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"Le premier surpris"
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Publié 28/11/2006 à 15:15 GMT+1
Champion du monde en juillet, Ballon d'Or en novembre, Fabio Cannavaro reconnaît avoir vécu une année aussi exceptionnelle qu'inattendue. Si le capitaine de la Squadra Azzurra a toujours rêvé de remporter le Mondial, il n'avait jamais pensé être récompens
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FABIO CANNAVARO, vous êtes donc le 51e Ballon d'Or de l'histoire. Après avoir remporté la Coupe du monde 2006, c'est une nouvelle consécration ?
F. C. : Oui. En préambule, je tiens à remercier tout le monde et notamment mes coéquipiers de la Juventus Turin, du Real Madrid et de la sélection nationale italienne. Si j'obtiens cette récompense aujourd'hui, c'est avant tout grâce à toutes les équipes dans lesquelles j'ai évolué. Pour moi, ce Ballon d'Or a une double valeur car elle récompense les plus grands joueurs et, cette fois, un défenseur.
Après la victoire en Coupe du monde, c'est vraiment la cerise sur le gâteau d'un point de vue individuel ?
F. C. : C'est vrai. Mais la victoire de l'Italie en Coupe du monde est celle d'une équipe. D'un groupe. A la différence de la France ou de l'Argentine avant, nous n'avions pas Zinédine Zidane ni Diego Maradona, des joueurs susceptibles de gagner seuls. Sur ce point, le mérite en revient à Marcello Lippi qui a su construire un groupe performant. Cette victoire et ce Ballon d'Or ont été gagnés grâce à toute l'équipe. Je dédie d'ailleurs ce Ballon d'Or à tous mes partenaires.
Apparemment, Lilian Thuram vous a déjà félicité par téléphone...
F. C. : J'ai reçu un appel de Lilian, avec qui j'ai joué de nombreuses années à Parme et à la Juventus Turin. J'ai traversé de nombreuses batailles et ai connu pas mal de satisfactions à ses côtés. Aujourd'hui, il est très content pour moi. J'étais le premier surpris de l'emporter car c'est une récompense très difficile à décrocher pour les défenseurs.
Si vous ne deviez retenir qu'un moment de cette formidable année 2006, lequel choisiriez-vous ?
F. C. : C'est difficile. Pour moi, il faut inclure 2005 pour bien analyser la saison réalisée avec la Juventus Turin. Elle a été déterminante, j'ai joué 37 matches de Serie A, marqué 4 buts qui ont tous été déterminants. Pour ce qui est de la Coupe du monde, elle s'est révélée parfaite pour moi qui suis défenseur. Maintenant, si je ne devais retenir qu'un seul moment du Mondial, je garderais en mémoire la demi-finale de la Coupe du monde remportée face à l'Allemagne (0-2).
Ne trouvez-vous pas injuste que la presse espagnole ait décrié votre sacre en parlant de Ballon de plomb ?
F. C. : Heureusement, je lis peu... Vous savez, la carrière d'un joueur est faite de hauts et de bas. Parfois, on joue de grands matches, parfois de moins bons. Il y a des jours où l'on est moins bon. C'est comme ça. Cette victoire récompense l'ensemble d'une carrière et cette saison. Cette polémique, je n'y prête pas attention.
Le Real Madrid a une longue tradition de Ballons d'Or. Vous êtes le sixième joueur de la Maison Blanche titré. Allez-vous défiler sur la place Cibeles avec votre récompense?
F. C. : Oui, je montrerai ce trophée à Madrid. Je suis très content d'être au Real Madrid. C'est un club exceptionnel avec des personnes formidables et je compte bien évidemment présenter le Ballon d'Or aux supporters du Real, notamment à Santiago Bernabeu. Je voudrais également l'apporter à Turin, où j'ai joué. Enfin, à Naples, une ville particulière à mes yeux et qui traverse des moments difficiles. Pour le montrer aux enfants et les faire rêver.
Justement, avec ce Ballon d'Or, allez-vous supplanter Diego Maradona dans le c&oeligur des Napolitains ?
F. C. : C'est une question difficile. Diego Maradona représente tant pour Naples, c'est quelqu'un d'extraordinaire. Mais c'est bien d'avoir gagné la Coupe du monde et le Ballon d'Or en venant de Naples, cela représente beaucoup pour cette ville parce que je viens de la rue. Pour autant, avant de rattraper Maradona j'ai encore du chemin !
Pensez-vous qu'avoir été capitaine de cette équipe d'Italie ait joué un rôle primordial dans votre sacre ?
F. C. : Tant à la Juventus Turin qu'à la Coupe du monde, j'ai essayé de fournir des prestations de haut niveau. Je pense que c'est ma régularité et la continuité qui ont été récompensées. Mais d'autres joueurs auraient également pu prétendre au Ballon d'Or.
C'est véritablement l'année de l'Italie puisque Gianluigi Buffon se classe deuxième. Une deuxième place méritée ?
F. C. : Gianluigi est un ami avant tout et c'est difficile de gagner devant un ami. C'est un gardien phénoménal, le numéro un à son poste assurément. S'il l'avait emporté, j'aurais été très heureux pour lui. Mais cette victoire, qui est la mienne, est également celle de tous mes coéquipiers.
Aujourd'hui, vous entrez un peu plus dans l'histoire alors d'autres grands défenseurs italiens n'ont jamais remporté cette récompense. On pense à Paolo Maldini ou Franco Baresi. Pourquoi vous et pas eux ? Les mentalités auraient-elles changé ?
F. C. : Fernando Hierro non plus ne l'a pas eu. Même chose pour Scirea. Je pense que la différence s'est faite en raison de la Coupe du monde. L'Italie était au-dessus du lot et a réalisé de belles prestations, même lorsqu'elle n'était pas attendue. Durant la compétition, l'équipe n'a encaissé que deux buts, dont un contre-son-camp et l'autre sur penalty. Pour ce qui est des défenseurs, eux aussi jouent au football et réalisent certains gestes défensifs qui peuvent faire la différence et valent bien certains buts.
Le public français est déçu de ne pas voir Thierry Henry triompher...
F. C. : Thierry Henry a des qualités exceptionnelles et le potentiel de remporter le trophée. On pense que c'est toujours sa saison. J'en suis désolé mais je ne vote pas.
Justement, si vous aviez voté, qui auriez-vous mis sur le podium ?
F. C. : Gigi Buffon. C'est un ami et phénomène qui appartient à une catégorie bien à part. Au-delà des gardiens de but. Ensuite, j'aurais voté pour Henry puis Pirlo.
Quelle différence faites-vous entre la Coupe du monde et le Ballon d'Or ?
F. C. : Gagner la Coupe du monde était un rêve de gosse. Jouer la finale, soulever le trophée, j'espérais le faire lorsque j'étais petit. Pour ce qui est du Ballon d'Or, c'est différent. Je ne m'y attendais pas et je n'en rêvais pas quand j'étais enfant.
Après une telle année, avez-vous encore des rêves ?
F. C. : A 33 ans, j'ai la chance d'avoir signé au Real Madrid, de disputer la Ligue des Champions. J'espère gagner un titre important cette saison.
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