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Guyart, le temps retrouvé?
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Publié 12/08/2008 à 08:30 GMT+2
Champion olympique à Athènes, Brice Guyart repart à la conquête de l'or mercredi. Mais le fleurettiste français, qui s'est un peu égaré depuis son triomphe grec, revient de loin. Il a dû refaçonner le champion qu'il était. Il a retrouvé l'envie. Cela suff
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Crédit: Eurosport
C'est son côté Raymond Domenech. A l'instar du sélectionneur de l'équipe de France de football, qui martelait en 2006 son obsession pour le 9 juillet, date de la finale de la Coupe du monde, Brice Guyart s'est focalisé sur le mercredi 13 août 2008 depuis belle lurette. "Depuis quatre ans, je n'ai retenu qu'une seule date, le 13 août 2008, assure le fleurettiste tricolore. Ce jour-là, je serai prêt sans même y réfléchir. Ce jour-là, je laisserai naturellement faire la volonté en moi. Ce jour-là, il ne faudra pas me croiser!"
C'est que Guyart ne vit que pour les Jeux, dont il est, rappelons-le, le tenant du titre. Athènes lui a apporté la consécration, à seulement 23 ans. Une apothéose attendue, presque logique pour ce surdoué, qui avait débarqué en flèche au niveau international au printemps 2000 en remportant le Challenge AXA, alors que personne ne le connaissait. Cela lui avait valu une première sélection pour les Jeux, à Sydney. En Australie, "Poulet", avait effectué son apprentissage, contribuant à la quête du titre par équipes. Quatre ans plus tard, il gagnait donc tout seul, comme un grand. Et maintenant? Quid de cette troisième olympiade?
Deux années d'errance
Guyart s'avance masqué à Pékin. La grande inconnue du tournoi, c'est lui. Son palmarès impose le respect, son côté compétiteur aussi, et personne n'a vraiment envie de tomber sur lui. Trop dangereux. Pourtant, ses résultats depuis son triomphe athénien ne plaident pas franchement en sa faveur. "Je suis trop resté sur mon titre, avoue-t-il sincèrement et humblement aujourd'hui. Pendant deux ans, je suis resté sur mes acquis alors qu'il y a des règles qui ont changé le fleuret. Ma motivation a baissé. Pour certains après un titre, cette baisse de motivation dure quelques semaines, moi, cela a duré deux ans."
Deux années d'errance, deux années de perdues, avant une indispensable remise en cause. Là encore, il se livre sans fard. L'abcès ayant été crevé, le sac vidé, il évoque désormais cette période difficile sans difficulté: "Lors des deux années qui ont suivi le titre, plusieurs fois, je me suis dit que j'allais arrêter. Ce qui fait repartir, c'est de prendre des bâches, je suis avant tout un compétiteur et il a fallu peut-être plusieurs échecs de suite pour rebondir. Je n'aimais pas ce que j'étais devenu. J'avais un discours hyper lisse, hyper pro, mais je n'étais pas un accord avec moi-même. Un moment, en parlant avec mes proches, en vivant des échecs, il y a des choses qui sont obligées de sortir. J'étais un peu le dos au mur, il m'a fallu accepter mes faiblesses et je n'acceptais pas cette faiblesse de n'être plus motivé. Dans la démarche, cela a été positif: je sais pourquoi j'ai envie de gagner le 13 août aux JO".
"Je sais ce que je veux"
Reparti sur des bases plus saines, Brice Guyart sait qu'il a perdu du temps dans l'affaire, parce qu'il lui a fallu se reconstruire. En tant que champion. En tant qu'homme, aussi, un peu. Il aborde l'échéance chinoise avec davantage d'interrogations que de certitudes. Mais au moins sait-il ce qu'il veut. En arrachant sa place dans le groupe tricolore lors de l'ultime épreuve de qualification, le tireur de Suresnes a prouvé qu'il restait un homme de défi. Celui qui l'attend mercredi est le plus relevé, mais aussi le plus excitant qui soit. "Cela sera très dur, il faudra aller chercher très, très loin. Cela ne sera pas une partie de plaisir, mais je sais ce que je veux".
A l'évidence, son message a valeur d'avertissement pour la concurrence, à commencer par Erwann Le Pechoux, l'autre grande chance française mercredi. Malheureusement, le hasard, un peu salopard, les a placés dans le même tableau. Tout près, l'un de l'autre. Les deux Tricolores pourraient se retrouver dès les huitièmes de finale. Un vrai crève-coeur. Mais ils le savent, il ne faudra pas faire de sentiment. Guyart, habile, se place dans la peau du challenger. "En 2004, j'étais sur la liste des favoris. Aujourd'hui, je suis loin de l'être, cela me plaît plutôt" , jure-t-il. De toute façon, il est prêt à passer sur tout le monde. Parce qu'il le faut. "Je ne me sens pas plus fort qu'en 2004, pas encore en tous cas. Je le serai quand j'aurai gagné. Pour moi, un podium ne serait qu'un lot de consolation. Aux Jeux, il faut gagner." Un vrai discours de champion olympique. Pas de doute, on a retrouvé Guyart.
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