Leeds en enfer

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Largement battu (4-1) à Bolton dimanche dans le cadre de la 36e journée de Premiership, Leeds United est condamné à la relégation, en compagnie de Wolverhampton et Leicester. Une invraisemblable dégringolade pour le club du Yorkshire, qui disputait les de

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Crédit: Eurosport

L'an dernier déjà, le coup était passé près. Leeds n'avait obtenu son maintien qu'à l'avant-dernière journée, au prix d'une victoire à Highbury. Pour douze mois, les meubles avaient été sauvés. Cette fois, le couperet est tombé, on ne peut plus logiquement. A Bolton, Mark Viduka a d'abord entretenu l'espoir en ouvrant la marque, avant de précipiter la perte de son club en se faisant expulser, pour la troisième fois en un mois. Réduits à 10, les Whites ont sombré après la pause.
Une issue devenue inéluctable pour Leeds. Cantonné à la dernière place après un hiver abominable, le premier club anglais d'Eric Cantona avait pourtant relevé la tête récemment, avant de subir trois défaites de rang qui ont scellé son sort, à Arsenal, face à Portsmouth et donc à Bolton. Sportivement à la dérive, l'équipe a également payé la profonde crise financière qui plombe le club depuis de trop longs mois. Avec 120 millions d'euros de dette, le dépôt de bilan n'a pas été loin, avant le rachat par un consortium d'hommes d'affaires locaux en mars.
Smith, la mort dans l'âme
Dire qu'il y a trois ans, jour pour jour, Leeds disputait une demi-finale de Ligue des champions face à Valence. Fort d'une génération exceptionnelle, United incarnait alors l'avenir du football anglais. Mais la fuite en avant financière, qui poussa par exemple Peter Ridsadle à acheter Robbie Fowler alors que son club n'avait pas besoin d'attaquants, allait ruiner lédifice. Le chateau de cartes a fini par s'écrouler. Pour compenser les pertes, Leeds a vendu ses meilleurs joueurs: Ferdinand, Dacourt, Keane, Kewell, Woodgate, Bowyer. Une saignée fatale.
Malgré ces pertes, l'équipe semblait posséder suffisamment de talent (Viduka, Smith, Robinson, Kelly, Pennant, Millner) pour s'en sortir. La vérité du terrain a prouvé que non. "Nous n'avions pas les joueurs pour faire mieux. Quand on est 19e après 36 journées, on ne mérite rien d'autre", a commenté dimanche l'entraîneur Eddie Gray, nommé en novembre après le limogeage de Peter Reid, qui avait lui-même succédé à Terry Venables, remercié en mars 2003.
Condamné à la Division One (l'équivalent de notre Ligue 2), Leeds United va perdre ce qu'il lui restait de bons joueurs, comme Viduka, Robinson, et même l'emblématique Alan Smith, pourtant très attaché à son club de toujours. "Mais je dois penser à ma carrière. Je suis un joueur de Premiership, pas de Division One. Les fans doivent comprendre cela" a-t-il déclaré, la mort dans l'âme. L'heure est à la reconstruction. "Notre centre de formation est encore très riche. Mais il faudra du temps" prévient Gray. Leeds s'en relèvera-t-il?
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