Avant Club Brugge - Marseille | Pourquoi l'OM est dans sa paranoïa
Par Julien Pereira
Mis à jour 28/01/2026 à 18:27 GMT+1
Comme l'était Jul, artiste phare de la cité phocéenne, il y a quelques années, l'Olympique de Marseille est plongée dans une paranoïa. Avant l'importantissime match à Bruges ce mercredi en Ligue des champions (21h00), le club olympien participe à entretenir une nervosité ambiante face à une partie de la presse critique envers son entraîneur, Roberto De Zerbi.
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À Marseille, c'est encore la crise... de nerfs. S'il s'est plutôt rassuré sur le terrain en battant Lens samedi (3-1) et en attendant le match capital à Bruges ce mercredi (21h00) en Ligue des champions, l'OM a basculé, dans la coulisse, dans une forme de paranoïa qui touche tout le monde, de son président Pablo Longoria à son entraîneur Roberto De Zerbi.
C'est la raison pour laquelle le technicien italien s'en est assez violemment pris à la presse, samedi soir. "Beaucoup d’entre vous écrivent de bonne foi mais beaucoup sont aussi de mauvaise foi, a-t-il lâché. Quand il y a de la mauvaise foi, je reste à ma place. Je ne dis rien, vous pouvez écrire ce que vous voulez. Mais je pense que la nationalité change beaucoup de choses, pas pour tous, mais pour beaucoup. Je suis italien et fier de l’être. Je suis venu ici en respectant tout le monde, en étant disponible. Certains d’entre vous pensent être les patrons. Mais moi, je n’en ai pas."
"RDZ" s'était déjà montré bien moins avenant que de coutume, la veille, lors de la traditionnelle conférence de presse d'avant-match. L'ancien coach de Brighton n'a visiblement pas apprécié certaines critiques dont il a été la cible ces derniers jours. Il faut bien admettre que, malgré des résultats qui plaident plutôt en sa faveur jusqu'ici, l'Italien est parfois au centre d'analyses quelque peu paradoxales. "Si le nombre de buts que l'on marque est dû à la qualité des joueurs, alors on devrait aussi dire que les joueurs ont une responsabilité lorsque l'on joue mal", a-t-il résumé vendredi.
Effet boule de neige
L'entraîneur olympien est, pourtant, plutôt du genre à couvrir ses individualités. Ces dernières semaines, il s'est plutôt détaché de cette stratégie après une série de matches où ses hommes ont alterné l'affligeant (face à Nantes) et l'excellent (lors de la première période à Angers) sans qu'il parvienne à saisir les causes de cette irrégularité. Le constat a ensuite pris de l'ampleur au cœur de talk-shows à grande audience, ainsi que sur les réseaux sociaux.
Les propos véhéments de l'Italien ont ensuite, eux-mêmes, suscité de nouvelles réactions acerbes. L'effet boule de neige s'est mis en marche et le club a alors décidé d'accentuer une politique de communication installée depuis plusieurs mois. Certains médias ont ainsi été régulièrement entravés et désormais, la relation avec les attachés de presse est devenue beaucoup plus fluide pour des canaux moins acerbes.
La situation témoigne, d'abord, d'une méconnaissance du travail de De Zerbi et de ses efforts pour s'imprégner, au mieux, de la culture marseillaise. Le coach de 46 ans suit par exemple des cours de français depuis son arrivée en cité phocéenne. Et s'il comprend la langue, qu'il est même aujourd'hui capable de se faire comprendre, "RDZ" préfère encore s'exprimer en italien pour minimiser le risque d'inexactitudes ou de malentendus. Exactement comme l'a longtemps fait Luis Enrique au Paris Saint-Germain.
Perméables à la critique ?
Mais toute cette agitation démontre aussi à quel point la direction olympienne est devenue perméable à la critique. Certains de ses membres sont particulièrement sensibles au biais de majorité illusoire, qui incite à croire que ce qui est dit ici ou là, notamment sur les réseaux sociaux, est représentatif d'une majorité.
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Cela crée une nervosité ambiante, et désormais quasi permanente, et quelques réactions d'ego. Ces dernières semaines, on a ainsi pu voir Medhi Benatia sous-entendre qu'il quitterait bientôt le navire. "À Marseille, tu n'as jamais le temps, avait-il dit en zone mixte après le Trophée des champions. C'est tout le temps dans l'adversité, dans la critique, dans tout ça. Et ça, c'est la vérité. Donc personnellement, je ne me projette sur rien du tout".
Cela avait conduit De Zerbi à assurer qu'il partirait aussi si son directeur sportif claquait la porte. Mardi, dans une interview accordée au journal anglais The Telegraph, Pablo Longoria assurait pourtant vouloir pérenniser l'organigramme actuel, imaginant même son coach devenir le Diego Simeone de l'OM. Drôle de schizophrénie.
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