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Daniel Deusser envisage de quitter la Mannschaft

Daniel Deusser envisage de quitter la Mannschaft

Le 13/02/2019 à 15:00Mis à jour Le 13/02/2019 à 15:01

Daniel Deusser n'a plus concouru pour l'équipe allemande de saut d'obstacles depuis les Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016. En cause, la signature d'un contrat imposé par la Fédération équestre allemande, ceclui-ci étant jugé trop contraignant par le cavalier. Par conséquent, le Germanique réfléchit à prendre la nationalité belge afin de changer d'équipe.

Le numéro cinq mondial Daniel Deusser n’a plus évolué sous les couleurs de la Mannschaft depuis les Jeux olympiques de Rio de Janeiro de 2016. Depuis lors, l’Allemand a en fait refusé de signer un contrat imposé par la fédération, évalué par le cavalier comme trop oppressif. De ce fait, l’Allemand envisage de prendre la nationalité belge puisque sa femme et ses filles sont belges et qu’il est installé au cœur du plat pays depuis plusieurs années maintenant. Ainsi, il concourrait avec une autre veste rouge. Avant d’en arriver là, le cavalier est actuellement en pleines négociations avec sa fédération nationale, comme il l’a confié à nos confrères de GRANDPRIX-replay.com. “Pour moi, la meilleure solution serait évidemment que les discussions en cours trouvent une issue positive et que je renoue avec l’équipe d’Allemagne, à laquelle je suis très attaché.” Un autre athlète semble également vouloir s’inspirer de Daniel Deusser, il s’agit de Christian Ahlmann. Ce dernier n’a pas été vu depuis de longs mois sous les couleurs allemandes et accepte difficilement les règles imposées par l’instance nationale. Ainsi, lui aussi pourrait quitter la Mannschaft au profit de la Belgique. “Je ne parlerai pas au nom de Christian, même si je pense que nous sommes sur la longueur d’onde”, a précisé Daniel Deusser.

Ce nouveau contrat, qui doit être signé par les cavaliers germaniques pour être sélectionnés en équipe nationale, Daniel Deusser l’a résumé en ces termes. “Au départ, nous avons beaucoup parlé de l’interdiction opposée aux cavaliers, en cas de dopage, de se retourner contre la Fédération et éventuellement de saisir une juridiction de droit commun, mais ce n’est pas le seul problème. Avec ce contrat, cavaliers et chevaux doivent se soumettre à un suivi longitudinal, autrement dit à des contrôles antidopage menés en dehors des compétitions. En soit, pourquoi pas, mais en l’occurrence, cela nous contraint à informer la Fédération de tous nos déplacements, faits et gestes quatre-vingt-dix jours à l’avance… Ce qui n’est vraiment pas compatible avec la vie d’un cavalier professionnel. En outre, la Fédération doit être informée de toutes les médications contrôlées (des hommes comme des chevaux, ndlr) administrées à la maison. Or, je ne trouve pas juste de devoir être désigné responsable de l’éventuel oubli d’un vétérinaire qui aurait traité un cheval convalescent et oublié de noter telle ou telle substance sur un document de suivi. Pour couronner le tout, il n’existe aucune échelle de sanctions en cas de manquement à ces règles. Il est simplement indiqué que le contrevenant encourt de quelques centaines d’euros d’amende à deux ans de suspension, ce qui laisse une trop grande marge à nos juridictions sportives… Il me semblerait plus clair de catégoriser les fautes et sanctions afférentes. À ce jour, aucune autre Fédération nationale n’impose cela à ses cavaliers. Et je ne comprends pas comment mes coéquipiers allemands ont pu l’accepter.”

La situation semble donc compliquée car il est difficile d’imaginer que la fédération allemande pourrait reculer pour un ou deux cavaliers, même si ces derniers comptent parmi les meilleurs mondiaux. D’autant plus que Daniel Deusser, tout comme Christian Ahlmann, ont été condamnés pour dopage il y a de cela quelques années, ce qui les a éloignés de leur fédération nationale. Les yeux se tournent donc à présent vers Otto Becker, sélectionneur de la grande Mannschaft, qui a besoin de cavaliers performants car seuls trois pilotes sont actuellement dans le Cadre A, qui regroupe les duos qui pourront avoir accès au plus grandes échéances (à savoir Simone Blum, Marcus Ehning et Maurice Tebbel). En effet, il pourrait tenter de rattraper ceux qui souhaiteraient partir en mettant en avant le besoin pour l’équipe de cavaliers d’expérience afin de continuer à briller lors des grosses échéances. Affaire à suivre…

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