa vie, ses combats” ? Réjouissant.
“Mohamed Ali, sa vie, ses combats”, de Thomas Hauser aux éditions Premium, 615 pages, 21,90 euros.
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