Affaire des "barbouzeries" au PSG : Tayeb Benabderrahmane marque un point face à Nasser Al-Khelaïfi

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Le lobbyiste franco-algérien Tayeb Benabderrahmane, qui accuse le Qatar de l'avoir pris en "otage" pour lui extorquer une signature, a marqué un point, en juillet, dans la guérilla juridique l'opposant au président qatari du PSG Nasser Al-Khelaïfi, a appris l'AFP mardi auprès de la défense du lobbyiste.

Nasser Al-Khelaifi presidente del Paris Saint Germain

Crédit: Getty Images

Tayeb Benabderrahmane, qui accuse le Qatar de l'avoir pris en "otage" pour lui extorquer une signature, a marqué un premier point en juillet dernier face au président du PSG Nasser Al-Khelaïfi selon les informations de l'AFP.
Dans le dossier à tiroirs, dit des "barbouzeries" autour du club parisien, l'attention de la justice se porte notamment sur un accord, signé par Benabderrahmane, par lequel il s'engageait à ne pas divulguer des documents "confidentiels" potentiellement compromettants pour Al-Khelaïfi, surnommé "NAK", sous peine de devoir lui verser cinq millions d'euros.
Avant de signer, Benabderrahmane avait fait six mois de prison au Qatar, à partir de janvier 2020, pour des soupçons d'espionnage au profit d'un Etat étranger. Il avait signé l'accord en juillet, puis quitté l'émirat en novembre. Il a depuis expliqué avoir été "l'otage" du Qatar, avoir subi de mauvais traitements et a été contraint de signer pour être libéré, puis assigné à domicile.
Au pénal, il a porté plainte avec son épouse et obtenu en 2023 l'ouverture d'une information judiciaire pour enlèvement, séquestration, tortures et menaces. Au civil, il a demandé l'annulation de l'accord.
Nous sommes convaincus que la vérité finira par triompher
C'est cette procédure que le tribunal de Paris avait mise sur pause le 3 février, sans se pencher sur le fond : le juge civil a sursis à statuer "dans l'attente d'une décision définitive" concernant les procédures pénales, comme le souhaitait "NAK".
Mais par ordonnance du 9 juillet, la déléguée du premier président de la cour d'appel de Paris a autorisé Tayeb Benabderrahmane à "interjeter appel immédiat" de l'ordonnance du 3 février, jugeant que ce sursis "conduit manifestement à un allongement déraisonnable de l'instance civile". L'appel sera plaidé le 12 novembre.
"Cette décision, rare en pratique, désavoue la stratégie d'enlisement procédural déployée depuis bientôt cinq ans. M.Benabderrahmane demande une seule chose : qu'un juge français examine enfin la validité d'un protocole de chantage signé à Doha sous la contrainte et la torture, au sortir de six mois de détention arbitraire", a souligné son avocat, Frédéric Belot.
La défense de Benabderrahmane a fait reconnaître en avril 2025 par un organe de l'ONU que ce dernier avait été détenu de façon "arbitraire" au Qatar. "Nous sommes convaincus que la vérité finira par triompher", a ajouté Me Belot. Contactés par l'AFP, les avocats de Nasser Al-Khekaïfi n'ont pu être joints dans l'immédiat.
Dans une enquête distincte, Tayeb Benabderrahmane est mis en examen, notamment pour trafic d'influence et corruption. Il est soupçonné d'avoir fourni à des membres du PSG des informations confidentielles obtenues par des policiers et d'avoir détenu des informations compromettantes pour le Qatar et Al-Khelaïfi ayant pu servir pour exercer un chantage.
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