Taylor Swift, l'autre star du Super Bowl : "Swifties", Donald Trump et complot pro-Biden

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Brock Purdy, le quarterback des 49ers à l'histoire incroyable, Patrick Mahomes, immense joueur candidat à un troisième titre avec les Chiefs, Travis Kelce, Christian McCaffrey, Nick Bosa… Le 58e Super Bowl ne manquera pas de stars à Las Vegas. Et pourtant, certains yeux seront rivés sur les tribunes, où Taylor Swift prendra place. Ses fans bien sûr, ses adversaires pro-Donald Trump aussi.

Travis Kelce et Taylor Swift

Crédit: Getty Images

Taylor Swift sera-t-elle à temps à Las Vegas pour le Super Bowl, ce dimanche soir ? La question a agité les États-Unis et poussé certains à sortir la calculette pour savoir si oui ou non la méga-star de la chanson pourrait venir de Tokyo, où elle se produit samedi soir en concert, pour soutenir son compagnon, Travis Kelce, arme létale de l'attaque des Kansas City Chiefs qui tenteront de remporter un second titre de suite face aux San Francisco 49ers. Le sujet peut prêter à sourire mais il en charrie avec lui beaucoup d'autres, économiques comme politiques.
C'est que la chanteuse aux 14 Grammy Awards est une immense star, qu'elle est suivie par des dizaines de millions de fans, ce qui lui confère une influence sans égale, ou presque. Aux rares qui voyaient dans sa relation avec Travis Kelce une idylle uniquement motivée par l'argent, d'autres ont répondu que l'actuelle tournée de Swift, "The Eras Tour", devrait dépasser les 2 milliards de recettes. Parce qu'elle est immense, la chanteuse a évidemment fait parler d'elle à chacune de ses apparitions lors d'un match de la plus grande ligue de sport au monde, la NFL.

Taylor Swift, une présence qui change tout

Ses douze présences pour les rencontres des Kansas City Chiefs de Travis Kelce irritent certains suiveurs historiques du football américain, qui voient dans cette "peopolisation" un risque pour la ligue. Pourtant, Taylor Swift n'y a jamais pris la parole, jamais accordé d'interview, et les diffuseurs ne l'ont montré, en moyenne, que moins de 30 secondes par match à l'écran, ne la mentionnant que rarement. Mais sa seule présence change tout, ou presque.
"La façon la plus facile de le mesurer, c'est l'engagement sur les réseaux sociaux", explique à l'AFP Joe Favorito, consultant et professeur à l'université Columbia. Celui-ci estime que l'irruption de la chanteuse la plus populaire du moment a offert à la NFL une exposition médiatique supplémentaire qui équivaut à des millions de dollars de publicité. C'est que non contente d'être suivie par des dizaines de millions de personnes, Taylor Swift possède des fans très engagés qui guettent la moindre de ses apparitions, y compris dans des domaines a priori éloignés d'eux.
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Travis Kelce et Taylor Swift

Crédit: Getty Images

Les "Swifties" ont ainsi découvert pour certains l'éco-système NFL, déjà extrêmement puissant sans eux mais qui grossit avec. Ce nouveau public permet à la ligue de grandir. "Ça a mis en relation des fans de Taylor et des fans de NFL, d'une certaine façon, s'est enthousiasmé, fin novembre, le patron de la NFL, Roger Goodell. C'est formidable pour la ligue de bénéficier de cette attention." Mais derrière ces retombées positives se cache une autre réalité, celle d'accusations de complots pour aider Joe Biden à remporter l'élection présidentielle de 2024 face à Donald Trump et la droite américaine.

Un soutien à Biden en 2020

Chanteuse blanche de country et liée à un joueur de NFL, ligue très conservatrice, aux Etats-Unis, Taylor Swift avait tout pour être une égérie de la droite et de l'extrême droite outre-Atlantique. Problème, après des années de neutralité politique, celle-ci avait soutenu Joe Biden et Kamala Harris lors de leur élection en 2020. Alors, voir et revoir "Tay Tay" à chaque match de NFL, suivie par des dizaines de millions de téléspectateurs, et même plus d'une centaine ce dimanche pour le Super Bowl, crispe le camp de Donald Trump.
Celui-ci a tout fait pour attiser le feu des critiques autour de Taylor Swift. Son couple avec Travis Kelce ? Une couverture pour lui assurer du temps d'antenne pendant les matches de son compagnon fictif, lequel avait eu, aux yeux de l'extrême droite, la mauvaise idée de faire une publicité pour le vaccin Pfizer pendant la crise du Covid. Le but soupçonné ? Jouer sur l'énorme popularité de Swift pour manipuler les esprits. 

Super Bowl truqué et outil du Pentagone

Vivek Ramaswamy, ancien candidat à la présidentielle qui a apporté son soutien à Donald Trump, a même sous-entendu que le résultat du Super Bowl pouvait être connu à l'avance. "Je me demande qui va gagner le Super Bowl le mois prochain, écrivait-il fin janvier sur X. Et je me demande si un couple artificiellement soutenu culturellement cet automne pourrait apporter un soutien présidentiel".  
Le présentateur Mike Crispi est allé un peu plus loin, avançant que la NFL était "truquée" dans le but de déverser la "propagande démocratique". "Je l'annonce : Kansas City va gagner, disait-il avant la finale de Conférence remportée par les Chiefs face aux Ravens. Ils vont aller au Super Bowl, Swift viendra pendant le show de la mi-temps soutenir Biden avec Kelce à ses côtés". Cette sortie dit beaucoup des fantasmes que fait naître la chanteuse country. En septembre dernier, elle avait, via son compte Instagram, poussé 35 000 jeunes Américains à s'inscrire sur les listes électorales en quelques heures. Voilà peut-être aussi pourquoi la droite s'en prend si violemment à elle.
Accusée d'être un outil du Pentagone, lancé dans une guerre psychologique, "Tay Tay" ne pensera à rien de tout ça quand elle sautera dans son jet privé samedi soir pour rejoindre Las Vegas via Tokyo. Depuis les tribunes, elle espèrera que les Chiefs donneront tort aux bookmakers qui voient les 49ers un brin favoris. Les paris, un autre domaine gonflé d'ailleurs par la seule présence de Taylor Swift. Du côté des Républicains, on sait de quel côté on penche.
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