Ancelotti : "Nous ne sommes plus entraîneurs, mais réalisateurs de clips"

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Carlo Ancelotti, qui a désormais connu les casquettes de joueur, d'entraîneur et de sélectionneur, fait partie, à 66 ans, de ceux qui ont le recul pour dire que trop, c'est trop. L'Italien s'est confié à TNT Sports pour parler du football, de sa carrière et de son métier qui a beaucoup changé. Même si ses recettes, qu'il révèle en partie, semblent s'adapter à ce sport qui va toujours plus vite.

Carlo Ancelotti.

Crédit: Getty Images

Il y a trop de matches de football. Voilà une phrase qui revient souvent dans l'actualité du ballon rond ces dernières années, pour évoquer la fatigue des joueurs ou la lassitude des spectateurs. Et le métier d'entraîneur, alors ? Carlo Ancelotti s'est exprimé sur le sujet face à l'ex-footballeur Ally McCoist, hôte de l'émission Ally's Social Club sur TNT Sports. Alors que le sélectionneur du Brésil s'épanchait sur le génie tactique d'Arrigo Sacchi, sous les ordres duquel il a été joueur à l'AC Milan de 1987 à 1991, il a insinué que révolutionner le jeu d'une telle manière serait impossible aujourd'hui.
Pour quelle raison ? "Trop de matches ?", l’interroge Ally McCoist. Il n'en fallait pas plus pour que le "Mister" vide son sac : "Trop de matches, trop de matches, vous n’avez plus le temps d’entraîner. Nous ne sommes plus des entraîneurs, mais des réalisateurs de clips vidéo. Vous faites des vidéos pour montrer et expliquer aux joueurs votre idée, explique le technicien italien. C’est plus compliqué maintenant, parce que vous devez travailler théoriquement et plus dans la pratique. Notre métier a complètement changé."
Avec cinq Ligues des champions au compteur en tant qu'entraîneur, Ancelotti semble s'être plutôt bien adapté à ce nouveau rythme. Sa recette ? Avant tout, gérer l'aspect relationnel de son métier. "La difficulté, c’est de parler aux joueurs, insiste-t-il. Vous devez leur parler tous les jours, trouver quelque chose qui va les enthousiasmer. (...) La partie la plus importante de ce métier, c'est le relationnel. SI vous demandez à un joueur qui il est, il vous dira que c’est un joueur de football. Mais non, c’est une personne qui joue au football."

Le joueur passe avant tout

Voilà peut-être la clé qui lui a permis de mener à la baguette le vestiaire du Real Madrid d'une main de maître entre 2021 et 2025, pour ne citer que cet exemple. "J'accepte le fait que les joueurs peuvent être déçus ou en colère avec l'entraîneur. Pas avec la personne, mais avec l'entraîneur. Je ne suis pas un entraîneur. Mon travail est d'entraîner, mais je suis une personne, philosophe Ancelotti. Après des années, des années, des années, la plupart des joueurs comprennent cela."
Mais le "Mister" prône aussi un football simple, expliquant que ce sport n'est pas si compliqué. Que malgré les milliers de paramètres et de statistiques qui viennent enrichir le football à mesure qu'il avance dans le temps, le plus important demeure et demeurera le joueur. "Il faut construire un système où les joueurs et l'équipe sont confortables et où les joueurs peuvent montrer leur qualité, explique-t-il. J'ai compris ça pour la première fois quand je suis allé à Juventus parce qu'il y avait Zidane. Comment pouvez-vous mettre Zidane à gauche, à droite... vous êtes fou ? Mettez Zidane en numéro 10."
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Carlo Ancelotti a connu Zinedine Zidane en tant que joueur à la Juventus et en tant qu'entraîneur adjoint au Real Madrid.

Crédit: Getty Images

L'interview est longue. Assez pour glisser une petite pique au football français, qu'il a quitté en mauvais termes après un passage au PSG terminé prématurément en 2013. "Il y a une différence entre les joueurs britanniques et les français. Les britanniques sont vraiment professionnels. (...) Sur le terrain, ils sont vraiment professionnels et forts. Parfois, ils ne comprennent pas pourquoi ils ne doivent pas travailler à 100% tout le temps. Ils ne comprennent pas l'entraînement facile. C'est totalement différent des français. Les français comprennent très bien l'entraînement facile et ont plus de mal à comprendre l'entraînement dur." De quoi arracher, évidemment, un rire à Ally McCoist.
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